Les détails au cœur du débat sur l'accrochage Hamilton/Verstappen

L'accrochage entre Lewis Hamilton et Max Verstappen au Grand Prix de Grande-Bretagne a été l'un des incidents les plus polarisants de la saison 2021 de F1.

Que vous soyez dans le camp de ceux qui croient que Max Verstappen aurait pu laisser plus de place, que Lewis Hamilton était pleinement responsable ou qu'il s'agissait juste d'un incident de course, il y a des éléments cruciaux qui ont été négligés dans le brouillard de la guerre des mots.

Comme beaucoup d'incidents controversés dans un sport de haut de niveau, les choses ne sont pas toujours aussi claires qu'elles le paraissent au premier abord. Il y a des zones d'ombre lorsque des accidents de ce genre se produisent, et c'est souvent en creusant dans les détails que l'on trouve les arguments les plus solides pour expliquer ce qui s'est passé.

Lire aussi :

La critique la plus extrême sur le comportement d'Hamilton est venue du camp Red Bull après la course. Verstappen lui-même a qualifié la manœuvre d'Hamilton de "dangereuse" lorsqu'il a tweeté après la course, tandis que le conseiller en sport automobile de Red Bull, Helmut Marko, est allé encore plus loin en qualifiant le pilote Mercedes d'"imprudent" et de "négligent".

Ces commentaires contrastent avec le calme de l'équipe Mercedes, qui a maintenu qu'elle estimait qu'il n'y avait rien d'anormal. "C'est une situation que vous avez tous vue dans le passé lorsque de grands pilotes s'affrontent", a ainsi éclaré le patron de l'écurie, Toto Wolff. "Lorsque personne n'est prêt à céder, alors ce genre de situation peut se produire. Mais pour moi, il faut être deux pour danser le tango."

Une chose importante à comprendre est que, bien que les commissaires de course aient infligé à Hamilton une pénalité de temps de 10 secondes pour son rôle dans la collision, ils n'ont pas jugé qu'il était entièrement responsable de l'accident. Les communications officielles des commissaires sont toujours rédigées d'une manière très particulière, et ils ont été clairs cette fois-ci : Hamilton a été jugé comme étant "principalement" en faute.

À titre de comparaison, lorsque George Russell s'est vu infliger une pénalité de trois places sur la grille de départ pour son accrochage avec Carlos Sainz dans la course sprint, les commissaires ont clairement indiqué qu'il était entièrement responsable. Dans ce verdict, ils ont écrit : "La voiture 63 est jugée responsable de l'incident."

Mais nous ne saurons jamais si les commissaires ont estimé que Hamilton était responsable à 51%, 60% ou 90%.

On a également beaucoup parlé du fait qu'Hamilton n'était pas complètement à côté de Verstappen, ce qui a incité certains à suggérer qu'il n'avait aucun droit sur le virage. C'est quelque chose que le patron de l'équipe Red Bull, Christian Horner, n'a pas manqué de souligner dans les messages radio adressés au directeur de course de la F1, Michael Masi : "Dans ce virage, il n'a jamais été à côté."

De nombreuses captures d'écran des caméras embarquées de Verstappen/Hamilton ont été réalisées par la suite, montrant effectivement que la Mercedes n'était à aucun moment complètement à côté de la Red Bull. Tout cela semble confirmer l'opinion selon laquelle Verstappen avait tous les droits sur le virage et que toute collision était imputable à l'autre pilote.

Mais ce qu'il est crucial de comprendre lorsqu'il s'agit de définir le droit aux virages, c'est qu'un pilote à l'intérieur n'a pas nécessairement besoin d'être complètement à côté. En effet, lorsqu'il s'agit de tenter un dépassement par l'intérieur, un pilote n'a besoin que d'être "significativement" à côté avant le virage pour prétendre à l'espace.

