La F1 veut modifier les règles 2025 face à des données aéro alarmantes

Selon les informations de Motorsport.com, les responsables de la Formule 1 sont prêts à agir en vue de 2025 pour inverser la tendance actuelle qui marque un retour à des monoplaces de plus en plus difficiles à suivre.

Sergio Perez, Red Bull Racing RB19, George Russell, Mercedes F1 W14

Depuis le début de la saison 2023 de Formule 1, les pilotes ont remarqué que les progrès constatés l'an passé dans le domaine aérodynamique, en particulier la plus grande facilité à suivre les monoplaces, ont connu un net coup d'arrêt. En effet, avec le développement des voitures dans le cadre de la seconde saison de la réglementation technique actuelle, les perturbations aéro semblent avoir fait leur retour de façon spectaculaire.

La FIA a déjà été alertée sur la situation et a mené une analyse qui a révélé que les Formule 1 à effet de sol version 2023 ont fait reculer de moitié les progrès qui avaient été constatés en 2022 concernant la perte d'appui d'une voiture roulant juste derrière une autre. En 2021, une F1 située à deux longueurs d'une autre perdait plus de 50% de son appui, chiffre qui avait été réduit à 20% l'an passé. En 2023, il est reparti à la hausse, avec une perte de 35% d'appui.

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Juste après le Grand Prix d'Italie, dernière épreuve en date, Carlos Sainz a d'ailleurs fait une remarque sur le sujet en conférence de presse : "Ces voitures, depuis le début de l'année, commencent à se rapprocher de celles de 2021 ou 2020, et il est difficile de les suivre."

En toute logique, la situation ne devrait pas s'arranger l'année prochaine et il est désormais trop tard pour espérer pouvoir imposer de tels changements aux écuries, d'autant plus qu'elles sont déjà largement engagées dans le processus autour de leur future monoplace. Aussi, la FIA évalue ce qu'il sera possible de faire à l'horizon 2025.

Dans un entretien exclusif avec l'édition italienne de Motorsport.com, le responsable monoplace de la fédération, Nikolas Tombazis, s'est longuement penché sur la problématique : "Si nous nous basons sur les F1 de 2021, à deux longueurs de la voiture qui les précède, elles perdaient plus de 50% de la charge [aérodynamique]. Avec les monoplaces 2022, la perte d'appui n'était que de 20%. Aujourd'hui, nous en sommes à environ 35%. Il y a certainement eu une aggravation et, sur ce point, Carlos a raison. Nous avons identifié ce sur quoi nous devons agir."

Face aux ressources déjà engagées par les équipes pour 2024 mais surtout au fait qu'à ce stade de la saison, il y a de fortes chances pour que les résistances soient quoi qu'il arrive trop fortes pour une modification des règles, la FIA va se concentrer sur la recherche d'une solution pour 2025 en espérant profiter du temps imparti pour améliorer la situation.

"Nous étudions des solutions pour 2025", a ajouté Tombazis. "Nous avons identifié certaines pièces des voitures sur lesquelles agir, comme la plaque d'extrémité de l'aileron avant, le côté du plancher et les ailettes à l'intérieur des roues [autour des écopes de freins]. Nous pourrions établir des règles un peu plus restrictives dans ces domaines. Il est clair que nous n'avons plus l'avantage de 2022 et nous savons donc qu'il y a du travail à faire."

Le développement de solutions dites "outwash", qui visent à écarter le flux d'air de la voiture ou des pneus, joue un rôle majeur dans cette dégradation des conditions en piste. En écartant l'air sur son passage, une monoplace réduit ainsi la densité et la qualité du flux bénéficiant à la voiture suiveuse.

Tombazis admet que certains aspects du développement actuel des voitures ne favorisent pas la course, tout en estimant que la FIA ne peutt pas interférer dans ce domaine. "Nous avons le droit d'agir sur les carrosseries flexibles lorsque nous voyons quelque chose qui ne nous convainc pas, car le règlement dispose que les pièces soient fixées de manière rigide et immobile. En réalité, nous savons que ce n'est pas [strictement] possible, et nous avons donc le droit de faire preuve de bon sens."

"Le règlement ne nous permet pas d'agir sur des éléments qui ne nous plaisent pas sur les voitures. Il y a plusieurs aspects de l'interprétation du règlement aérodynamique que nous n'aimons pas pour le moment, mais pour changer quelque chose, nous devons passer par les procédures pour parvenir à un large consensus."

"Nous avons parfois essayé de changer les choses, mais nous n'avons pas toujours obtenu le résultat que nous souhaitions. Je pense que 90% des règlements sont conformes à ce que nous voulions et qu'il y a 10% que, avec le recul, nous aurions fait différemment."

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Avec Franco Nugnes et Jonathan Noble

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