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Ce que vous allez aimer (et ne pas aimer) dans le film "F1" avec Brad Pitt

Le film de Brad Pitt sur la Formule 1 sort dans quelques jours avec pour objectif d'apporter un regard neuf sur la discipline. Attention, spoiler, nos journalistes l'ont vu et décryptent ce qui va plaire, ou ne pas plaire, aux fans pur jus.

Brad Pitt dans le film "F1"

Brad Pitt dans le film "F1"

Photo de : Getty Images

F1® le film, superproduction américaine sur la Formule 1, sort au cinéma en France la semaine prochaine. Avant son avant-première parisienne ce soir, voici ce que nos journalistes retiennent de la présentation mondiale qui se tenait mardi soir à New York, en présence de certains pilotes.

Après la série Netflix Drive to Survive, ce nouveau mariage entre F1 et États-Unis a pour but évident de faire grandir la visibilité du championnat de l'autre côté de l'Atlantique. Mais la question est aussi de savoir ce qu'en penseront les fans historiques de la Formule 1. Et soyons clairs, le film fonctionne très bien par certains aspects, moins par d'autres !

Un film d'action à 100%

Les producteurs du film ont acheté six F2 pour tourner les scènes d'action. Pour filmer, ils ont repris une technologie de caméras miniatures utilisée en 2022 pour le film Top Gun : Maverick, du même réalisateur Joseph Kosinski, en la rendant non seulement plus petite et plus légère afin qu'elle s'intègre bien sur la voiture, mais aussi en améliorant la qualité des images.

En collaboration avec Sony, les caméras ont été réduites à un quart de la taille de celles utilisées dans le film avec Tom Cruise, ce qui a permis une plus grande flexibilité lors de leur installation dans le cockpit. Cela donne une prise de vue dynamique très réussie et des scènes de course spectaculaires.

L'APXGP lors du tournage du film F1.

L'APXGP lors du tournage du film F1.

Photo de: Sam Bagnall / Motorsport Images

Non seulement la technologie est intelligente et de grande qualité, mais l'un des objectifs des producteurs était de créer le film de F1 le plus authentique qui soit. Pour cela, ils ont fait appel à Lewis Hamilton, coproducteur, qui les a guidés dans les manœuvres de dépassement et a pu repérer les éléments à modifier en post-production. Il a par exemple pu identifier que, dans certaines scènes, la monoplace filmée n'affichait pas le bon rapport de vitesse pour la partie de la piste dans laquelle elle se trouvait.

Clins d'œil et références

Il a été dit dès le départ que ce film ne s'adresserait pas aux fans hardcore de la Formule 1. Pourtant, il contient quelques clin d'œil qui ne passeront pas inaperçu dans ses 2h35. On y évoque en effet le circuit de Monza, que l'on retrouvait dans le premier film sur la F1, Grand Prix, sorti en 1966 et réalisé par John Frankenheimer.

Il y a également une référence à Ayrton Senna, qui intervient comme un élément clé de l'histoire. Bien que les faits aient été modifiés, on retrouve aussi le terrible accident dont Martin Donnelly a été victime à Jerez en 1990, lorsque sa Lotus a été coupée en deux, utilisé dans le film comme base du personnage interprété par Brad Pitt, Sonny Hayes.

On note aussi l'ironie dans le fait de voir Fernando Alonso féliciter Hayes après que ce dernier a délibérément causé un accident qui profite à son coéquipier, ce qui n'est pas sans rappeler la saga du crashgate au GP de Singapour 2008.

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Des visages familiers, mais dans la figuration

De nombreux pilotes font une apparition dans le film, Frédéric Vasseur et Zak Brown s'y expriment, tandis que Toto Wolff tient un rôle un peu plus long à la fin. Stefano Domenicali, PDG de la F1, apparaît également, en revanche on ne voit pas le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem.

N'ayez cependant pas de trop grosses attentes quant à l'apparition de vos pilotes préférés : cela reste un film de fiction et leur passage devant la caméra se limite à un rôle de figurants. Lewis Hamilton a beau avoir participé à la création du film, on ne le voit qu'en passant, là où d'autres pilotes apparaissent dans des scènes de podium, de façon très limitée.

Peut-être aurait-il été intéressant qu'avec un tel accès au monde de la F1 accordé à ce film, les personnages principaux que sont Sonny Hayes (Brad Pitt) et son coéquipier Joshua Pearce (Damson Idris) interagissent avec leurs rivaux supposés ?

Joshua Pearce (Damson Idris) et Sonny Hayes (Brad Pitt)

Joshua Pearce (Damson Idris) et Sonny Hayes (Brad Pitt)

Photo de: Apple

Ceux qui connaissent la F1 par le prisme de Drive to Survive reconnaîtront en revanche Roscoe, le chien de Lewis Hamilton qui est même crédité au générique, ainsi que Günther Steiner.

Des marques connues

La familiarité d'un certain nombre d'élément contribue cependant à l'authenticité recherchée par le réalisateur du film. En dehors des pilotes et des patrons d'écurie que l'on peut donc apercevoir, on retrouve les marques que les fans ont l'habitude de voir lors des courses de F1. Celles qui apparaissent sur l'APXGP, la monoplace du film, sont toutes mises en avant à différents moments, notamment SharkNinja, IWC et Tommy Hilfiger.

Par ailleurs, et bien que le film ait été tourné en 2023, tous les logos Rolex ont été subtilement supprimés après la fin du partenariat de l'horloger avec la F1… Malin !

La F1, un sport de combat ?

Le personnage interprété par Brad Pitt est une ancienne gloire se voyant offrir une chance de rédemption en obtenant un volant dans une écurie de F1 en difficulté - APXGP - qui perdra sa place sur la grille si les résultats ne s'améliorent pas de façon spectaculaire. Et ce pilote a une approche bien à lui pour faire changer les choses, malgré la voiture "merdique" dont il hérite : il exige une monoplace conçue pour le "combat". Peut-être la marque du réalisateur, également aux manettes de Top Gun : Maverick ?

Il s'avère en tout cas que cette demande s'intègre dans une vision de la course assez cavalière, qui passe notamment par le fait de faire sortir ses rivaux de la piste ou de retarder la sortie des stands pour gêner les autres pilotes. Surprenant de la part de celui qui est le héros du film ! Cela nuit au réalisme des scènes de course, pourtant excellement bien filmées, et donne un esprit plus Hollywood que F1.

Une scène du film

Une scène du film "F1"

Photo de: Apple

Brad Pitt en génie de l'ingénierie

Certains fans voient la Formule 1 comme l'expression du génie technologique, un sport qui repousse les limites de l'industrie automobile et du design. Ceux-là risquent d'être un peu déçus par la façon dont le film aborde l'aspect technique.

Le personnage principal, par exemple, retrouve la grille 30 ans après son départ, période durant laquelle il a piloté tout ce qui lui tombait sous la main pour gagner des clopinettes. Pourtant, il sait immédiatement ce qui manque à cette APXGP quand il monte dedans, fait des demandes audacieuses à la directrice technique de l'écurie, laquelle s'exécute, et, hop, la voiture est soudain en mesure de se battre aux avant-postes. Chapeau !

Notre avis ?

On passe un bon moment, avec un film qui tente de brosser largement le sujet de la Formule 1, mais qui, en fin de compte, réussit plus qu'il n'échoue malgré ces quelques défauts que nous venons de citer. Il a tout pour être un succès auprès du public, parmi les fans de F1 comme en dehors.

Un conseil, quoi qu'il en soit : allez voir le film par vous-même si vous souhaitez vous forger votre propre opinion !

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