Leclerc souhaite un meilleur équilibre poids-aéro pour les futures F1
Selon Charles Leclerc, la Formule 1 doit trouver le bon compromis entre réduction du poids minimum et capacités aérodynamiques en vue de l'introduction du nouveau Règlement Technique en 2026.
Présent en Formule 1 depuis 2018, Charles Leclerc a pu constater une augmentation continue du poids minimum des monoplaces, qui a atteint en 2022 un record de 798 kilogrammes, soit près de 200 kg de plus que les F1 de 2009. Assez logiquement, le poids accru a un impact sur le comportement des F1, moins à l'aise qu'autrefois dans les virages lents notamment.
Toutefois, le pilote Ferrari a également pu faire l'expérience d'une augmentation globale du niveau d'appui, la génération actuelle de monoplaces faisant la part belle à l'effet de sol, et donc des performances.
Dans le cadre d'un entretien exclusif avec Motorsport.com, Leclerc a ainsi expliqué que s'il souhaitait ne pas voir le poids des F1 augmenter davantage, une cure d'amaigrissement trop importante aurait un impact négatif sur les performances des machines.
"Je suis arrivé en 2018 et les voitures étaient déjà assez lourdes", a-t-il d'abord indiqué. "J'ai piloté une voiture de 2003 à Abu Dhabi avec 50 kilos de carburant, on pouvait clairement sentir la différence avec les voitures d'aujourd'hui. Je n'aime pas les voitures lourdes. En ce qui concerne l'agilité de la voiture et les virages à basse vitesse, on sent vraiment le poids."
"Mais ce que l'on connaît à moyenne et haute vitesse, avec l'appui dont on dispose aujourd'hui, est incroyable par rapport à il y a 12 ou 13 ans, et c'est très impressionnant. Je pense donc [qu'il faut] un équilibre. Je ne voudrais pas dépasser le poids actuel, c'est sûr, mais la légèreté compromet également l'aérodynamique parce que la voiture est énorme, et elle génère beaucoup plus d'aérodynamique qu'il y a 12 ans."
Au cours des derniers mois, les dirigeants du Championnat du monde de F1 et de la FIA ont fait part de leur volonté de rendre les F1 plus légères en 2026, qui verra la mise en place d'un nouveau Règlement Technique. Ainsi, récemment, Nikolas Tombazis, responsable monoplaces de la fédération, a déclaré à Motorsport.com que l'objectif était de réduire le poids de 50 kg.
Comme l'a expliqué Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, à Motorsport-Total.com, publication sœur de Motorsport.com, la réduction du poids des F1 est essentielle dans la réalisation de l'objectif de neutralité carbone fixé pour la saison 2030.
"Nous examinons ça. C'est faisable et ce serait mieux pour toutes les parties concernées", a-t-il déclaré. "Cela nous ramène à la raison principale pour laquelle nous faisons cela, qui est de nous assurer que nous atteignons ce que nous avons promis, c'est-à-dire une réduction de 80% des émissions."
"Nous sommes peut-être un peu trop optimistes. Notre objectif est une réduction de 80%, qui provient d'une voiture plus légère, du moteur à combustion interne, de la batterie, de l'aérodynamique, de la réduction [de la consommation] de carburant. Tous ces éléments combinés font la différence. Si vous en retirez un de l'équation, nous n'atteindrons pas notre objectif."
Propos recueillis par Jonathan Noble et Christian Nimmervoll
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