Hamilton veut instiller son "ADN" dans la Ferrari 2026
Au volant d'une Ferrari qu'il peine à totalement maitriser, Lewis Hamilton espère pouvoir insuffler à la future F1 de l'écurie italienne des caractéristiques qui lui correspondent mieux.
Photo de : Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images
Depuis son arrivée chez Ferrari, Lewis Hamilton a souvent répété qu'il ne se sentait pas forcément à son aise au volant de la SF-25, dernière monoplace du cycle réglementaire actuelle, et qui a été développée en grande partie sous Charles Leclerc et Carlos Sainz.
Le septuple champion du monde a, lors des derniers Grands Prix, pris le parti de se rapprocher des réglages de son équipier monégasque après un début de saison relativement infructueux à explorer d'autres pistes correspondant a priori mieux à son style de pilotage. Pour l'avenir, son objectif est clair : faire en sorte d'avoir plus d'influence sur les caractéristiques de la F1 2026 produite à Maranello.
Je travaille avec Loïc [Serra] et avec tous les gens à l'usine pour m'assurer que la future voiture aura naturellement un peu plus de mon 'ADN' en elle.
"Cette année, avec cette voiture, il y a... Évidemment, nous avons beaucoup d'outils différents, de façons dont on peut régler la voiture", a expliqué le Britannique à Silverstone. "Bien sûr, Charles est là depuis longtemps, et il a participé à l'évolution et au développement de cette voiture. Il y est très habitué. Ils ont trouvé, et il a trouvé, une façon de faire fonctionner la voiture. Et j'ai essayé d'aller dans toutes les autres directions qui devraient fonctionner, mais ce n'est tout simplement pas le cas, pour diverses raisons. Et j'ai lentement glissé vers la position dans laquelle Charles fait rouler la voiture."
"[Lors du GP d'Autriche], je n'ai jamais été aussi proche [de cette position], et notre rythme n'a jamais été aussi proche. C'est toujours difficile, l'équilibre est compliqué et il n'est pas confortable. Ce n'est pas quelque chose que je veux pour l'avenir. Donc je travaille avec Loïc [Serra, directeur technique châssis] et avec tous les gens à l'usine pour m'assurer que la future voiture aura naturellement un peu plus de mon 'ADN' en elle. Et, avec un peu de chance, nous pourrons obtenir certaines des caractéristiques que j'espère pour l'année prochaine."
Ferrari veut avant tout une voiture rapide
Jérôme d'Ambrosio, directeur adjoint de Ferrari.
Photo de: Zak Mauger / LAT Images via Getty Images
Interrogé sur cette volonté affichée par son pilote, le directeur adjoint de Ferrari, Jérôme d'Ambrosio a tenu à se montrer plus prudent sur le sujet, expliquant à la fois que l'écurie allait écouter les deux pilotes mais également que le travail de l'équipe technique était en premier lieu de produire une monoplace performante, qu'importe ses caractéristiques initiales, équipée d'outils pour ensuite mieux l'adapter à chacun des pilotes.
"Il est évident que vous écoutez les commentaires du pilote. Pas d'un seul pilote, des deux. En fait, c'est amusant parce que lorsque vous organisez les réunions à l'usine, les pilotes convergent souvent sur ce qu'ils attendent conceptuellement, disons, de la voiture. Nous avons donc ces discussions, nous essayons de prendre ces choses en considération."
"Évidemment, il y a une partie du développement qui consiste simplement à apporter un package qui maximise l'appui aérodynamique et la performance, mais ensuite il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire pour vous assurer que les pilotes ont les outils et tout ce qu'il faut pour essayer de travailler et de s'assurer [...] d'être capable de travailler avec la voiture pour s'adapter autant que possible à leur style de pilotage."
"Il y a deux phases, je ne pense pas que ce soit complètement déconnecté, comme je l'ai dit. Mais dans l'ensemble, il y a des équilibres avec la voiture qui apportent la performance. Puis, dans la deuxième phase, il y a les détails dont le pilote peut avoir besoin, et dans ce cas, vous devez absolument écouter les pilotes."
Dans l'ensemble, je pense que vous ne tenez pas compte d'un pilote ou d'un autre, vous essayez simplement de mieux équilibrer la voiture.
"Une partie des choses sur lesquelles nous essayons de travailler est d'améliorer l'équilibre de la voiture et d'aider les pilotes, et il y a de la performance à trouver dans tout cela", a ajouté D'Ambrosio. "Il est parfois plus difficile de prédire le niveau de performance que vous apportez sur la piste en fonction de... S'il s'agit d'aérodynamique, je ne dirais pas qu'il y a une corrélation absolue, mais vous savez souvent quel est le niveau d'appui que vous apportez et à quel point la corrélation est forte avec le temps au tour."
"Il y a des aspects liés à l'équilibre de la voiture, etc., mais aussi aux préférences du pilote, à son confort, à son style de pilotage, et tout cela est pris en considération pour essayer de placer la voiture dans une meilleure position."
"Mais dans l'ensemble, je pense que vous ne tenez pas compte d'un pilote ou d'un autre, vous essayez simplement de mieux équilibrer la voiture, et cela se présente comme un point objectif où vous voyez quand la voiture est trop nerveuse ou trop sous-vireuse en général, et cela apporte de la performance à l'équipe et à la voiture."
"Certains pilotes qui ont une inclination au sous-virage ou au survirage préféreront l'un plutôt que l'autre, mais en fin de compte, nous avons des mesures objectives, des cibles objectives sur la façon dont on apporte de la performance à la voiture et sur quelles sont les limites de la voiture."
La relation Serra/Hamilton
Loïc Serra, directeur technique châssis de Ferrari.
Photo de: Ferrari
Questionné que l'avantage que pourrait apporter la relation entre Hamilton et Serra, qui ont déjà travaillé ensemble du côté de Mercedes et que le pilote a lui-même évoqué, là encore D'Ambrosio a écarté l'idée que cela n'apporterait un avantage qu'au septuple champion du monde. "Nous devons être très prudents dans la manière dont nous interprétons tout cela, parce qu'il y a plusieurs niveaux."
"Loïc et toute l'équipe travaillent actuellement, si on parle du projet 2026, à la construction de la voiture la plus rapide, et là encore, il existe des mesures objectives de ce que vous essayez de faire pour y parvenir. Il y a une deuxième phase qui consiste à s'assurer que les pilotes disposent d'outils pour adapter cet équilibre et le peaufiner d'une manière qui leur convient. Et, dans une certaine mesure, nous devons être prudents lorsque nous disons qu'une voiture est construite autour de ceci ou de cela : la voiture est toujours construite en essayant d'extraire le plus de potentiel, d'avoir le plus d'appui, etc."
"En termes de relation et de communication, le fait que Loïc ait travaillé avec Lewis plusieurs années chez Mercedes aide évidemment à la communication, mais Loïc a une excellente relation avec Charles, comme nous tous, et je pense qu'il est important pour nous et pour la façon dont nous travaillons dans l'équipe de nous réunir plusieurs fois par an avec les deux pilotes, de discuter de tout, de tout mettre sur la table et d'essayer de comprendre quels sont leurs besoins et comment nous pouvons les traduire dans le développement et traduire leurs besoins en performances."
Avec Mark Mann-Bryans et Jake Boxall-Legge
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires