WRC - Bilan 2014 : Volkswagen sans rival

Plus encore qu'en 2013, Volkswagen a marqué de son hégémonie la saison 2014

Plus encore qu'en 2013, Volkswagen a marqué de son hégémonie la saison 2014. Jugez plutôt : douze victoires sur treize rallyes disputés ! De mémoire de fans des rallyes, une telle domination n'avait plus été observée depuis la fin des années 80, lorsque les Lancia Delta Integrale survolaient la discipline.

Un cran au dessus de la concurrence, la Polo R WRC a permis à ses trois pilotes de truster le podium du classement général à l'issue de la saison. Et Volkswagen de présenter plus du double de points que son plus proche poursuivant, Citroën.

Il faut reconnaître que la marque allemande a profité d'une concurrence assez faible, avec une équipe Citroën en phase de transition, M-Sport en mal de pilote numéro un et Hyundai en période d'apprentissage.

Du rififi en interne

Dans ces conditions, de nombreux observateurs avaient estimé que la route du titre ne serait qu'une promenade de santé pour Sébastien Ogier. Débarrassé pour de bon de Sébastien Loeb, les Cassandre voyaient déjà se profiler une saison terne et jouée d'avance. Mais il n'en fut rien.

A l'image de Mercedes en F1 et de la lutte fratricide entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg, la saison a en effet été pimentée par le duel interne au sein de l'équipe. Ogier a ainsi trouvé son plus fervent opposant de l'autre côté du garage, en la personne de Jari-Matti Latvala.

Le pilote finlandais a en effet clairement franchi une étape cette année. Sa gestion de la course s'est affinée pour tendre vers une approche plus calme et réfléchie que les saisons précédentes. Avec quatre succès à la clé, dont un au Rallye de France, son premier sur asphalte.

Bien sûr, beaucoup considéreront que Latvala n'a toujours pas les épaules pour contester la suprématie d'Ogier à la régulière. Sa première victoire de la saison, en Suède, leur a apporté de l'eau au moulin, lorsque le Finlandais a profité de la sortie dans une congère de son coéquipier.

Mais c'est passer sous silence les extraordinaires performances de Latvala par la suite. D'abord au Mexique, où il a terminé à la deuxième place après avoir évolué dans la position très inconfortable d'ouvreur sur la majorité des spéciales. Puis en Argentine, où il a joué des coudes avec Ogier pour remporter sa deuxième victoire de la saison.

Et que dire de sa performance, bluffante, sur ses terres lors du "Rallye des 1000 lacs" : il domina de la tête et des épaules son champion du monde de coéquipier tout au long de l'épreuve. Le Finlandais sembla même invincible ce weekend-là, en parvenant à maintenir son avantage de trois secondes sur le Français en dépit d'un étrier de frein endommagé.

Las, Latvala a parfois joué de malchance, notamment en Sardaigne puis en Pologne, où il a navigué en tête jusqu'à ce qu'une pierre vienne compromettre à chaque fois ses résultats. Le Suomi est même retombé dans ses vieux travers en Allemagne où, débarrassé d'Ogier, il est à son tour sorti de la route à trois spéciales de l'arrivée.

Ogier bousculé

Face à lui, Sébastien Ogier a parfois semblé emprunté, victime d'une mauvaise passe entre la Finlande et le Rallye de France. Le Français a manqué de concentration, pestant tout au long de la saison contre la réglementation sportive et plus précisément l'ordre des départs, qui défavorise le leader de la course.

La concurrence inattendue de Latvala n'a pas non plus aidé à cet état de fébrilité latent. Tant et si bien qu'Ogier a paru vulnérable face à la remontée de son coéquipier, suite à son abandon en Allemagne et son manque de réussite en France. Mais en grand champion il est finalement parvenu à se remobiliser, glanant le titre en Espagne et décrochant une huitième et dernière victoire au Pays-de-Galles avec autorité.

En marge de ce combat des chefs, le jeune Andreas Mikkelsen a poursuivi de son côté son apprentissage de la discipline. Le dernier champion IRC (2012), qui avait déjà participé à dix rallyes l'an passé, a connu une première partie de saison tumultueuse, avec des contre-performances avérées, notamment au Monte Carl' et au Mexique.

Le problème venait-il de la place de passager de sa Polo R ? Toujours est-il que le pilote norvégien a redressé la barre à compter du Rallye de Sardaigne, date à laquelle son ancien copilote, Mikko Markkula, a été remplacé par Ola Floene.

Mikkelsen a ensuite enchaîné pas moins de quatre podiums en cinq rallyes, répartis entre la Pologne et la France. Avec comme résultat final une magnifique troisième place au championnat.

Dream team

Volkswagen a donc réussi un formidable tir groupé en plaçant ses trois pilotes aux trois premières places au général. Du jamais-vu depuis les saisons 1987 et 1988 et la période de suprématie des Lancia, émaillée des titres de Juha Kankkunen et Miki Biasion.

La marque allemande a par ailleurs pulvérisé bon nombre de records cette année, notamment celui du nombre de victoires en une saison, avec douze succès contre onze à Citroën en 2008, et un titre en poche dès septembre, à l'issue du Rallye d'Australie. Record du nombre de doublés aussi, avec huit arrivées aux deux premières places, battant le précédent de Peugeot établi lors du titre de Marcus Grönholm en 2002.

Le champion du monde 2000 et 2002 a d'ailleurs été annoncé comme pilote d'essais dans le courant du mois d'août par le constructeur de Wolfsburg. Cet engagement devrait permettre à la Polo R de franchir un nouveau cap en matière de développement l'an prochain.

Avec un pilote d'essais de l'envergure de Marcus Grönholm, un Sébastien Ogier double champion du monde, un Latvala à présent sûr de ses capacités et un Mikkelsen plein d'ambitions, difficile de voir qui pourra se mettre en travers de Volkswagen en 2015.

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Séries WRC
Pilotes Lewis Hamilton , Marcus Gronholm , Sébastien Loeb , Juha Kankkunen , Nico Rosberg , Jari-Matti Latvala , Miki Biasion , Mikko Markkula , Andreas Mikkelsen , Ola Floene , Sébastien Ogier
Type d'article Actualités