Le bitume de Mandalika s'est très vite abimé
Resurfacée en urgence, la piste de Mandalika n'offrait toujours pas des conditions parfaites pour le Grand Prix, au point que la course ait dû être réduite, notamment à cause d'un asphalte abimé dans le dernier virage.
Le maintien de la course MotoGP du Grand Prix d'Indonésie a semblé ne tenir qu'à un fil dimanche, jusqu'à ce que le départ soit finalement donné à 16h15 heure locale, soit 1h15 après l'horaire initialement prévu. Mais avant que le déluge ne pousse à ce report, l'épreuve avait déjà subi un premier changement, avec la réduction de la distance totale à parcourir, passée de 27 à 20 tours en tout début d'après-midi. "Nous avons décidé de réduire la distance de la course afin de préserver les conditions de piste à cause de l'asphalte", indiquait alors Franco Uncini, délégué sécurité auprès de la FIM.
On se souvient que le mois dernier, l'état du circuit de Mandalika, dont la construction a été bouclée l'an dernier, avait fait polémique lors de la première visite du paddock MotoGP sur place pour les essais de pré-saison. Un bitume excessivement sale, au point d'être devenu boueux lorsqu'à la poussière s'est mêlée de la pluie, avait failli avoir raison de ce test, avant qu'il soit décidé de faire rouler les pilotes pour qu'ils fassent la trace et dégagent une trajectoire praticable.
Outre la saleté, ils étaient nombreux également à pointer du doigt un bitume qui se désagrégeait, faisant sortir les composants du granulat et donc des sortes de cailloux qui, soulevés par les motos, faisaient l'effet de projectiles pour les pilotes touchés. Pecco Bagnaia avait ainsi montré aux journalistes un hématome impressionnant sur son biceps, qui avait de quoi laisser perplexe face à ce danger.
La réaction des instances dirigeantes n'avait pas tardé, puisque le resurfaçage de la piste avait été ordonné en urgence, entre le virage 17 (le dernier de la piste) et le virage 5. Des travaux bouclés à temps avant le retour du paddock pour le Grand Prix, mais qui n'ont semble-t-il pas suffi si l'on en croit les commentaires à nouveau tenus par les pilotes après cette course. Álex Rins a notamment montré les nombreux petits "cailloux" qu'il a découverts, collés à sa peau, en enlevant sa combinaison.
"Les conditions de la piste étaient très, très difficiles. Dans le dernier virage, le bitume commençait à se désagréger. Il y a cinq minutes, j'avais encore ma combinaison ; là, je viens d'aller dans le bureau, de l'enlever, et j'avais tout le torse plein de cailloux noirs !" a expliqué le pilote Suzuki aux journalistes dimanche après-midi, tout en postant une photo sur ses réseaux sociaux pour accompagner ses propos.
"Des cailloux sortaient du bitume. Il faut qu'ils règlent ça, car c'est un peu dangereux", a-t-il affirmé, assurant par ailleurs que les pilotes ont déjà reçu des promesses en vue de l'édition 2023 du Grand Prix : "Ils ont dit qu'ils allaient resurfacer, sur tout le circuit, alors on verra." Álex Rins s'est dit plutôt soulagé que la course se soit finalement déroulée sous la pluie, estimant que cela avait réduit ces désagréments : "Sur le mouillé, on sentait l'asphalte nous heurter sur le corps, [projeté] par le pilote de devant, alors imaginez sur le sec. Heureusement, personne n'a été blessé. Dans le dernier virage, des morceaux se détachaient, alors il valait mieux que ce soit sur le mouillé que sur le sec."
Aurait-il été possible de faire 27 tours sur le sec ?
Jack Miller s'est malgré tout dit convaincu "à 100%" que la course aurait bel et bien pu se tenir en l'état sur le sec. "Dans ces circonstances, la course pouvait se dérouler, aucun souci, et je suis certain que ça aurait été bien", a-t-il indiqué, ajoutant : "Je comprends pourquoi ils l'ont raccourcie. L'asphalte a été abimé tout le week-end, il y avait des fissures en passant à la corde. L'asphalte a été fini la semaine dernière et, en général, il faut un mois ou deux pour que ça se stabilise."
"Les conditions étaient bien meilleures que dans le test. Ce nouvel asphalte était vraiment bon, même s'il avait deux flaques qui ne séchaient pas samedi", a par ailleurs estimé Johann Zarco, monté sur le podium aujourd'hui. "C'était beaucoup mieux que pendant le test, mais ce matin, j'ai fait mon warm-up derrière Bezzecchi et j'ai ensuite eu de petits hématomes sur les bras et le cou, donc il y avait encore des choses qui sortaient de l'asphalte."
"Je pense que le fait que cet asphalte se détruise si vite dans le dernier virage, est dû au fait qu'ils n'ont pas eu assez de temps pour le faire à la perfection", a ajouté le Français. "Peut-être que les conditions en Indonésie, avec la pluie et la chaleur, n'ont pas aidé à finir correctement l'asphalte. L'an prochain, si on a une course de 27 tours, la chaleur posera plus problème aux pilotes que l'asphalte parce que je pense qu'ils pourront résoudre ça."
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires