Résumé de course
Formule 1 GP du Japon

Course - Verstappen gagne une course écourtée, confusion pour le titre

Max Verstappen a remporté facilement un Grand Prix du Japon écourté par des conditions climatiques longtemps impropres à la course. Deuxième sur la piste, Charles Leclerc a finalement été classé troisième après une pénalité, entraînant l'attribution du titre pilotes au Néerlandais.

Max Verstappen, Red Bull Racing RB18, se bat avec Charles Leclerc, Ferrari F1-75, au départ

Départ pluvieux et vite chaotique

Avant la course, la pluie qui était de plus en plus redoutée tombe bien sur le circuit de Suzuka et détrempe la piste. Auteur de la pole et simplement réprimandé pour sa manœuvre dangereuse de Q3, Max Verstappen dispose d'une seconde chance de conquérir le titre 2022 ; pour cela, il doit inscrire huit points de plus que son plus proche rival et dauphin sur la grille, Charles Leclerc, et six de plus que son équipier Sergio Pérez, quatrième au départ derrière Carlos Sainz.

Si le tarmac est bien humide, tous les pilotes s'élançant en pneus intermédiaires, il demeure toutefois suffisamment praticable, selon la direction de course, pour qu'un départ arrêté soit décidé même si les premiers mètres du tour de formation montrent qu'un épais rideau de gouttelettes se forme rapidement. Un seul pilote s'élance des stands, il s'agit de Pierre Gasly, dont l'équipe a effectué des changements d'éléments et de réglages pour ces conditions humides après une séance de qualifications décevante.

Au moment de l'extinction des feux, Leclerc s'élance mieux et se porte à hauteur de Verstappen. Toutefois, ce dernier résiste sur l'extérieur et maintient brillamment sa première position. Derrière, le grabuge débute au premier virage avec un Vettel qui part en tête-à-queue dans les graviers en fin de ligne droite, après un contact avec Alonso sur sa gauche. Il ne subit pas de dégâts et peut repartir. Dans l'autre Aston Martin, Stroll a également réalisé un départ spectaculaire et gagné plusieurs places au courage sur l'intérieur. Plus loin dans le tour, l'Alpine #14 tente de surprendre Hamilton à l'intérieur à l'épingle mais le Britannique recroise parfaitement.

Dans la réaccélération vers le virage 12, Sainz perd le contrôle de sa Ferrari en aquaplaning, traverse la piste de droite à gauche, et va percuter le mur extérieur, manquant de revenir sur la trajectoire de Hamilton, qui frôle un panneau publicitaire décroché par l'accident, et des autres pilotes derrière lui. Dans le même temps, Zhou se retrouve en tête-à-queue à la sortie de l'épingle également, alors qu'Albon est victime d'un incident mécanique dans la même portion après un contact.

Si les autres concurrents l'ont évité, Gasly en revanche percute un morceau de panneau publicitaire envoyé en piste dans l'accident de Sainz et abîme copieusement son aileron avant. 

Un engin sur la piste, la fureur de Gasly

La voiture de sécurité a été immédiatement déployée par la direction de course devant cette série de problèmes et des conditions qui empirent. Environ un tour plus tard, c'est même le drapeau rouge qui est brandi et l'ensemble des pilotes rescapés sont envoyés dans la ligne des stands.

Peu après, des images montrent un Gasly particulièrement en colère dans son garage, discuter vivement avec une membre de son équipe. D'abord peu claires, les raisons de son ire sont vite repérées : le Français, après son passage par les stands pour changer d'aileron et alors qu'il cherchait à revenir sur la queue derrière le Safety Car, s'est retrouvé à passer près d'un engin qui avait été envoyé en piste pour s'occuper de la Ferrari de Sainz. "J'aurais pu me tuer !" lance-t-il notamment à son muret des stands. Huit ans après, cette situation rappelle évidemment le funeste GP du Japon 2014 lors duquel Jules Bianchi avait subi un accident qui s'était avéré mortel.

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Quarante minutes après l'incident et le drapeau rouge, la direction de course précise qu'un nouveau départ lancé sera donné à 14h50 heure locale. Toutefois, elle revient sur cette information peu après cette échéance ; les conditions en piste sont trop mauvaises pour se risquer à relancer l'épreuve. Une longue attente démarre, alors que la météo ne s'améliore pas. Finalement, du mieux est entrevu vers 16h, avec un restart programmé pour 16h15.

Derrière la voiture de sécurité, plus de deux heures après son interruption, le Grand Prix reprend pour, au maximum, une cinquantaine de minutes. Tous les pilotes sont en pneus pluie, sur ordre de la direction de course ; les retours des pilotes sont globalement que les conditions en piste ne sont pas "trop mauvaises" mais que la visibilité reste un souci. Mais le choix est fait de libérer les fauves en fin de cinquième tour, à une quarantaine de minutes de la fin du chrono.

Chassé-croisé dans les stands

Verstappen gère la relance en conservant la tête sans problème. Vettel et Latifi chaussent immédiatement les intermédiaires, et ces gommes se montrent vite performantes ; Magnussen s'offre Stroll juste avant Degner. Au huitième tour, la plupart des leaders passent par les stands pour les intermédiaires ; Alonso se retrouve aux commandes mais en pneus pluie, devant Ricciardo et Schumacher. L'Espagnol et l'Australien passent toutefois aux puits au tour suivant avant que Verstappen ne reprenne la tête au pilote Haas, qui tente un coup en attendant le Safety Car.

