Trois marques intéressées par un futur engagement en WRC

Alpine, Skoda et le groupe Stellantis pourraient être intéressés par un engagement en WRC si la réglementation tend à plus d'électrique à l'avenir.

Trois marques intéressées par un futur engagement en WRC
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Depuis le départ de Citroën de la discipline fin 2019, Toyota et Hyundai constituent les deux seuls constructeurs à évoluer encore en WRC, même si Ford continue à disposer d'une présence dans le championnat par le biais de ses Puma alignées par l'équipe M-Sport.

L'arrivée de la nouvelle réglementation hybride cette année avait pourtant pour but de raviver l'intérêt des constructeurs pour la discipline et de marquer un tournant vers l'usage de technologies plus durables. Au moins ce nouveau règlement technique a-t-il permis d'assurer la présence de Toyota et Hyundai, alors que Ford a de son côté accru son engagement, qui devrait perdurer jusqu'à la fin 2024.

Néanmoins, la législation récemment mise en place n'est pas encore parvenue à attirer de nouvelles marques, ce qui représente pourtant un objectif clé pour le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, qui a déclaré au mois de décembre que la présence de deux constructeurs en WRC n'était "pas suffisante."

Cependant, selon des sources de Motorsport.com la situation pourrait changer, alors que différentes marques ont signifié récemment leur intérêt pour rejoindre le Championnat du monde des Rallyes si la présence de l'électrique se voit renforcée, telles que Alpine, Skoda, ou bien encore le groupe Stellantis, qui comprend Abarth, Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot et Vauxhall.

Le tout électrique, condition sine qua non pour Renault

Une réunion a ainsi eu lieu entre différents constructeurs et la FIA lors du Rallye du Portugal qui s'est tenu fin mai pour discuter du chemin à prendre pour la discipline. Le groupe Renault, représenté par Alpine, était notamment de la partie par l'intermédiaire de Davide Brivio, le directeur de ses projets en compétition.

Il en est ressorti qu'un engagement de la marque française en WRC était conditionnée par l'adoption de voitures tout électrique par le championnat, comme son PDG Luca De Meo l'avait déjà expliqué en février dernier. "Ce qui m'intéresse, c'est le fait d'explorer [de nouvelles voies techniques], et il reste à voir si nous pouvons trouver les bonnes conditions pour participer au Championnat du monde des Rallyes, mais si c'est le cas je veux que ce soit avec une voiture électrique, ce qui est pour l'instant impossible", avait ainsi déclaré le patron de la marque au losange.

Lors d'un entretien accordé à Motorsport.com, le nouveau directeur des rallyes auprès de la FIA, Andrew Wheatley, avait évoqué une possible évolution de la réglementation Rally1 en vigueur à horizon 2025 reprenant environ 80% des règles actuelles.

Mais un passage au tout électrique pour 2025 semble hors de question, même si la FIA n'a pas exclu le recours à une méthode de propulsion alternative à l'avenir, basée sur une technologie améliorée au niveau des batteries.

Dans les faits, la FIA a déjà réalisé de premiers pas dans cette direction avec une réglementation et un processus d'homologation techniques pour les voitures Rally5e, lors du Conseil Mondial du Sport Automobile qui s'est tenu la semaine dernière. La mise en place de cette toute première catégorie de voitures de rallyes tout électrique a pour but de rester proche des modèles de série, dans la même veine que les R5 qui concourent en WRC2.

Selon la rédaction italienne de Motorsport.com Skoda, dont la dernière apparition en WRC remonte à 2005, pourrait aussi considérer un retour dans la discipline si le règlement évolue. La marque est déjà grandement impliquée en WRC2 avec sa Fabia R5 – dont une nouvelle version doit être lancée un peu plus tard dans l'année.

Il se dit également que le groupe Stellantis serait en train d'évaluer un possible engagement en WRC, alors que sa marque Opel fait rouler une Corsa E tout électrique dans un championnat mono-marque en Allemagne. "J'aimerais inviter tout le monde à regarder ce que nous faisons avec la marque Opel en Allemagne", a déclaré Carlos Tavares, le PDG du groupe Stellantis.

"Nous avons une catégorie spécifique dans laquelle nous participons à des rallyes avec l'Opel Corsa E. C'est très intéressant. Nous exploitons en ce moment-même des voitures électriques dans des rallyes mono-marques, où nous disposons d'un soutien incroyable qui nous permet d'afficher un nombre élevé de voitures. Si vous voulez le faire, c'est possible."

De futurs pourparlers pour discuter de la direction technique

La FIA a depuis lors confirmé qu'elle organiserait de nouvelles réunions avec des acteurs clé pour discuter de nouveau des futures réglementations techniques du WRC lors des prochaines semaines, comme indiqué dans une déclaration : "Dans la foulée de l'introduction réussite dans l'ère hybride, il existe une opportunité claire pour le rallye d'embrasser le tournant technologique et de continuer à explorer de nouvelles coopérations avec des constructeurs."

"La FIA va rencontrer des acteurs clé dans la communauté du rallye lors des prochaines semaines avec l'intention d'obtenir des retours sur certaines des propositions et idées qui seront présentées pour les différentes catégories de la pyramide des rallyes, y compris celle d'une compétition client en Rally2. Tous les constructeurs et les groupes automobiles engagés en WRC font partie de ce processus. La finale du championnat au Japon [du 10 au 13 novembre prochains] va également nous offrir la possibilité de resserrer les liens avec les constructeurs et les partenaires présents dans la région."

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