L'atypique projet Rodin F1 est dévoilé malgré son échec

Une collaboration avec Ferrari et Jamie Chadwick au volant : Rodin a dévoilé son projet F1, auquel la FIA n'a pas donné suite.

Liam Lawson, Rodin Cars FZED

Photo de: Rodin Cars

Si rien n'a été confirmé officiellement, il est de notoriété publique que le seul projet d'écurie de Formule 1 accepté par la FIA pour 2025 est celui d'Andretti – désormais soumis à l'approbation du dossier par le championnat. Les autres candidatures ont été recalées, et c'est notamment le cas du constructeur néo-zélandais Rodin ; ce dernier a publié un communiqué dont le but est de "donner des informations sur les points clés de notre candidature, dont nous estimons qu'ils justifiaient son mérite".

Ce projet était mené par l'homme d'affaires australien David Dicker, passionné de sport automobile, dont l'entreprise informatique Dicker Data jouit d'une capitalisation boursière d'environ un milliard d'euros selon l'Australian Financial Review.

Ayant racheté l'écurie Carlin Motorsport, actrice majeure des formules de promotion, Dicker comptait baser son écurie de Formule 1 dans l'usine Carlin à Farnham (Angleterre), tout en construisant les monoplaces sur le site de Rodin, près du village néo-zélandais de Mount Lyford. Cette organisation aurait détonné dans un paddock dont toutes les équipes produisent leurs bolides en Europe, où vivent donc également tous les ingénieurs de renom dans ce sport. Le dernier à avoir eu un tel projet – Tony Fernandes envisageant une base malaisienne pour son écurie Lotus/Caterham – y avait très vite renoncé face aux réalités du terrain.

Rodin fait pourtant savoir que les infrastructures néo-zélandaises auraient même permis la construction d'un moteur ainsi que des essais sur la piste se trouvant juste à côté de l'usine. C'est d'ailleurs ainsi que la marque se targue d'avoir créé la FZERO, un prototype atypique capable d'atteindre les 360 km/h avec un groupe propulseur V10 doté d'un moteur électrique pour une puissance totale de 1176 ch – le poids de la voiture n'est pas mentionné. "L'assemblage, la fabrication et les essais de la voiture ont été entièrement faits dans nos infrastructures en Nouvelle-Zélande", indique le communiqué de Rodin.

Rodin déclare par ailleurs avoir eu "l'opportunité de discussions pour une collaboration avec Ferrari sur la Rodin F1", mais cela aura manifestement été insuffisant pour convaincre la FIA. Tout comme l'engagement à placer une pilote dans l'un des deux baquets, alors qu'aucune femme n'est actuellement éligible – ou même proche d'être éligible – à la Super Licence. C'est sur Jamie Chadwick que Dicker a jeté son dévolu, elle qui a testé la Rodin FZED (une adaptation de la monoplace initialement baptisée Lotus T125, qui développe 675 ch et pèse 609 kg sans pilote, et a pour vocation d'être commercialisée à petite échelle).

Jamie Chadwick

Jamie Chadwick

"Nous avons testé Liam Lawson, Jamie Chadwick et Louis Charp sur notre site en Nouvelle-Zélande, à la fois dans une F3 et dans notre propre voiture, la Rodin FZED, qui est une voiture légèrement plus rapide qu'une GP2/F2. Les performances de Jamie ont été exceptionnelles, et si elle était disponible, nous n'hésiterions pas à la mettre dans un baquet", fait savoir le communiqué de Rodin.

En dehors du manque d'expérience de Chadwick, qui n'a jamais couru en Formule 2, la Super Licence aurait de toute façon été un obstacle probable, à moins d'un immense gain de performance en 2024. La Britannique a actuellement 26 points de Super Licence à son actif – dix pour sa quatrième place en F3 Asie 2019-20 (dans des circonstances troubles), un pour sa neuvième position en Championnat d'Europe de Formule Régionale 2020, quinze pour son titre W Series 2021.

Chadwick n'était plus éligible aux points de Super Licence à son retour en W Series en tant que championne pour la saison 2022, et elle ne s'est classée que 12e d'Indy NXT (anciennement Indy Lights) en 2023. Ainsi, tous ses points auront expiré fin 2024, et pour faire ses débuts en Formule 1 en 2025, elle aurait eu besoin d'un titre en Formule 2 ou en IndyCar l'an prochain, ou à défaut d'un sacre dans un championnat de monoplaces hivernal couplé à une excellente performance dans une compétition majeure.

Le problème ne va de toute façon pas se poser, Rodin ayant été recalé – ce malgré ses atouts financiers : "Contrairement à de récents candidats, Rodin Cars a les moyens financiers de financier entièrement le programme de Formule 1 grâce à la richesse personnelle de notre fondateur." Manifestement sans convaincre pour autant.

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