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Quand McLaren veut devenir Luke Skywalker après avoir été Dark Vador

Assurer l'héritage d'un glorieux passé tout en rompant avec une image jugée parfois glaçante, c'est la philosophie assumée par Zak Brown à la tête de McLaren.

Oscar Piastri, McLaren MCL38, quitte son stand

Photo de : Glenn Dunbar / Motorsport Images

Quitter le côté obscur de la force pour triompher dans la lumière, c'est l'analogie à laquelle se risque Zak Brown pour évoquer sa philosophie à la tête de McLaren. Sous sa direction, l'écurie de Woking a renoué l'an dernier avec un titre mondial des constructeurs qu'elle n'avait plus remporté depuis 1998. La mission la plus complexe débute peut-être : prolonger ce succès et s'installer de nouveau de manière pérenne au sommet de la Formule 1.

Le PDG de McLaren Racing veut depuis plusieurs années replacer l'équipe anglaise tout en haut de la grille et son pari est déjà une réussite en ce sens, mais il entend aussi changer durablement l'image de la structure en rompant avec un passé qu'il ne souhaite surtout pas dénigrer. À chacun son époque ?

"Si je compare ça à Star Wars, McLaren a longtemps joué le rôle de Dark Vador : sombre, froid, terrifiant", estime Zak Brown dans les colonnes d'Auto Motor und Sport. "Nous essayons de ressembler un peu plus à Luke Skywalker désormais : beaucoup d'énergie positive, de la couleur, de la jeunesse. C'est le fan en moi qui parle."

"Ron Dennis est l'une des trois plus grandes légendes du sport automobile avec Enzo Ferrari et Bernie Ecclestone. Ils ont créé ce qu'est la Formule 1 aujourd'hui. J'aimerais figurer sur cette liste, mais je n'oserais jamais y mettre mon nom aujourd'hui. J'ai gagné six Grands Prix avec McLaren... Ron n'a que des titres à son actif."

"Mais je me sens déjà comme le capitaine d'une équipe incroyable qui veut être à la hauteur du succès que McLaren a connu en F1 pendant de nombreuses années. La couleur orange papaye est devenue une marque : c'est plus qu'une peinture, c'est une philosophie. Ce que nous offrons aux fans, la construction de la marque, les sponsors... je crois que nous avons fait beaucoup de progrès dans ce domaine."

Les directeurs d'écurie d'aujourd'hui ne peuvent plus être comparés à ceux du passé.

Zak Brown célébrant le titre constructeurs de McLaren à Abu Dhabi.

Zak Brown célébrant le titre constructeurs de McLaren à Abu Dhabi.

Photo de: Lubomir Asenov / Motorsport Images

Fier de ramener McLaren au premier plan, Zak Brown est surtout convaincu d'avoir fait les bons choix dans un environnement qui n'est plus le même qu'au tournant du XXIe siècle. Sa vision et sa mise en place d'une organisation nouvelle portent leurs fruits et ne peuvent pas être mises en comparaison l'époque à laquelle Ron Dennis tenait les rênes de l'écurie.

"Les directeurs d'écurie d'aujourd'hui ne peuvent plus être comparés à ceux du passé", insiste l'homme d'affaires américain. "Si l'on veut faire les choses correctement, il faut avoir un directeur d'équipe et un directeur général. Andrea [Stella] ne s'occupe que de l'équipe, et je m'occupe du reste."

"J'ai le sentiment de travailler pour l'équipe, et non l'inverse. Mon travail est de soutenir Andrea avec les ressources financières et les questions politiques. Si Andrea était distrait par les médias, le marketing, les contacts avec les actionnaires ou les sponsors, il ne pourrait pas faire le travail qu'il fait."

"Avec lui, je savais dans quoi je m'engageais. Nos personnalités s'accordent et nous nous complétons dans notre travail. La même chose s'applique aux autres dirigeants. Si l'on veut réussir, il faut avoir une culture où les gens se font confiance."

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