Passer au contenu principal

Recommandé pour vous

Bagnaia sait qu'il doit s'améliorer sur un type précis de circuit

MotoGP
GP de Hongrie
Bagnaia sait qu'il doit s'améliorer sur un type précis de circuit

Comment Hamilton et Ferrari ont tendu le piège parfait à Mercedes

Formule 1
GP de Barcelone-Catalogne
Comment Hamilton et Ferrari ont tendu le piège parfait à Mercedes

Malgré un FCY au pire moment, Cadillac estime que Toyota était imbattable

WEC
24 Heures du Mans
Malgré un FCY au pire moment, Cadillac estime que Toyota était imbattable

Dans l'ombre de Hamilton, Leclerc peine à vraiment se réjouir

Formule 1
GP de Barcelone-Catalogne
Dans l'ombre de Hamilton, Leclerc peine à vraiment se réjouir

Bulega a le soutien total de Ducati : son avenir repose sur VR46

MotoGP
Bulega a le soutien total de Ducati : son avenir repose sur VR46

Un problème de capteur a failli faire perdre les 24 Heures du Mans à Toyota

WEC
24 Heures du Mans
Un problème de capteur a failli faire perdre les 24 Heures du Mans à Toyota

Red Bull refuse de rendre le trophée de Monaco à Gasly

Formule 1
Red Bull refuse de rendre le trophée de Monaco à Gasly

"Pas efficace" sur la KTM, Viñales a compris comment Acosta fait la différence

MotoGP
GP de Hongrie
"Pas efficace" sur la KTM, Viñales a compris comment Acosta fait la différence

Le dernier geste antisportif de Michael Schumacher

L'incident du "parking de la Rascasse" de Michael Schumacher lors du Grand Prix de Monaco de 2006 a été le dernier épisode d'une carrière controversée.

Michael Schumacher, Ferrari

Photo de : Charles Coates / LAT Images via Getty Images

Rétro : Dans l'Histoire des sports méca

Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.

La carrière de Michael Schumacher en Formule 1 est entrée dans la légende en raison de son talent de pilote exceptionnel et de ses succès sans précédent, mais aussi de certaines manœuvres qui ont fait polémique, dont son dernier coup de vice s'étant produit le 27 mai 2006.

Au moment d'aborder le Grand Prix de Monaco 2006, Schumacher accusait déjà un retard de 15 points sur le leader du championnat, Fernando Alonso, la victoire en course rapportant à l'époque 10 points.

Cette situation résultait du début de saison extrêmement solide du champion en titre, qui comptait trois succès et autant de deuxièmes places en six courses, tandis que Schumacher avait échoué à terminer dans le top 2 lors de deux épreuves, signant une modeste sixième place en Malaisie et abandonnant après un accident lors du GP d'Australie.

Les essais libres de Monaco, bien que pas tout à fait représentatifs de la hiérarchie, ont une nouvelle fois mis en évidence la vitesse de Renault, Alonso ayant dominé deux séances et devancé son rival pour le titre lors des trois sessions.

Fernando Alonso (Renault)

Fernando Alonso (Renault)

Photo de: Gareth Bumstead

Kimi Räikkönen (McLaren) devançait Alonso en Q1 et Q2, tandis que Schumacher s'était classé respectivement 13e et 5e - ce qui laissait présager une course difficile pour le septuple champion du monde sur un circuit où les dépassements sont plus difficiles qu'ailleurs -, même s'il n'était qu'à moins d'un dixième de l'Espagnol lors du deuxième segment.

Comme ce fut le cas lors de l'introduction du nouveau format Q1-Q2-Q3, un règlement quelque peu mal conçu conduisait à ce que la première partie de la Q3 soit consacrée à de la consommation de carburant.

Räikkönen a signé le premier temps de référence en 1'14"140, que Schumacher a amélioré avec un chrono de 1'13"898. Alonso n'a pas pu égaler cette référence, se contentant d'un temps de 1'13"980 lors de sa première tentative.

L'arrêt en piste de Schumacher

Après avoir changé de pneus, les pilotes avaient le temps de faire un dernier tour lancé. Schumacher était cependant à 0"190 de son meilleur temps à l'entrée du troisième secteur. À La Rascasse, la Ferrari a tiré droit vers le mur, s'arrêtant à quelques centimètres de la barrière. Le drapeau jaune qui s'en est suivi a empêché Alonso de dépasser son rival, pour 0"064.

"La première tentative était bonne, mais pas parfaite", commentait Schumacher lors de la conférence de presse d'après-qualifications. "J'ai vu que mes temps par secteur étaient pratiquement identiques [lors du deuxième tour]."

"C'était malheureusement un tout petit peu trop. Je suis arrivé dans ce que je crois s'appeler Rascasse, l'avant-dernier virage, j'ai bloqué l'avant et je suis parti tout droit. Je ne sais pas trop ce qui s'est passé après ça, car je n'étais pas au courant du positionnement des voitures et tout."

"Finalement, j'ai demandé aux gars : 'Quelle est la situation, où en sommes-nous ?', car évidemment je ne m'attendais pas à me retrouver à ce moment-là dans cette position, et ils m'ont répondu 'P1', donc évidemment j'étais content de tout ça… de ce qui s'est passé."

Cela n'a pas convaincu les journalistes, qui ont continué à presser Schumacher de questions. "Non, je n'ai pas triché - et je trouve ça assez dur qu'on me demande si je l'ai fait", a-t-il rétorqué.