Au 10e tour, Verstappen possède quatre secondes d'avance sur Leclerc et sept sur Pérez. Schumacher perturbe le duel entre Ocon et Hamilton en se rabattant devant le Britannique à la sortie de Spoon ; mais ce dernier lui fait l'extérieur dans le dernier virage. Vettel bute un temps sur son compatriote, ce qui permet à Alonso de recoller. C'est ensuite l'hémorragie pour Schumacher qui tombe vite au dixième rang et choisit de passer par les stands pour changer de pneus. Il était le dernier pilote en pneus pluie.

À 25 minutes de la fin de la course, Verstappen creuse irrémédiablement l'écart sur Leclerc : il compte désormais sept secondes d'avance, le même écart le séparant de Pérez troisième. Six secondes derrière le Mexicain, l'on retrouve le duo Ocon-Hamilton. Aux prises avec Tsunoda, Russell parvient à revenir dans le top 10 grâce à un superbe extérieur dans les S ; il s'offre ensuite le scalp de Norris à la chicane.

Hamilton et Ocon assurent le spectacle

Une vingtaine de minutes avant la fin de course, Verstappen compte désormais 11 secondes d'avance sur Leclerc et 15 sur Pérez. Hamilton met toujours la pression sur Ocon mais sans pouvoir attaquer. Vettel est sous la menace d'Alonso, les deux hommes ayant derrière eux Latifi, huitième à huit secondes. La Mercedes #44 se fait tout de même de plus en plus pressante, notamment avant le 130R dans le 17e tour. L'idée d'un nouvel arrêt pour chausser des intermédiaires neufs est évoquée par certains pilotes, notamment Leclerc et Ocon.

Une quinzaine de minutes avant la fin de course, Hamilton se porte à nouveau à côté de l'Alpine mais il manque de vitesse de pointe. Le contact n'était pas loin avant le 130R. Russell dépasse Latifi dans les S, à nouveau par l'extérieur, pour prendre la huitième position. Alors qu'il était septième et qu'il ne reste plus que huit minutes de course, Alonso repasse par les stands. Il ressort 10e.

À sept minutes de la fin de course, Pérez est revenu à courte distance de Leclerc, les deux hommes étant à 18 secondes du leader Verstappen. Alonso se joue vite de Norris puis de Latifi, avant de se retrouver à 11 secondes de la septième place de Russell.

Le titre dans la confusion

À moins de deux minutes de la fin, Pérez met la pression sur Leclerc qui parvient à contenir le Mexicain en dépit de difficultés sur les pneus. Alonso efface Russell à l'entame du dernier tour alors que Leclerc défend fort à l'intérieur de l'épingle sur Pérez pour maintenir sa seconde place. Le Monégasque tire tout droit à la chicane quelques minutes plus tard et repart devant la Red Bull en l'empêchant de passer sur l'extérieur, une manœuvre observée de près par les commissaires et qui verra Leclerc écoper de cinq secondes, le repositionnant troisième. Verstappen n'en a cure puisqu'il a franchi la ligne depuis longtemps.

Chose étonnante : la course a à peine couvert les 50% de distance. Or, dans la lettre du nouveau règlement sur le sujet (décidé après la polémique sur le GP de Belgique 2021), le barème modifié n'entre en vigueur que dans le cas où l'épreuve n'est pas redémarrée après une interruption. En dehors de ce cas de figure, l'application stricte du règlement entraîne une attribution totale des points ; cette règle surréaliste, contraire à la logique et à l'histoire entière de la discipline, permet donc d'accorder le titre à Verstappen qui inscrit bien 25 points, contre 18 pour Pérez et 15 pour Leclerc.

Japan Grand Prix du Japon

P. Pilote Constructeur Tours Écart
1 Netherlands Max Verstappen Red Bull 28  
2 Mexico Sergio Pérez Red Bull 28 27.066
3 Monaco Charles Leclerc Ferrari 28 31.763
4 France Esteban Ocon Alpine 28 39.685
5 United Kingdom Lewis Hamilton Mercedes 28 40.326
6 Germany Sebastian Vettel Aston Martin 28 46.358
7 Spain Fernando Alonso Alpine 28 46.369
8 United Kingdom George Russell Mercedes 28 47.661
9 Canada Nicholas Latifi Williams 28 1'10.143
10 United Kingdom Lando Norris McLaren 28 1'10.782
11 Australia Daniel Ricciardo McLaren 28 1'12.877
12 Canada Lance Stroll Aston Martin 28 1'13.904
13 Japan Yuki Tsunoda AlphaTauri 28 1'15.599
14 Denmark Kevin Magnussen Haas 28 1'26.016
15 Finland Valtteri Bottas Alfa Romeo 28 1'26.496
16 China Zhou Guanyu Alfa Romeo 28 1'27.043
17 France Pierre Gasly AlphaTauri 28 1'28.091
18 Germany Mick Schumacher Haas 28 1'32.523
  Thailand Alexander Albon Williams 0  
  Spain Carlos Sainz Jr. Ferrari 0  

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