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"Éviter les erreurs", le credo d'un Alonso étonnamment prudent

En dépit de son bon début de saison, Fernando Alonso n'aborde pas le GP d'Azerbaïdjan en étant particulièrement conquérant mais en estimant qu'il a désormais beaucoup à perdre, surtout dans le contexte d'un nouveau format sprint "stressant".

Fernando Alonso, Aston Martin F1 Team

L'on pourrait croire que disposer d'une des meilleures voitures du paddock avec l'Aston Martin AMR23 placerait Fernando Alonso dans un état d'esprit particulièrement conquérant au moment d'aborder le GP d'Azerbaïdjan, une épreuve réputée propice aux courses chaotiques. Toutefois, c'est plutôt l'inverse : l'Asturien voit avant tout l'étendue de ce qu'il peut perdre, à savoir de gros points, et ne s'aventure pas réellement dans les contrées de ce qu'il pourrait gagner.

Et ce d'autant plus dans une épreuve courue sous un tout nouveau format, qu'il juge particulièrement "stressant" même s'il comprend le choix de la Formule 1 de le mettre en place.

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Fernando, il est évident qu'une course aussi chaotique que Bakou peut représenter une opportunité, non ?

Attendons de voir, je pense que plus qu'une opportunité... Je sais que l'on parle toujours du fait que les courses chaotiques ou les week-ends difficiles représentent potentiellement une opportunité [de très bon résultat]. Pour être honnête, quand vous avez une voiture compétitive, l'opportunité est seulement de commettre une erreur, et de véritablement gâcher votre week-end si quelque chose se passe vraiment mal en Q1 ou quelque chose de ce genre. Je ne vois donc pas beaucoup d'opportunités d'en tirer avantage ou de capitaliser sur quelque chose, à moins que Red Bull ne commette une erreur. C'est donc un week-end où il faut éviter les erreurs, pas un week-end où il faut réaliser quelque chose de spécial. Nous devons donc l'aborder avec beaucoup de prudence.

Que pensez-vous du format du week-end de course ?

Il est plus difficile, plus stressant. Mais je vois l'intérêt de le faire. Lorsque je ne participais pas au championnat pendant ce [break de] deux années [en 2019 et 2020] et que j'étais chez moi, je ne regardais pas les séances d'essais. Pour être honnête, c'était trop long et ennuyeux. Et moi je savais ce que les écuries faisaient, ce qui n'est jamais le cas à la maison : combien de kilos d'essence ils utilisent, quelle cartographie moteur... tout cela n'était pas intéressant. Je vois donc l'intérêt de faire quelque chose de différent. Il faut donc l'accepter, nous devons aider la F1 et, avec un peu de chance, les retours des fans seront bons.

Fernando Alonso parle aux médias dans le paddock de Bakou.

Fernando Alonso parle aux médias dans le paddock de Bakou.

Mais c'est plus stressant, surtout le samedi. Je pense que le vendredi, nous sommes habitués à ce nouveau format sprint, où tout comme l'année dernière, nous n'avons qu'une seule séance d'essais. C'est donc un défi pour les équipes : en une séance d'essais, vous devez régler la voiture pour tout le week-end. Puis vous passez aux qualifications.

Mais ce qui est vraiment différent, c'est le samedi, où nous prenons le petit-déjeuner, nous montons dans la voiture, nous serrons les harnais et nous sommes en Q1. C'est complètement nouveau, parce que même par le passé, lorsque nous faisions des qualifications le vendredi et le samedi, en 2004 ou 2006, nous avions toujours des essais avant les qualifications. C'était donc EL1, EL3 ou autre. Désormais, nous n'avons plus de séance d'essais [le samedi] et nous passons directement à la première phase des qualifications. Alors oui, c'est stressant, c'est sûr, et c'est plus difficile pour les pilotes.

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L'absence d'essais ne va-t-elle pas profiter aux meilleurs pilotes ?

Comme je l'ai dit, il est très facile de faire une erreur. Je pense qu'en fin de Q3, nous aurons tous eu l'occasion de nous exercer et nous aurons tous optimisé notre tour. Mais en Q1, si vous freinez tard ou n'importe quoi d'autre et que vous avez un accident, surtout ici à Bakou où il n'y a pas de marge d'erreur, la situation sera terriblement mauvaise. Je pense donc que ce week-end, il y a une opportunité de faire une grosse erreur, mais pas une énorme opportunité. Nous devons donc l'éviter.

Il y a donc plus à perdre en tant que pilote courant aux avant-postes ?

C'est sûr que lorsque vous avez une voiture compétitive, vous ne pouvez que perdre dans un format différent ou dans une course ou des qualifications sur le mouillé, il n'y a que des choses à perdre. C'est donc la difficulté de la différence que je constate aujourd'hui par rapport aux années précédentes.

Propos recueillis par Jake Boxall-Legge

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