Le Sébastien Loeb Racing veut être "reconnu par un constructeur"

Leader des équipes privées en WTCC, le Sébastien Loeb Racing, qui s'est également illustré en GT ou en LMP2 par le passé, ambitionne de s'associer à un programme d'usine dans le futur, comme l'explique Dominique Heintz, son co-fondateur.

Fondé fin 2011 par Sébastien Loeb et Dominique Heintz, le Sébastien Loeb Racing s'illustre depuis 2015 en WTCC avec des Citroën C-Elysée. Après une seule voiture engagée pour Mehdi Bennani lors de cette première saison en Championnat du monde de supertourisme, le SLR est passé à trois voitures en 2016, Tom Chilton et Grégoire Demoustier rejoignant Bennani.

Une saison des plus satisfaisantes pour la structure alsacienne, qui ouvrait son compteur de victoires avec Mehdi Bennani lors de la Course 1 en Hongrie avant d'aligner un nouveau succès en première manche avec Tom Chilton en Argentine. Le SLR et Bennani faisaient forte impression lors de la finale au Qatar en signant la pole position devant les Citroën officielles de López et Muller, avant de s'imposer magistralement lors de la Course 2 (aujourd'hui course principale).

Pour sa troisième saison dans la discipline, le Loeb Racing a choisi la continuité avec ses deux pilotes de pointe Bennani et Chilton, rejoints en revanche par John Filippi sur la troisième C-Elysée.

Mais 2017 a constitué un véritable cap pour le Sébastien Loeb Racing en WTCC, après l'arrêt du programme officiel de Citroën à l'issue de la saison dernière. "Cela donne une responsabilité supplémentaire", reconnaît Dominique Heintz auprès de Motorsport.com. "Malgré tout, tant qu'il y avait l'équipe d'usine à nos côtés on se disait que l'on pouvait toujours aller frapper à la porte de Citroën Racing en cas de coup dur."

"Aujourd'hui, nous sommes une équipe privée avec les mêmes voitures que l'équipe d'usine, la même complexité au niveau des voitures, mais tous les problèmes doivent être désormais uniquement résolus à notre niveau. C'est là aussi l'intérêt de faire une nouvelle année dans cette discipline pour faire encore monter le savoir-faire de l'équipe."

"Notre volonté est désormais de faire reconnaître ce savoir-faire de haut niveau par le milieu du sport automobile, et si possible d'être reconnu par un constructeur pour que dans l'avenir on puisse encore aller sur des championnats de haut niveau, championnats du monde ou autre."

Le Sébastien Loeb Racing n'est pas forcément indissociable de Citroën, ni du Groupe PSA.

Dominique Heintz

Ainsi, le Sébastien Loeb Racing affiche ses ambitions et surtout son indépendance vis-à-vis de Citroën, malgré les liens forcément étroits entre le Groupe PSA et Sébastien Loeb. 

"Le Sébastien Loeb Racing n'est pas forcément indissociable de Citroën, ni du Groupe PSA", continue Heintz. "C'est sûr que pour le moment nous avons une vraie proximité avec PSA car Sébastien [Loeb] est pilote officiel Peugeot, mais cela ne veut pas dire que dans l'avenir on ne puisse pas exploiter un jour un programme pour un autre constructeur. On est tout à fait dans la position de pouvoir le faire à terme, on ne veut pas se fermer cette porte."

Depuis sa première saison en sport automobile en 2012, le SLR a de fait été impliqué dans des séries aussi diverses que le FIA GT Series (avec la McLaren MP4-12C GT3), le GT Tour (McLaren puis Audi R8 LMS GT3), le Blancpain GT Series (Audi R8 LMS GT3), l'ELMS et les 24 Heures du Mans (avec un prototype ORECA 3 LMP2), sans oublier la Porsche Carrera Cup, et naturellement le WTCC avec la Citroën C-Elysée, sans parler de ses activités en rallye démarrées en 2016.

Sur le devant de la scène

Pour l'heure, l'attention se porte sur le WTCC, où le Loeb Racing a encore brillé cette saison, avec trois victoires déjà (deux pour Bennani, lors de la Course Principale en Hongrie puis dans la Course d'Ouverture au Portugal, une autre pour Chilton en Argentine). Alors que le Marocain et le Britannique s'accrochent au wagon de tête (aux quatrième et sixième rangs du classement général, respectivement), ils occupent tous deux – à égalité de points avec Rob Huff, sur une Citroën du Münnich Motorsport –, la première place au WTCC Trophy, le classement des pilotes privés.

"Jusqu'à présent, on se débrouille quand même plutôt très bien, les résultats sont plus qu'encourageants", se félicite Heintz. "On est quand même sur le devant de la scène, on a gagné des courses, qui plus est nous nous sommes déjà imposés en Course Principale, ce qui est encore plus significatif. Nous avons pu devancer à plusieurs reprises les équipes d'usine, mais aussi la Citroën du Münnich Motorsport pilotée par Rob Huff, un ancien Champion du monde. C'est gratifiant pour l'équipe."

Un avenir encore flou pour le championnat WTCC

"Sur la durée d'une saison, face à des constructeurs comme Honda ou Volvo, c'est en revanche compliqué. Notre objectif est d'être au plus près d'eux sur la durée et, si l'opportunité se présente, nous ne raterons pas l'occasion d'aller chercher la victoire de temps à autre."

Le SLR se veut ainsi fortement ancré au sein du WTCC, même si l'avenir de la discipline demeure encore relativement flou.

"Le problème aujourd'hui du WTCC est qu'il s'agit d'un championnat sur lequel nous n'avons pas trop de visibilité", conclut Dominique Heintz. "Nous ne savons pas comment cela va continuer, même l'année prochaine. À l'heure d'aujourd'hui nous ne savons pas. En revanche l'intérêt est qu'il s'agit d'un championnat de très haut niveau, et qui nous oblige en tant qu'équipe à être très performants dans l'exploitation de la voiture. Le niveau est très très relevé, l'équipe ne peut pas se relâcher, à aucun moment. Il faut que l'on soit dans les méthodes de travail, dans la préparation de la course, même dans tous les à-côtés comme la logistique notamment."

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A propos de cet article
Séries WTCC
Pilotes Tom Chilton , Mehdi Bennani , John Filippi
Équipes Sébastien Loeb Racing
Type d'article Actualités