Lire aussi :

C'est un point auquel Mercedes a fait référence, et il est entendu que cela faisait partie de la communication que Wolff a envoyée par e-mail à Masi et qu'il a ensuite donnée aux commissaires pendant leur enquête sur l'accident. Bien qu'il n'existe pas de règles officielles indiquant au public à quel moment précis un pilote qui tente de dépasser un rival doit pouvoir avoir de l'espace, il existe des directives données aux commissaires à ce sujet.

Bien qu'elles ne soient pas dans le domaine public, elles indiquent qu'un pilote qui dépasse par l'intérieur a le droit de prendre le virage – à condition qu'il le passe "proprement" – s'il y a un "chevauchement significatif" avec la voiture qui le précède.

En revanche, les directives indiquent que si un pilote tente de dépasser par l'extérieur à l'approche d'un virage, il doit être au moins complètement à côté pour avoir le droit à cet espace. C'est sur cette base que Lando Norris s'est vu infliger une pénalité au Grand Prix d'Autriche, car Sergio Perez l'avait complètement dépassé par l'extérieur à l'entrée du virage 4.

L'essentiel de ces critères concernant le moment où la voiture qui dépasse peut revendiquer un virage peut être vu ci-dessous comme un exemple de la façon dont cela fonctionnerait à l'entrée de Copse :

Le responsable de l'ingénierie de piste de Mercedes, Andrew Shovlin, a clairement fait référence à la présence de ces directives dans un document lorsqu'il a expliqué pourquoi Mercedes estimait que la pénalité de Hamilton n'était pas justifiée. "Si vous regardez le guide dont disposent les commissaires pour déterminer qui est en faute en matière de dépassement, Lewis était suffisamment à côté et nous pensons que Max aurait dû lui laisser de la place", a-t-il déclaré.

"Si vous regardez la course sprint, si vous regardez le premier tour de la course principale, Lewis devait constamment lâcher pour éviter une collision, et [cette fois] il a pu mettre sa voiture dans une position où il pouvait tenir bon. Max conduit de manière agressive et il était inévitable qu'un jour, nous ayons un accident. Mais nous sommes satisfaits du travail que Lewis a fait, et légèrement déçus de la pénalité, mais juste soulagés d'avoir pu gagner la course."

Bien sûr, l'interprétation de ce qu'est un "chevauchement significatif" reste ouverte au débat. Cependant, il ne fait aucun doute qu'au moment où Hamilton s'est placé au maximum à côté de Verstappen dans la course vers Copse – son aileron avant était au même niveau que les roues avant de la Red Bull – cela pouvait assurément être considéré comme significatif.

Lire aussi :

Mais le fait qu'il y ait un tel "chevauchement significatif" ne donne pas carte blanche au pilote pour faire ce qu'il veut dans le virage suivant. Les directives suggèrent que le pilote doit encore "prendre le virage proprement", et les commissaires ont estimé que Hamilton ne l'a pas fait.

En s'éloignant légèrement de la corde et en embarquant trop de vitesse, ce qui l'a entraîné dans la trajectoire de Verstappen, Hamilton a manqué une occasion d'éviter l'accident. L'argument selon lequel il fallait suivre la corde a été renforcé plus tard dans la course, lorsque Hamilton s'est rapproché du bord intérieur de la piste pour dépasser Charles Leclerc et gagner la course.

Comme l'a dit Masi : "En grande partie, comme ce qui s'est passé avec Charles [Leclerc] plus tard, il aurait pu, disons, se placer plus près de la corde. Et c'est là qu'ils ont jugé, je pense que la formulation était assez claire selon le règlement, qu'il était le principal responsable. Il n'a pas été considéré comme entièrement responsable, mais comme principalement responsable car il aurait pu se placer plus près de la corde.

