Mercedes change tout pour 2024 : "C'est un cas particulier"
Mercedes va radicalement changer de concept de monoplace en 2024, et le Grand Prix de São Paulo a, selon Toto Wolff, confirmé la nécessité de cette décision.
Mercedes travaille d'arrache-pied sur une monoplace fondamentalement différente pour 2024, et ce n'est pas le catastrophique Grand Prix de São Paulo qui lui fera regretter cette décision. Il y a un risque dans le fait de changer radicalement de direction et de repartir quasiment de zéro après deux années passées à développer la base actuelle, mais l'écurie allemande est aujourd'hui convaincue que son concept actuel n'a plus aucun avenir.
Le manque de rythme criant de la W14 à Interlagos, que l'écurie peine encore à expliquer bien qu'il repose selon elle sur de multiples facteurs, met en avant selon Toto Wolff la folie que serait la volonté d'en poursuivre à tout prix le développement. Pour le directeur de l'écurie de Brackley, l'épreuve brésilienne n'a pas mis en lumière un manque de compréhension de l'actuel Règlement Technique mais bel et bien cette nécessité de tout reprendre à zéro, ou presque.
"Je pense que ça confirme que les mesures que l'on a prises sont nécessaires", assure-t-il. "Au moins, ça confirme que la trajectoire d'un changement fondamental est la bonne. L'an dernier, on a quitté Interlagos après avoir démoli la concurrence le samedi et le dimanche, en se disant : est-ce que c'est une bonne chose de continuer avec le châssis que l'on a ? Maintenant, c'est assez clair. C'est affreux pour toute l'équipe. J'aimerais que l'on puisse commencer la nouvelle saison et se concentrer sur la nouvelle voiture."
Mercedes, qui n'a pas vu venir l'ampleur de telles difficultés avant la course sprint le week-end dernier, s'est retrouvé dans la confusion la plus totale. On le sait, la possibilité de changer tous les réglages a été rapidement écartée pour des raisons liées à la nature du tracé et au gros désavantage d'un départ depuis la voie des stands, mais Toto Wolff admet que l'équipe ne savait de toute façon pas ce qu'elle devait modifier.
"On ne savait pas fondamentalement ce que l'on aurait changé, car il y a un problème beaucoup plus important", confesse-t-il. "On y a pensé, mais quand on cherche à maximiser les points, c'est probablement mieux de partir [depuis la grille]."
"Cette voiture [2023] dans sa globalité, son développement, c'est plus un pansement que l'on applique sur quelque chose qui ne va pas", ajoute-t-il.
Si Mercedes tente de mettre toutes les chances de son côté pour 2024, Toto Wolff refuse de se laisser aller au moindre excès de confiance, car si l'approche est d'après lui la bonne, la mettre en œuvre correctement demeure évidemment le plus grand défi à relever.
"En 13 ans, je ne me suis jamais senti optimiste ou confiant", assure-t-il. "C'est peut-être plus mon problème, et ça vient peut-être de mon cerveau : je vois toujours le verre à moitié vide. Mais ce que l'on sait, c'est que l'on change complètement la voiture et que c'est un cas particulier par rapport aux huit dernières années, où l'on était aux avant-postes, solides, avec la structure et les gens pour être performants devant."
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