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Il y a 20 ans : la revanche de Michael Schumacher sur Fernando Alonso

Un an après leur duel irrespirable sur le même circuit, Michael Schumacher prenait sa revanche sur Fernando Alonso dans une lutte similaire lors du Grand Prix de Saint-Marin 2006, à Imola.

Michael Schumacher, Ferrari 248 F1, Fernando Alonso, Renault R26

Photo de: Rainer Schlegelmilch / Getty Images

Il y avait un parfum de revanche dans l'air d'Imola le 23 avril 2006 quand, franchissant la ligne d'arrivée du Grand Prix de Saint-Marin en tête, Michael Schumacher offrait une nouvelle victoire à Ferrari, devant la Renault du champion du monde en titre Fernando Alonso.

La revanche, c'est celle prise par le "Baron rouge" sur l'Espagnol un an après le Grand Prix de Saint-Marin 2005. Lors de celui-ci, dans une campagne qui allait statistiquement être l'une des pires de la carrière de Schumacher - simplement marquée par la victoire lors du fameux Grand Prix des États-Unis à Indianapolis -, le septuple champion, malgré un départ depuis une lointaine 13e place, allait se montrer ultra menaçant pour la victoire.

Les 12 derniers tours allaient en effet voir Schumacher - remonté dans le peloton grâce à son rythme impressionnant - mettre une pression de tous les diables sur Alonso, qui avait hérité de la tête après l'abandon du poleman Kimi Räikkönen en début d'épreuve. Mais le pilote Renault n'allait cependant pas céder, passant sous le drapeau à damier avec 0"215 d'avance sur l'Allemand.

Un an après, jour pour jour, Schumacher était cette fois en pole - la 66e de sa carrière, ce qui lui permettait alors de battre le record d'Ayrton Senna - alors qu'Alonso ne figurait qu'en cinquième place. Ce dernier allait toutefois rapidement se mettre en action au départ en dépassant la Honda de Rubens Barrichello dans Tamburello, avant de se jouer de Felipe Massa (Ferrari) et de Jenson Button (Honda) lors des premiers arrêts.

Michael Schumacher et Fernando Alonso roue dans roue lors du GP de Saint-Marin 2006.

Michael Schumacher et Fernando Alonso roue dans roue lors du GP de Saint-Marin 2006.

Photo de: Rainer Schlegelmilch / Getty Images

Au 26e tour, après son premier passage au stand, Alonso pointait alors à 11 secondes de Schumacher. Un écart qu'il allait alors combler en huit petits tours. Non seulement le duel allait de nouveau opposer les deux hommes, le chasseur étant entre-temps devenu le chassé, mais il allait durer bien plus longtemps. Il restait en effet 28 tours à tenir pour la Ferrari.

En dépit du rythme de la Renault, visiblement supérieur, jamais Alonso ne trouva la solution sur la piste - ou dans les stands lors du second arrêt des deux pilotes - et jamais Schumacher ne lui donna l'occasion de croire un dépassement possible, en évitant toute erreur. C'est même le champion en titre qui allait craquer le premier, en commettant une erreur dans la chicane Villeneuve au 59e tour, marquant alors la fin du duel.

Revenant sur l'élément déterminant de sa victoire, Schumacher déclarait après la course : "Le moment clé a été le fait de rester en tête après le deuxième arrêt au stand. Comme nous l'avons vu l'année dernière, il est pratiquement impossible de dépasser sur ce circuit, à moins que le pilote de devant ne commette une erreur."

"Fort de toutes mes années d'expérience, je savais que ce que je devais faire, c'était garder Alonso derrière moi, mais en conservant mon rythme, sans forcer, et c'est exactement ce que j'ai fait."

Sur un circuit normal, nous aurions pu gagner, mais nous sommes à Imola, où les dépassements sont pratiquement impossibles.

Quant à Alonso, il estimait qu'il avait le rythme pour la victoire... mais qu'Imola - déjà - n'offrait guère de possibilité de dépasser. "Sur un circuit normal, nous aurions pu gagner, mais nous sommes à Imola, où les dépassements sont pratiquement impossibles. Je voyais bien que j'étais bien plus rapide que Michael lors de la deuxième partie de course, et j'essayais simplement de lui mettre la pression, en espérant qu'il commette une erreur." 

"Nous n'avions pas prévu de faire notre deuxième arrêt à ce moment-là : nous sommes rentrés tôt aux stands pour tenter de le dépasser, mais cela n'a pas vraiment fonctionné. Je suis donc resté dans son sillage et, dans les cinq derniers tours, j'ai poussé le moteur à fond pour tenter de le dépasser. Mais la Ferrari était encore bien plus rapide à la fin, et ça n'a pas marché."

"Au vu du championnat, cependant, c'est parfait. Mes rivaux les plus proches au début du week-end étaient [son équipier Giancarlo] Fisichella et Räikkönen, et j'ai pris des points à chacun d'eux."

Fernando Alonso et Michael Schumacher après le GP de Saint-Marin 2006.

Fernando Alonso et Michael Schumacher après le GP de Saint-Marin 2006.

Photo de: Vladimir Rys / Bongarts / Getty Images

Alonso prenait en effet le large sur les deux rivaux cités mais son avance sur son dauphin avant et après Imola ne variait pas beaucoup puisque de 14 points sur Fisichella et Räikkönen, il était désormais en avance de 15 unités sur Schumacher. 

Ce premier succès de la saison lancera réellement la campagne du septuple champion et de Ferrari qui lutteront jusqu'au bout face à Alonso et Renault.

À la veille du Grand Prix du Japon, avant-dernière épreuve de l'année, les deux hommes se retrouveront à égalité parfaite et Schumacher sera en passe de prendre les commandes de ce qui avait été annoncé comme sa toute dernière saison en septembre, avant qu'un problème moteur n'offre le succès à Alonso, qui conclura la saison sur son second titre mondial au Brésil.

Avec Benjamin Vinel

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