En creusant profondément dans les interprétations de la FIA, il est clair que ni Hamilton ni Verstappen n'étaient complètement innocents, ni l'un d'entre eux entièrement à blâmer. Et dans tout accident de ce type où la responsabilité est partagée, cela signifie que l'opinion divisée que nous avons vue depuis la course a peu de chances d'atteindre un consensus.

partages
commentaires
Masi : Les pilotes ont demandé plus de sévérité dans le 1er tour

Article précédent

Masi : Les pilotes ont demandé plus de sévérité dans le 1er tour

Article suivant

Palou : Verstappen et Hamilton ont "fait ce que j'aurais fait"

Palou : Verstappen et Hamilton ont "fait ce que j'aurais fait"
Charger les commentaires
L'avantage inattendu de la course sprint Prime

L'avantage inattendu de la course sprint

Le test des courses sprint en Formule 1 à Silverstone a suscité des réactions mitigées samedi, mais il restait à savoir quel serait son impact sur le Grand Prix de dimanche. Alors que les fans s'émerveillaient du départ de Fernando Alonso, une leçon clé permettait d’anticiper l’accident survenu à Copse le lendemain.

Les conséquences cachées du crash de Verstappen Prime

Les conséquences cachées du crash de Verstappen

Les limitations budgétaires mises en place en 2021 n'ont de cesse d'amener les équipes de pointe à devoir faire de nouveaux compromis pour limiter les dépenses. Ceux-ci sont particulièrement ressentis en situations d'accidents causant d'importants dégâts.

Formule 1
24 juil. 2021
Comment Lawrence Stroll va faire gagner Aston Martin Prime

Comment Lawrence Stroll va faire gagner Aston Martin

Lawrence Stroll est un homme qui aime obtenir ce qu'il veut. Et, en ce moment, ce qu'il veut par-dessus tout, c'est faire de son équipe de Formule 1, Aston Martin, des gagnants et des Champions du monde.

Formule 1
22 juil. 2021
Théo Pourchaire : ses débuts en F2, ses espoirs de titre... et son permis ! Prime

Théo Pourchaire : ses débuts en F2, ses espoirs de titre... et son permis !

Après un week-end bien chargé avec trois courses à Silverstone, quoi de mieux qu'une escale dans le studio londonien de Motorsport.tv ? Théo Pourchaire nous a fait le plaisir de nous rendre visite et s'est exprimé sans tabou sur un grand nombre de sujets, qu'il s'agisse de Formule 1, de Formule 2... ou de son permis de conduire !

FIA F2
21 juil. 2021
Les notes du Grand Prix de Grande-Bretagne 2021 Prime

Les notes du Grand Prix de Grande-Bretagne 2021

Après le Grand Prix de Grande-Bretagne, dixième manche de la saison 2021, nous avons attribué les notes suivantes aux pilotes.

Formule 1
19 juil. 2021
Qualifs Sprint : ce qu'il faut garder et ce qu'il faut changer Prime

Qualifs Sprint : ce qu'il faut garder et ce qu'il faut changer

Au Grand Prix de Grande-Bretagne, la Formule 1 a organisé ses premières qualifications sous la forme d'une course sprint. Il est difficile de tirer des conclusions après un seul essai mais nous trouvons déjà des points positifs et des zones à améliorer.

Formule 1
18 juil. 2021
La F1 de 2022 vue par les pilotes Prime

La F1 de 2022 vue par les pilotes

La présentation du modèle à l'échelle 1 mettant en lumière les changements pour la saison 2022 était avant tout un événement dédié aux spectateurs et fans de F1. Mais il a aussi intéressé les pilotes.

Formule 1
17 juil. 2021
Ce que le concept de 2022 nous apprend sur le futur de la F1 Prime

Ce que le concept de 2022 nous apprend sur le futur de la F1

Sur le circuit de Silverstone, théâtre du Grand Prix de Grande-Bretagne, la Formule 1 a dévoilé un modèle à l'échelle 1 d'une monoplace répondant à la réglementation de la saison 2022.

Formule 1
16 juil. 2021