Fernando Alonso et Michael Schumacher lors de la conférence de presse d'après-qualifications.

Fernando Alonso et Michael Schumacher lors de la conférence de presse d'après-qualifications.

Photo de: Charles Coates / LAT Images via Getty Images

"J'y suis allé un peu trop fort dans ce dernier virage. Je ne savais pas que j'étais en tête, alors j'ai vraiment attaqué dans ce tour."

"Je suis entré fort dans le virage, j'ai bloqué l'avant et je suis parti au large. J'ai demandé aux gars quelle était ma position et ils m'ont dit que j'étais en P1."

"Au départ, la voiture n'avait pas calé, mais il m'était impossible de faire marche arrière à cause du trafic derrière moi. Je savais que des voitures arrivaient derrière, mais je ne les voyais pas assez bien pour juger du moment où je devais m'engager. Puis le moteur a calé."

"Quoi que vous fassiez dans certains moments, vos adversaires croient une chose et ceux qui vous soutiennent en croient une autre."

Mais cette manœuvre a tout de même suscité des soupçons dans le paddock, en particulier chez Renault. "Ce n'est pas comme s'il avait percuté les barrières - il a simplement garé la voiture. Je n'arrive pas à y croire", s'est emporté le directeur de l'écurie, Flavio Briatore.

Flavio Briatore (Renault), non loin de Bernie Ecclestone (FOM)

Flavio Briatore (Renault), non loin de Bernie Ecclestone (FOM)

Photo de: Dominique Faget / AFP via Getty Images

"Je ne sais pas pourquoi il a fallu qu'il fasse ça. Je pense qu'il se moque de tout le monde. Un septuple champion du monde voudrait nous faire croire qu'il ne l'a pas fait exprès - c'est une histoire à dormir debout."

Schumacher disqualifié

Au terme d'une enquête de huit heures, les commissaires ont disqualifié Schumacher de la séance, une décision qui a provoqué la fureur du directeur de l'écurie Ferrari, Jean Todt.

"Nous sommes en total désaccord avec cette décision", a déclaré Todt. "Une telle décision crée un précédent très grave, en écartant la possibilité d'une erreur du pilote."

"Michael effectuait son dernier tour chronométré et tentait de consolider sa première place, comme le montre le fait que son premier temps intermédiaire était le meilleur."

"En l'absence de preuves tangibles, les commissaires l'ont présumé coupable."

Jean Todt (Ferrari)

Jean Todt (Ferrari)

Photo de: Mark Capilitan / Sutton Images via Getty Images

Schumacher n'a jamais ouvertement reconnu sa culpabilité, mais le documentaire de Sky Sports intitulé "The Race To Perfection", diffusé en 2020, a apporté un nouvel éclairage sur cet incident.

"Nous avions une réunion avec l'équipe, nous discutions des qualifications", a alors raconté Felipe Massa, équipier de Schumacher chez Ferrari en 2006. "On avait alors deux trains de pneus pour les qualifications. Et Michael a dit : 'Ouais, mais si on est plus rapides d'emblée et qu'on attend le second train…' et Ross Brawn a répondu : 'Peut-être qu'on peut provoquer un drapeau jaune'." 

"J'ai dit : 'Pour rigoler ? Non, sérieusement, pour rigoler ?' Or, c'est exactement ainsi que ça s'est passé. Michael a fait de cette blague une réalité."

"Je me rappelle avoir dit : 'Je n'arrive pas à croire qu'il l'ait fait'. Il l'a fait. Et le truc, c'est qu'il n'était pas capable de dire qu'il l'avait fait."

Michael Schumacher, Ferrari

Michael Schumacher, Ferrari

Photo by: Sutton Images via Getty Images

Massa d'ajouter "Il lui a fallu un an pour me dire qu'il l'avait fait exprès. Un an. Je lui ai dit : 'Comment as-tu pu faire ça ?' Cela montre que tout le monde fait des erreurs dans la vie, et c'en était une, à n'en pas douter."

Alors directeur technique de Ferrari, Brawn ajoutait dans le documentaire "Michael avait parfois des moments d'égarement, des choses que l'on ne pouvait jamais expliquer de manière logique. Il était animé par cet incroyable esprit de compétition. Mais parfois, il y avait un court-circuit."

"La pole de Monaco, normalement, on la veut forcément. Mais en l'occurrence, avec les stratégies que nous avions, les pneus que nous avions et la voiture que nous avions, nous n'en avions pas réellement besoin. C'était juste une manœuvre stupide. L'un de ces petits bugs, courts-circuits que Michael a connus deux ou trois fois dans sa carrière."

Fernando Alonso l'a emporté lors du GP de Monaco 2006.

Fernando Alonso l'a emporté lors du GP de Monaco 2006.

Photo de: Steven Tee / LAT Images via Getty Images

Le lendemain, Alonso a remporté la course haut la main, tandis que Schumacher remontait le peloton, passant de la 22e à la 5e place.

L'avance de 21 points dont disposait le pilote Renault après Monaco, qu'il a portée à 25 lors des deux Grands Prix suivants, a finalement été rattrapée par Schumacher à deux manches de la fin - mais c'est tout de même Alonso qui a été titré.

Lire aussi :
Article précédent "Je finis la course pour les mécaniciens et Lawrence" : Stroll désabusé à la radio
Article suivant Comment le M24 veut faire du Mans la capitale mondiale du sport automobile

Meilleurs commentaires

Dernières actus