Les marques du WSBK - Yamaha, le défi de trouver le bon accord

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Les marques du WSBK - Yamaha, le défi de trouver le bon accord
Rodolphe Coiscaud
Par : Rodolphe Coiscaud
6 janv. 2017 à 17:01

Yamaha s’est montré sous plusieurs formes dans son engagement en Championnat du monde Superbike, où de nombreuses victoires ont jalonné son parcours. La malchance également.

L’itinéraire de Yamaha en Superbike débuta sous l’influence des importateurs, à l’image de celui de Kawasaki. À la fin des années 80, deux filiales furent très actives dans la course et, si le Français Sonauto (devenu Yamaha Motor France en 1992) assurait déjà un programme en Grands Prix et sur le Dakar, l’Italien Belgarda se jeta dans l’arène Superbike avec ses pilotes locaux tout en croisant le fer avec son cousin français, en piste comme en coulisses, sur les pistes d’Afrique.

C’est Fabrizio Pirovano qui entama la première campagne mondiale du Superbike avec une FZ 750, et ne manqua pas son entrée sur la scène mondiale en se classant second du championnat derrière Fred Merkel, avec une victoire en France. Le sympathique pilote transalpin, malheureusement disparu en 2016, eut une concurrence brève cette même année avec un certain Mick Doohan. Connu pour avoir été l’un des meilleurs pilotes SBK, l’Australien ne manqua pas ses deux piges en tant que wild-card au Japon et en Australie pour rafler trois victoires sur les quatre courses, dont le doublé à domicile.

Si, comme on le sait, l’avenir de Doohan ne dépendait alors pas du Superbike et de Yamaha, la cote des pilotes capables d’emmener ces gros moteurs 4-temps avait beaucoup de crédit auprès des team managers de Grands Prix. Mais c’est bien Pirovano qui continua de défendre les intérêts de la marque aux trois diapasons au sommet de la hiérarchie Superbike.

Fabrizio Pirovano, Yamaha
Fabrizio Pirovano

Quatrième de la saison 89 devant le Suédois Anders Anderson, équipé lui aussi de la toute nouvelle FZR OW 01 de 750cc, le pilote lombard fût le fer de lance de Yamaha pendant de nombreuses saisons. Une présence significative avec plusieurs victoires à la clé pour la marque aux trois diapasons, et pour laquelle de nombreux autres pilotes ont également tenté leur chance avec l’OW 01 puis l’YZF-R 750.

Il fallut pourtant attendre 1995 pour qu’une équipe officielle ne soit alignée aux côtés des principaux concurrents. L’équipe fut donc installée en Italie, en banlieue de Milan et toute proche du circuit de Monza, dans un bâtiment des installations de Yamaha Belgarda. Deux pilotes inconnus sont alors apparus pour piloter la nouvelle YZF-R 750 : Colin Edwards et Yasutomo Nagaï. Dans cette jeune équipe se trouvaient alors le directeur Davide Brivio, mais également un certain Silvano Galbusera, aujourd’hui chef mécanicien de Valentino Rossi.

Mais cette première saison tourna au cauchemar. Nagaï, vainqueur du Bol d’Or 1994 avec les frères Sarron, était l’étoile montante couvée par la firme nippone. Las, lors de l’épreuve d’Assen, il chuta sur une trace d’huile laissée par un twin Ducati, avant que sa moto ne lui retombe dessus. Après deux jours dans un profond coma, le Japonais ne survécut pas à ses blessures. Ce drame modifia la réglementation pour les motos 4-temps et ordonna aux machines engagées d’être équipées d’un bas de carénage fermé à compter de 1996, capable de contenir deux litres d’huile et plus en cas de casse moteur.

