Doriane Pin détaille son rôle de pilote de développement chez Mercedes
Promue pilote de développement chez Mercedes cette saison, Doriane Pin est revenue en détail sur les missions liées à ce rôle, ainsi que sur les différences entre le simulateur et une Formule 1 réelle, qu'elle devrait découvrir.
Photo de: Peter Fox
Si 2026 marque le retour de Doriane Pin en endurance, avec un programme en ELMS et aux 24 Heures du Mans avec l'équipe Duqueine, la Française n'a pas pour autant tourné la page de la monoplace. Bien au contraire, après son titre en F1 Academy, son objectif reste plus que jamais la Formule 1.
Membre de l'académie de jeunes pilotes Mercedes depuis 2024, elle a d'ailleurs franchi un cap cette saison en devenant pilote de développement pour l'écurie allemande de F1. Un rôle clé en sport automobile, bien connu des jeunes pilotes.
S'il se distingue de celui de troisième pilote – appelé à remplacer un titulaire en cas d'absence – le pilote de développement se concentre avant tout sur... le développement de la voiture, vous l'avez deviné.
Cela implique de longues heures passées au simulateur, à tester de nouvelles pièces et configurations des voitures, et fournir des retours précis aux ingénieurs afin d'optimiser les performances. Certains réservistes, notamment les troisièmes pilotes mais pas exclusivement, peuvent également être amenés à participer à des essais en piste.
Frederik Vesti, troisième pilote Mercedes en 2026, lors des essais de fin de saison 2025 à Abu Dhabi.
Photo de: Clive Rose / Formula 1 via Getty Images
Invité du podcast Beyond The Grid, Doriane Pin a détaillé son nouveau rôle chez Mercedes ainsi que celui de pilote de développement : "En gros, je fais du travail en simulateur avec l'équipe de F1. Donc je passe du temps dans le simulateur avec les ingénieurs et je participe à beaucoup de séances de tests. On a énormément de choses à faire avec la nouvelle voiture [de 2026], donc il y a beaucoup de travail en simulateur."
"En gros, on travaille au développement de la voiture. Il y a beaucoup d'éléments à tester, que les ingénieurs veulent essayer, et notre rôle est de tout tester, de leur donner un maximum de retours, puis parfois d'évaluer les nouvelles évolutions de la voiture. C'est ça notre travail dans le simulateur : être très précis dans nos feedbacks et fournir un maximum d'informations en pilotant."
Tenante du titre du championnat 100% féminin de F4, la Française s'apprête aussi à jouer les mentors auprès de la nouvelle protégée de Mercedes en F1 Academy, Payton Wescott, déjà auteure d'une troisième place lors de la manche ouverture en Chine.
"À côté de ça, je serai également présente sur les courses de la F1 Academy pour aider Payton Wescott, qui est la nouvelle pilote F1 Academy chez Mercedes. Je serai là pour partager mon expérience et essayer de l'aider à progresser dans sa jeune carrière, puisqu'elle n'a que 16 ans."
Doriane Pin a intégré l'académie Mercedes en 2024, à l'issue de sa première saison LMP2 en WEC en 2023.
Les journées des pilotes de développement sont particulièrement chargées : de 8h à 18h – voire plus lors des week-ends de course –, ils enchaînent les sessions en simulateur, cumulant souvent plus d'une centaine de tours. Des outils à la pointe de la technologie, qui impressionnent notamment par leur niveau de réalisme.
"C'est très réaliste par rapport à la vraie voiture, que je n'ai pas encore conduite mais que je pourrais peut-être piloter cette année lors d'un test privé", a expliqué Doriane Pin. "C'est très réaliste… c'est exactement la même voiture que dans la réalité. On peut vraiment faire du très bon travail dans le simulateur, et ça se traduira concrètement sur la piste."
Néanmoins, malgré ce niveau de réalisme, le simulateur reste différent d'une véritable Formule 1. Interrogée sur la principale différence, Doriane Pin a évoqué l'appui aérodynamique, bien plus important en conditions réelles.
Pour autant, le simulateur est loin d'être simple à appréhender et demande une certaine expérience pour en tirer le meilleur. "C'est un grand cap, c'est sûr", a d'ailleurs souligné la Française. "Je ne suis pas quelqu'un qui a énormément fait de simulateur par le passé. J'en ai fait pendant le Covid évidemment, puisqu'il n'y avait pas de courses."
Doriane Pin a été titrée championne de F1 Academy en 2025 lors de la dernière manche de la saison à Las Vegas.
Photo de: Patrick T. Fallon / AFP via Getty Images
"Mais il faut un temps d'adaptation et il y a beaucoup de choses à gérer. Ça reste une F1, avec énormément d'aspects techniques à apprendre. Les ingénieurs sont là pour nous aider, et ils sont nombreux. Ils travaillent à plein temps à Brackley [usine de Mercedes] avec les pilotes qui viennent au simulateur. Donc oui, c'est très complexe, mais aussi très intéressant pour nous."
Un test confirmé après de bons résultats au simulateur
Doriane Pin a annoncé en début de saison qu'elle devrait participer à un test en Formule 1 cette année. Elle deviendrait ainsi la sixième femme à prendre le volant d'une F1 lors d'essais depuis les années 2000, après Katherine Legge en 2005, María de Villota en 2011 et 2012, Simona de Silvestro en 2014, Susie Wolff entre 2012 et 2015 et Jessica Hawkins en 2023.
Tout en précisant que son baquet n'avait pas encore été moulé, Pin a expliqué que la décision de lui offrir cette opportunité était notamment liée à ses bonnes performances au simulateur.
"Il fallait d'abord voir comment ça se passait dans le simulateur et envisager la suite ensuite. Et comme ça s'est bien passé – même très bien - ils ont eu l'idée de m'offrir un test privé pour me donner une chance de piloter la vraie voiture."
"De mon côté, je pousse aussi beaucoup pour ça, parce que je veux vraiment avoir ma chance de piloter et montrer mon potentiel. Mon objectif, c'est d'arriver en F1, donc je veux être totalement prête avant de monter dans une vraie voiture."
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