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Faut-il sauver le soldat Hamilton ?

Concluant une première partie de saison mitigée, Lewis Hamilton a signé en Hongrie son plus mauvais résultat avec Ferrari, n'inscrivant pas le moindre point. C'est surtout son attitude qui a inquiété, mais ceux qui refusent de croire à une fin amère sont encore nombreux.

Lewis Hamilton, Ferrari

Photo de : Clive Rose / Getty Images

Douzième du Grand Prix de Hongrie dans l'anonymat, Lewis Hamilton a conclu sa course laborieuse la tête basse. "Je suis vraiment désolé pour ce week-end, les gars, de vous avoir fait perdre des points", a-t-il réagi à la radio sous le drapeau à damier. Le point final d'un week-end où le septuple champion du monde est apparu quasiment déprimé, se jugeant lui-même "complètement inutile" à Ferrari la veille, après son élimination en Q2.

À l'heure de la trêve estivale, les images de son arrivée soignée, millimétrée et sans faute à Maranello en fin d'hiver paraissent déjà loin. Celles de sa pole et de son succès en sprint à Shanghai aussi. Sur le Hungaroring, le Britannique a vécu son pire week-end de l'année, enregistrant son tout premier zéro pointé depuis qu'il a rejoint la Scuderia. 

Interrogé par Sky Sports dimanche après-midi quant à ses propos déroutants de la veille, Lewis Hamilton est resté mystérieux. "Quand on ressent des choses, c'est comme ça. Il se passe beaucoup de choses en coulisses qui ne sont pas géniales", a-t-il répondu, avant d'assurer qu'il avait encore "la passion" et de promettre d'user au mieux de la pause à venir, comme pour tordre le cou aux plus folles rumeurs. 

"Ce week-end a été difficile, et il faut tourner la page", a-t-il promis un peu plus tard. "Nous n'avons pas réussi à progresser autant que nous l'espérions, mais je suis reconnaissant pour les efforts fournis par toute l'équipe tout au long du week-end. Maintenant, place à la pause. Je vais en profiter pour me recentrer, recharger les batteries et revenir plus fort. Je ne suis pas encore là où je veux être, mais le combat n'est pas terminé, ce n'est pas fini pour moi."

Lewis Hamilton n'a pas inscrit le moindre point en Hongrie.

Lewis Hamilton n'a pas inscrit le moindre point en Hongrie.

Photo de: Michael Potts / LAT Images via Getty Images

Grand artisan de l'arrivée de Lewis Hamilton chez Ferrari, Frédéric Vasseur, fraîchement conforté à la tête de la Scuderia, a un dossier brûlant sur la table. Lui qui avait appelé au plus grand des calmes lors du coup d'éclat de sa recrue en Chine souligne là aussi le besoin de tranquilliser une situation qui, il le reconnaît, est forcément frustrante. 

"Je n'ai pas besoin de le motiver", explique le Français. "Honnêtement, il est frustré, mais pas démotivé. Oui, il est exigeant. Mais je pense que c'est aussi pour ça qu'il est septuple champion du monde. Il est exigeant avec l'équipe, avec la voiture, avec les ingénieurs, avec les mécaniciens, et aussi avec moi. Parfois, juste après la course ou les qualifications, on est très déçu, et la première réaction peut être dure. Je comprends la frustration, mais nous sommes tous frustrés."

"C'est certain que quand on est septuple champion du monde, que son coéquipier est en pole et qu'on est éliminé en Q2, c'est une situation difficile. Mais dans l'ensemble, on peut aussi regarder les choses de plus près : il était devant Charles en Q1, et à seulement un dixième en Q2 lors de sa première tentative. Je suis sûr qu'il va rebondir et qu'il va retrouver son niveau de performance."

Lui-même agacé par le scénario d'un Grand Prix de Hongrie qu'il a un temps cru pouvoir gagner, Charles Leclerc est également venu au soutien de son coéquipier, jouant à 100 % la carte collective.

"Au final, nous sommes une seule et même équipe, et même si je veux finir devant Lewis, je veux que nous réussissions tous les deux, et que Ferrari réussisse", a souligné le Monégasque. "Évidemment, ce week-end a été difficile pour Lewis, mais je n'ai aucun doute que c'est un cas isolé, et je suis sûr que la deuxième partie de la saison sera bien plus positive."

Le paddock croit au sursaut

Lewis Hamilton reste très soutenu.

Lewis Hamilton reste très soutenu.

Photo de: Ferrari

Les soutiens internes répondent à une logique évidente, mais ils ne sont pas dissonants dans le paddock. Malgré un début d'histoire contrarié, nombreux sont ceux qui veulent encore croire au retour en grâce de Lewis Hamilton en rouge. 

"Lewis est un joyau, c'est un athlète incroyable", a tenu à rappeler Stefano Domenicali, PDG de la F1, au micro de Sky Sports. "Donc même si le moment est difficile, il saura réagir, et je suis persuadé qu'il montrera pourquoi il est ici. Il veut décrocher son huitième titre, et il triomphera à nouveau. Alors restez derrière Lewis, il sera très, très fort après la pause estivale."

Toto Wolff ne doute pas non plus. Patron et compagnon de route des plus grands succès du pilote chez Mercedes, il ne veut pas croire à une fin morose de l'histoire. 

"Lewis exprime ce qu'il ressent. C'est ce qu'il pensait vraiment lorsqu'on lui a posé la question juste après la séance, à chaud", observe-t-il quant aux propos de Lewis Hamilton après les qualifications à Budapest. "Il doutait de lui-même, et ce n'est pas la première fois. Lorsqu'il estime ne pas avoir été à la hauteur de ses propres attentes, alors que l'équipe avait aussi ses objectifs, il réagit comme ça. Il est émotionnel, et il l'a toujours été, depuis qu'il est tout jeune, presque adolescent. Donc, oui, il va s'en vouloir."

"C'est le GOAT. Et il le restera toujours. Personne ne lui enlèvera ça. Et sûrement pas un week-end isolé ou une saison qui ne s'est pas déroulée comme prévu. Lewis a encore des choses à accomplir en Formule 1. De la même manière que Mercedes n'a pas été à la hauteur avec ce nouveau règlement depuis 2022, lui non plus ne s'est jamais vraiment senti en phase avec les voitures à effet de sol. Dans un sens, ça le met en difficulté. C'est peut-être lié à son style de pilotage."

"Il ne devrait pas partir. L'an prochain, les voitures seront entièrement nouvelles, complètement différentes à piloter, avec de nouveaux moteurs qui demanderont une vraie intelligence dans la gestion de l'énergie. C'est exactement le genre de défi fait pour Lewis. J'espère qu'il restera encore de nombreuses années. En tout cas, l'année prochaine sera une saison très importante."

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