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Conflit pilotes/FIA : Wolff botte en touche

Toto Wolff, le directeur de l'écurie Mercedes, a préféré ne pas prendre parti dans le conflit opposant les pilotes à la FIA et son président Mohammed Ben Sulayem.

Toto Wolff, directeur de Mercedes-AMG F1 Team, en conférence de presse

Photo de : Zak Mauger / Motorsport Images

"Joker ?" Interrogé en marge du Grand Prix de Las Vegas, Toto Wolff n'a pas voulu prendre parti dans le confit opposant les pilotes et la FIA, et plus précisément son président Mohamed Ben Sulayem.

La tension est montée ces derniers mois avec la volonté affichée du président de la fédération de punir des propos jugés inappropriés de la part des protagonistes du championnat du monde de Formule 1 lors de leurs interventions dans le cadre d'un Grand Prix. À Singapour, Max Verstappen avait été sanctionné d'une obligation de travaux d'intérêt général, pour avoir juré en parlant du comportement de sa Red Bull lors d'une conférence de presse d'avant-course.

Au Mexique, ce fut au tour de Charles Leclerc d'être épinglé pour avoir lui aussi juré lorsqu'on l'avait interrogé sur la sensation qu'il avait éprouvée en manquant de percuter le mur en sortie de dernier virage dans les derniers tours. Le pilote monégasque avait alors écopé d'une amende de 5000 euros.
Dans une lettre adressée à la FIA, les pilotes ont récemment exprimé leur mécontentement, demandant à l'instance fédérale de les traiter "comme des adultes", déplorant par la suite n'avoir reçu aucune réponse à leur courrier.

Ce que nous devons faire, c'est tirer du même côté, et gérer notre produit commun avec soin.

Interrogé au sujet des tensions existantes entre les pilotes et la FIA, Toto Wolff, le directeur de l'écurie Mercedes, a préféré esquiver. "Je dois faire attention à ce que je dis, car l'année dernière, ici-même, Fred [Vasseur] et moi avons été convoqués devant les commissaires ", a plaisanté le directeur de l'écurie Mercedes, rappelant qu'il avait en effet été, il y a un an à Las Vegas, lui aussi été épinglé pour des propos jugés inappropriés en compagnie de son homologue de chez Ferrari lors d'une conférence de presse avant la course.

"Est-ce que l'on peut faire un tour de passe-passe et ne pas répondre ? Joker ?", continue le dirigeant autrichien. "Nous sommes dans une position tellement privilégiée dans ce sport, et nous attirons des fans de la meilleure tranche d'âge, si je puis dire, à savoir les jeunes. Nous courons devant des tribunes pleines et il y a beaucoup de sponsors et d'intérêt. Ce que nous devons faire, c'est tirer dans le même sens, et gérer notre produit commun avec soin…"

Mohammed Ben Sulayem, le president, FIA, fait l'objet de critiques de la part des pilotes de F1.

Mohammed Ben Sulayem, le president, FIA, fait l'objet de critiques de la part des pilotes de F1.

Photo de: Andy Hone / Motorsport Images

"Et je pense que toutes les parties prenantes, en gardant à l'esprit ceux qui occupent les postes décisionnels, portent la responsabilité de ce sport, et nous avons besoin de stabilité. C'est ainsi que je vois les choses."

De la même façon, Toto Wolff estime que la médiatisation des critiques des pilotes et des patrons d'écurie nuit à la Formule 1, et ne fait qu'exacerber la situation. "Il est essentiel que nous puissions nous exprimer et que nous le fassions avec la même prudence", poursuit-il. "Ce que nous devons tous faire, car nous nous sommes battus dans les médias ces deux dernières années, un mot a été dit et un autre est venu en réponse. Je ne pense pas que nous devrions nous jeter des choses à la figure de cette manière."

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La tension régnant autour de la FIA et de son président Mohamed Ben Sulayem a une nouvelle fois été mise en avant ces derniers jours suite au départ surprise du directeur de course de la F1 Niels Wittich avant les trois derniers Grands Prix de la saison. Un mouvement évoqué comme une démission par la FIA, mais que de nombreux observateurs du paddock perçoivent en réalité comme une éviction. Et, si le titre pilotes semblent a priori décidé en la faveur de Max Verstappen, la bataille pour le titre constructeurs, à forts enjeux financiers, doit encore se décider entre McLaren, Ferrari et Red Bull, et un changement à la tête de direction de course avant les trois derniers Grands Prix – consécutifs – de cette saison est là aussi mal perçu.

"Le timing de cette décision est un peu étrange pour moi, alors que nous approchons de la fin du championnat", concède Toto Wolff. "Ce sont les trois courses les plus difficiles à gérer, et le moment est étrange pour moi, mais je ne suis pas dans les coulisses des discussions de la FIA."

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