Colin Edwards, Yamaha
Colin Edwards

L’équipe continua son apprentissage, tout comme le jeune Colin Edwards au guidon de l’YZF-R 750. Mais Texas Tornado accepta l’offre d’Honda en 1998, laissant du même coup la place au duo Scott Russell/Noriyuki Haga. Après quatre saisons de service, Yamaha aligna une nouvelle monture avec la R7, censée être l’arme pour la couronne mondiale. C’est aussi avec un nouveau coéquipier en 1999 que Nitro Nori continua l’aventure Yamaha : Vittoriano Guareschi. Victorieux à plusieurs reprises, le numéro 41 entama la saison 2000 avec la combinaison de favori pour le titre.

Mais le sort s’acharna une fois de plus dans le clan Yamaha. Testé positif à un contrôle anti-dopage en début de saison, Haga put compter sur l’équipe de Brivio qui défendit ses intérêts auprès du fameux TAS (Tribunal Arbitral du Sport) et la sanction initiale fut revue. Haga perdit les 25 points d’une victoire sud-africaine et fut suspendu deux semaines en fin de saison. Il manqua alors la dernière épreuve de Brands Hatch, laissant Colin Edwards filer vers le titre.

Ce coup dur eut de lourdes répercussions pour Yamaha, qui quitta alors le WSBK. Haga resta dans le giron en rejoignant l’équipe Yamaha Red Bull aux côtés de Garry McCoy en Grands Prix 500cc. Norick Abe fut aussi engagé dans le programme de développement du kit de la R1 sous les couleurs de Yamaha Motor France (2005 & 2006) ; un cadeau de Yamaha en guise de remerciement envers le Japonais, mais sans posséder vraiment les bons atouts pour clôturer une carrière avec des podiums.

Les stands MBD Sportcar
Noriyuki Haga

En 2005 toujours, sous l’impulsion de Yamaha Motor Italia, deux R1 furent engagées pour revenir au premier plan. Sans surprise, Noriyuki Haga fit son retour dans une structure identique ou presque à la précédente, avec Andrew Pitt à ses côtés.

Sous les ordres de Massimo Meregalli et avec une implication progressive de Yamaha Europe, le légendaire Nitro Nori termina deux fois troisième, cette même année puis en 2006, avant de s’incliner à la seconde place en 2007, derrière James Toseland, pour deux petits points. 2008 fut la dernière saison d’Haga avec Yamaha, une longue association qui apporta beaucoup, mais pas de titre.

Le changement majeur, Yamaha l’opéra en 2009 en enrôlant la star US Ben Spies, triple champion outre-Atlantique de la catégorie au niveau très relevé, et le britannique Tom Sykes. Dominateur avec 14 victoires sur les 28 courses, le rookie Spies décrocha enfin le titre pour les Japonais en se battant face à un adversaire tenace et bien connu : Noriyuki Haga ! Celui-ci termina une nouvelle fois second, à six unités seulement, sur la Ducati officielle.

Ben Spies
Ben Spies

Pour la structure italienne, la suite se déroula avec successivement des pilotes comme Cal Crutchlow, James Toseland, Eugene Laverty ou encore Marco Melandri qui fut le meilleur d’entre tous, second au championnat 2011 derrière Carlos Checa.

Une nouvelle pause fut alors observée jusqu’au retour l’an dernier en tant qu’équipe officielle avec la nouvelle version de la Yamaha R1, et une équipe britannique à l’expérience de premier plan. Après une saison chaotique, notamment pour Sylvain Guintoli, la campagne qui s’annonce se veut plus ambitieuse pour les pilotes Alex Lowes et Michael Van der Mark, ainsi que pour Yamaha Europe à l’initiative de ce retour, mais aussi sous impulsion française.

Après avoir occupé plusieurs postes à responsabilité par le passé et notamment chez Yamaha Motor France, Éric de Seynes est celui qui œuvre le plus pour que la nouvelle arme triomphe et retrouve le titre. Un schéma déjà prêt pour 2017 ?

Sylvain Guintoli, Pata Yamaha et Tom Sykes, Kawasaki Racing Team
Sylvain Guintoli
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