Marrakech : Un pôle automobile en plein développement

Théâtre de la manche africaine du WTCC depuis 2009, le circuit Moulay El Hassan de Marrakech occupe une place prépondérante dans le paysage de l'automobile au sens large, et du sport automobile en particulier, dans toute la région.

Depuis 1958, et le Grand Prix du Maroc à Ain Diab (Casablanca) – remporté par Stirling Moss sur sa Vanwall – , le sport automobile vivotait à peine dans le pays. Un peu plus d'un demi-siècle plus tard, le Maroc revenait cependant sur le devant de la scène internationale, en accueillant une manche d'un championnat du monde de la FIA, avec le Grand Prix de Marrakech WTCC, dont la première édition remonte à 2009. Un projet mené par le Groupe Menara, grand nom du BTP marocain.

Après une seconde édition en 2010, et une pause en 2011, le WTCC a posé à nouveau, et pour le long terme, ses valises sur le circuit Moulay El Hassan, une piste en ville reprenant majoritairement des tronçons du boulevard Mohammed VI et de la Route de l'Ourika, et constituée de deux grandes lignes droites (toutes deux coupées par des chicanes), d'une courte parabolique et d'une épingle, le tout pour un développement de 4,624 km entre les murets de béton.

En 2016, le circuit faisait peau neuve, reprenant une partie du tracé initial, agrémenté cette fois d'une portion permanente de 1,8 kilomètre. Un tracé plus technique, fruit du travail du célèbre cabinet Hermann Tilke, et dont la longueur est désormais ramenée à trois kilomètres. Un nouveau circuit qui a accueilli, outre la septième édition du Grand Prix de Marrakech WTCC en mai, la première manche du Championnat du monde de Formule E disputée sur le sol africain, en novembre dernier.

"2016 fut une année charnière pour le circuit de Marrakech, avec l'ouverture du nouveau tracé, et l'arrivée de la Formule E", explique Stéphane Roux, le directeur de l'organisation du Grand Prix de Marrakech, à Motorsport.com. "La question se posait sur la suite de la collaboration avec le WTCC, mais nous avons finalement décidé de repartir avec eux pour une nouvelle édition. Quant à la Formule E, c'est un événement qui a apporté de la valeur ajoutée au circuit, une discipline que les Marocains ont eu plaisir à découvrir. Les protagonistes du championnat étaient heureux de venir à Marrakech, mais il est encore trop tôt pour dire si la Formule E reviendra au Maroc la saison prochaine."

En dehors de ces deux événements majeurs, le circuit Moulay El Hassan – du moins sa nouvelle portion de 1,8 kilomètre – accueille également des épreuves de championnats locaux. "De plus en plus, les organisateurs se tournent vers le circuit de Marrakech pour organiser leurs épreuves", poursuit Stéphane Roux. "La nouvelle portion est le seul tracé non urbain, et doté d'une sécurité optimale, dans la région, et les championnats préfèrent venir ici, quitte à ne courir que quatre ou cinq épreuves par an."

Accompagner de jeunes talents marocains

La recherche de jeunes talents du sport automobile est également un axe de travail important, puisque le complexe compte également sa piste de karting homologuée par la FIA, dont la marque Sodikart est l'un des principaux partenaires. Le circuit de Marrakech est d'ailleurs devenu importateur exclusif Sodikart, mais aussi Rotax, pour le Maroc, et est en pourparlers pour accueillir la finale mondiale Rotax en fin d'année.

Une activité karting destinée également (et surtout ?) à déceler de nouveaux talents marocains, avec une académie réservée à des pilotes âgés entre huit et quinze ans. "Mehdi Bennani [pilote WTCC et Champion du trophée des indépendants l'an passé] est une véritable locomotive pour le Maroc, mais il nous faut songer à sa succession", continue Stéphane Roux. "Notre objectif est de repérer, de former et d'accompagner de jeunes pilotes, et il n'est pas impossible de voir certains d'entre eux aller plus haut."

"Nous avons des vrais talents au Maroc, comme le jeune Michael Benyahia, qui a terminé troisième du Championnat de France de Formule 4 l'an passé, et qui évoluera en Formule Renault 2.0 cette saison en Europe, nous essayons de le suivre de près."

Les constructeurs de plus en plus implantés à Marrakech

Mais l'ambition du circuit de Marrakech est également de constituer un outil de formation à la conduite, et au pilotage. La structure dispose en effet d'une flotte de véhicules Renault (Clio et Mégane RS) pour dispenser des cours de conduite, et notamment d'écoconduite. "La sécurité routière est un enjeu primordial, nous nous adressons autant aux entreprises qu'à des privés. Il y a une grande demande pour ce genre de sessions. Et puis, les constructeurs viennent de plus en plus nombreux tester leurs véhicules sur le circuit, avec des marques comme Jaguar, Audi, Range Rover, notamment, qui ont désormais leurs habitudes chez nous."

"La cote d'amour du Maroc est en forte hausse"

"Les gens reviennent vers ce pays", ajoute Stéphane Roux. "Le temps efface certaines choses et l'image négative qui pouvait exister à une certaine époque. Et la situation géographique du circuit de Marrakech est unique, nous sommes à un quart d'heure du centre-ville, et l'on se retrouve en plein désert en un quart d'heure également. Les routes y sont excellentes, de gros aménagements ont été réalisés durant ces dernières années, et on peut rouler facilement en supercar, sans aucun problème, ce qui n'était peut-être pas forcément évident à une époque."

"Et puis le marché automobile marocain se porte on ne peut mieux, avec une croissance à deux chiffres depuis quelques années, ce qui est quasiment unique dans le monde, et les plus grands constructeurs automobiles y sont implantés. Globalement, la cote d'amour du Maroc est en forte hausse depuis quelque temps."

Marrakech se prépare à accueillir à nouveau le WTCC ce week-end, pour deux courses qui constitueront l'ouverture de la saison 2017.

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