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Le nouveau format d'Imola mènera-t-il à de meilleures courses ?

L'allocation de pneus en Formule 1 va être revue ce week-end à Imola. Quel sera son impact sur les qualifications et les courses ?

Sergio Perez, Red Bull Racing RB19, en tête au départ

Ce week-end, au Grand Prix d'Émilie-Romagne, l'allocation de pneus évolue. Les pilotes vont être contraints d'utiliser les pneus durs en Q1, mediums en Q2 et tendres en Q3, plutôt que d'avoir le choix libre.

Le scénario des qualifications devrait donc être différent, mais c'est probablement le dimanche que cette expérimentation se fera le plus ressentir ; elle va peut-être rouvrir la porte des stratégies à deux arrêts, alors que trois des cinq premiers Grands Prix de la saison ont été remportés avec un seul changement de pneus.

Améliorer le spectacle

Si le spectacle n'est pas au rendez-vous cette année, c'est pour un certain nombre de raisons : des flux d'air de plus en plus dirigés vers l'extérieur, un appui aérodynamique de plus en plus élevé, des zones DRS plus courtes, et en conséquence de tout cela, des dépassements plus difficiles – sans oublier ces stratégies à un arrêt et la domination de Red Bull Racing pour couronner le tout.

Les composés des pneus Pirelli seront le principal facteur d'évolution au fil de la saison. Plus ils seront tendres, plus il y aura de chances d'avoir deux arrêts ou davantage, mais le manufacturier italien se méfie des risques d'une approche extrême dans ce domaine, car une forte tendreté peut mener les pilotes à économiser leurs gommes encore davantage.

Pirelli tyres

Des pneus Pirelli

L'objectif est de pousser les écuries vers une stratégie à deux arrêts, mais ce n'est pas qu'une question de dégradation des pneus, explique Mario Isola, directeur de la compétition automobile chez Pirelli.

"Ce que nous avons appris ces dernières années, c'est que si nous avons des pneus trop tendres, si nous sommes trop agressifs, il y a une tendance générale à gérer le rythme afin de faire une course à un arrêt", indique Isola à Motorsport.com. "Mais un élément important est la difficulté des dépassements. On peut prendre le risque de retourner dans le trafic si l'on sait que l'on peut dépasser. Mais si l'on ne peut pas dépasser, alors on ne prend pas le risque, on reste devant et on protège sa position."

"Alors j'estime que nous ne pouvons pas trouver la vraie solution seulement avec les pneus : nous allons continuer de tourner en rond avec une dégradation élevée, puis une dégradation basse, puis une dégradation élevée, puis une dégradation basse. Ça ne fait le bonheur de personne."

Deux arrêts obligatoires, ce n'est pas la solution

Sergio Perez, Red Bull Racing RB19 leads at the start

Le départ du Grand Prix de Miami

Il a été suggéré de rendre obligatoires les stratégies à deux arrêts ou plus, par exemple en contraignant chaque voiture à utiliser les trois composés en course – dur, medium et tendre. En théorie, cela créerait de la variété stratégique : les écuries devraient choisir à quel moment utiliser le composé le moins performant, qu'il s'agisse du tendre à cause de la dégradation ou du dur parce qu'il est simplement lent.

Or, Mario Isola n'est pas convaincu. "Nous avons mené une analyse à ce sujet avec les directeurs sportifs il y a de nombreuses années", explique l'Italien. "Nous en avons conclu que plus on met de nouvelles contraintes, plus les équipes vont arriver à la même stratégie."

"Alors si on leur donne la contrainte d'utiliser les trois composés, elles auront probablement des stratégies différentes au début, car elles doivent s'adapter à la nouvelle situation, mais en fin de compte, elles finiront par choisir la même. Alors il y aura les arrêts au stand et même moment, les mêmes choix, etc. Nous devons l'accepter."

Pour Isola, l'essentiel est de rendre les stratégies à deux arrêts aussi compétitives que celles à un arrêt du point de vue du chronomètre pur.

L'impact de la nouvelle allocation

Charles Leclerc, Ferrari F1-75,Max Verstappen, Red Bull Racing RB18,Sergio Perez, Red Bull Racing RB18

Le départ d'Imola en 2022

Avec l'allocation de pneumatiques testée ce week-end, la Formule 1 et Pirelli espèrent gaspiller moins de pneus, certains n'étant pas utilisés lors du week-end. Au lieu des 13 trains de pneus habituels (8 tendres, 3 mediums, 2 durs), il n'y en aura que 11 par monoplace (4 tendres, 4 mediums, 3 durs).

Contraindre les pilotes à utiliser des durs en Q1 et des mediums en Q2 va changer l'approche pour les qualifications, mais les conséquences devraient être plus visibles en course, puisque les pilotes devraient aborder l'épreuve avec deux trains de durs et de mediums à leur disposition ; à l'accoutumée, ils n'en ont qu'un de chaque, et les tendres ne sont généralement pas performants sur la durée d'un relais. D'où ces stratégies à un arrêt qui sont rarement divertissantes.

Ainsi, Pirelli a profité de cette allocation pour choisir des composés un cran plus tendres à Imola, vu que les écuries ne manqueront pas de pneus ce dimanche. La météo pourrait bien jouer les trouble-fêtes, mais même si le résultat n'est pas celui attendu, il y aura un autre Grand Prix cette année avec la même allocation de pneus pour se faire une meilleure idée.

"Si les choses fonctionnent, nous les gardons ; si ça ne fonctionne pas, nous revenons au dispositif précédent. Cette approche est la bonne, car malheureusement, même si l'on essaie de prévoir le moindre détail possible, il y a toujours quelque chose qui n'est pas prévisible", conclut Isola.

Le test de ce nouveau format pourrait en revanche s'avérer caduque en cas de pluie et de recours aux gommes rainurés, scénario qui n'est pas à exclure ce week-end.

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