Loris Baz tiraillé entre son désir de WorldSBK et le MotoAmerica

Après un an d'absence, Loris Baz a terminé les deux courses de Jerez dans le top top 10. Même s'il a toujours le désir de briller en WorldSBK, il a la quasi-certitude de rester en MotoAmerica en 2022.

Loris Baz tiraillé entre son désir de WorldSBK et le MotoAmerica

Loris Baz a réussi son retour en WorldSBK sur le circuit de Jerez. Aligné sur la Ducati du team Go Eleven en Andalousie – et encore à Portimão ce week-end – pour remplacer un Chaz Davies blessé, le Français a pris la sixième place en Course 1 et la neuvième en course 2, alors qu'il devait s'adapter à une machine et à des pneus différents de ceux qu'il a utilisés cette année en MotoAmerica. Ses sensations se sont améliorées entre les premiers essais et la deuxième manche.

"Je pense qu'on a fait un bon travail tout le week-end, sans modifier la moto", déclare Baz, qui a retrouvé la catégorie près d'un an après son départ. "Ils m'ont donné une moto dont la base était bonne, et c'était le principal. Après, j'ai juste essayé de reprendre mes marques. J'ai analysé les données, regardé ce qui me faisait défaut. Vendredi soir, il me manquait beaucoup de sensations à l'arrière et à l'avant. Samedi c'était mieux et [dimanche] encore mieux. C'était encore différent en Course 2, parce que c'était la première fois que je roulais avec ces pneus dans la chaleur, on ne l'avait pas fait du week-end. Je suis très content du déroulement du week-end sur la moto."

"On a vraiment trouvé quelque chose en Course 2", ajoute-t-il. "En revenant au garage, je m'attendais à voir un écart de 25 secondes avec la tête, parce que je n'avais pas de très bonnes sensations, mais il n'y avait que 12 secondes. Cette année, j'ai fini beaucoup de courses à 12 secondes aux États-Unis et j'étais deuxième, donc... En fait, j'étais plus proche de gagner une course ce week-end qu'aux États-Unis !"

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Loris Baz n'est de retour en WorldSBK que pour deux week-ends mais sa bonne prestation à Jerez et les liens noués avec Ducati en MotoAmerica pourraient en faire un prétendant logique à une place de titulaire en 2022, puisque la retraite de Davies va obliger Go Eleven et le constructeur italien à lui trouver un successeur. Baz s'en tient cependant à ce court intérim.

"Je ne pense pas que ça change beaucoup les choses pour moi, parce que Ducati me veut aux États-Unis. Je ne pense pas que ça change beaucoup les choses. Je ne sais pas... C'est sûr que quand quelqu'un comme Chaz prend sa retraite, ça laisse un gros vide dans le paddock. Pour le moment, je ne suis là que pour deux courses et j'essaie de faire mon mieux dans ces deux courses."

Loris Baz est néanmoins tiraillé entre sa volonté de transformer son exil américain en réussite et son rêve de briller en WorldSBK. Il y a un an, il s'attendait à jouer les premiers rôles dans la catégorie en 2021, en disposant d'une Yamaha d'usine, mais le retrait de l'équipe Ten Kate a bouleversé ses plans et provoqué son départ tardif vers le MotoAmerica. Désormais, il n'écarte pas totalement l'idée d'un retour en WorldSBK.

"Je l'espère et je ne l'espère pas en même temps", reconnaît-il. "On n'a pas fini le travail [en MotoAmerica]. J'ai trouvé une vraie famille là-bas. En même temps, au fond de moi, je reste triste de ne pas être dans ce paddock [du WorldSBK]. C'était vraiment douloureux de devoir partir l'an dernier, surtout après qu'on m'a promis une bonne moto pour cette année."

"Mais en même temps, je suis reconnaissant envers Ducati de m'avoir donné une moto aux États-Unis cette année. Ils ont besoin que je sois là-bas. Je pense avoir montré ce week-end que j'ai encore le rythme pour rouler ici. On verra. Ce sont mes vacances, sincèrement. Dans ces deux courses, je suis en vacances, je prends du plaisir sur une moto qui fonctionne bien. Je remercie Ducati pour cette opportunité."

Quatrième en MotoAmerica, Loris Baz a terminé près de la moitié des courses sur le podium, même si le succès lui a échappé. Tous les éléments sont en place pour que le natif de Sallanches prolonge son contrat avec Ducati New York et il est convaincu d'avoir la capacité de briller aux États-Unis, après cette année d'expérience et d'adaptation au pilotage sur des circuits très différents de ceux qu'il a connus en Europe, faute de place intéressante en WorldSBK.

"J'ai toujours dit que je pensais avoir ma place ici et pouvoir encore faire de bonnes chose ici avec une bonne moto. Si je sens que je peux avoir une bonne moto, j'aimerais revenir. Mais il n'y a pas beaucoup de bonnes motos et on n'a pas gagné le titre cette année. Je sais que Ducati veut progresser et faire mieux que ce qu'on a fait cette année. Ce n'est pas encore signé, mais à 90%, je serai aux États-Unis l'an prochain, avec la même équipe, en travaillant mieux et plus tôt cet hiver, ce qu'on n'a pas fait cette année. On a dû faire seulement deux jours d'essais, c'est tout. En prenant ça en compte, je pense qu'on a fait une bonne saison. On doit juste travailler plus dur quand on n'atteint pas son objectif."

"Pour le reste, je ne sais pas. J'aime être dans le paddock, être sur ce circuit, piloter ces motos. C'est différent ici. Sur la plupart des circuits [américains], on n'atteint pas le sixième rapport, parfois on n'atteint pas le cinquième. Le pilotage est différent là-bas. Mais j'ai apprécié piloter la moto, je n'ai juste pas apprécié d'être si loin de la première place par moments, même si dans certaines courses on a réussi à être au contact des leaders. J'essaie de prendre du plaisir sur la moto et j'en prends beaucoup ici. On voit que la V4 R est vraiment faite pour fonctionner avec ces pneus, les Pirelli. Elle marche mieux avec les Pirelli que la moto que j'ai là-bas [sur des gommes Dunlop]."

Les retrouvailles de Baz avec son ancien paddock ont malheureusement coïncidé avec un drame, le décès de Berta Dean Viñales samedi après un accident en WorldSSP300. Le Français a fait partie de ceux dont la parole a porté pendant le week-end, ayant jugé cette catégorie trop dangereuse. Il estime toutefois que le championnat a pris la bonne décision en annulant le roulage de samedi mais en maintenant la journée de dimanche, avec un programme réduit : "Ce n'était pas facile. Je fais partie de ceux qui pensent que c'est mieux de rouler quand ça arrive. Je pense que le meilleur hommage à rendre à quelqu'un qui est décédé en faisant ce qu'il aimait, c'est de rouler le lendemain et d'essayer de s'amuser sur la moto. J'ai juste essayé de me rappeler qu'on a de la chance de faire ça. Il fallait prendre du plaisir sur la moto."

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Propos recueillis par Sebastian Fränzschky

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