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Cette particularité qui rend Antonelli "spécial" selon Mercedes

Gwen Lagrue, responsable de l'académie junior de Mercedes qui a guidé Kimi Antonelli dans son parcours dès son adolescence, a révélé le trait de caractère qui distingue l'Italien des autres jeunes pilotes.

Andrea Kimi Antonelli, Mercedes-AMG F1 Team

La Formule 1 accueille en 2025 six nouveaux pilotes débutants. Parmi eux, Kimi Antonelli, le plus jeune de tous, sera confronté à lourde tâche de remplacer Lewis Hamilton chez Mercedes. L'équipe reste néanmoins convaincue que ses capacités, qui l'ont fait sortir du lot en karting, l'aideront à facilement s'adapter à la F1.

Né en 2006, l'année où Fernando Alonso a remporté son deuxième titre mondial, Antonelli sera le plus jeune pilote de F1 sur la grille de 2025, après avoir été choisi pour remplacer Hamilton, parti chez Ferrari. Antonelli a été recruté par Mercedes à l'âge de 11 ans pendant ses années karting, sous l'égide de Gwen Lagrue, responsable des pilotes juniors chez Mercedes.

Peu après son quinzième anniversaire, en 2021, Antonelli est passé à la monoplace en s'engageant dans le championnat italien de F4. L'année suivante, il a récolté deux titres de champion en F4 italienne et allemande. Il a également été couronné dès ses débuts en Formule Regionale Européenne (FRECA). Grâce à ses performances et malgré le fait qu'il en était seulement dans sa troisième année en formule junior à temps plein, Mercedes a décidé de le faire passer immédiatement en F2, en zappant la F3.

La décision d'Hamilton de partir chez Ferrari a ensuite incité l'écurie allemande à accélérer son développement, en intensifiant un programme d'essais privés pour préparer le jeune pilote à un potentiel remplacement du septuple champion du monde.

C'est un poids énorme pour un adolescent, surtout avec le manque relatif d'expérience d'Antonelli en monoplace, et personne ne sait vraiment si le jeune homme de 18 ans se montrera prêt. Toutefois, la capacité d'adaptation dont il aura besoin pour réussir son ascension rapide en F1 est l'attribut même qui, selon Mercedes, l'a rendu si spécial au départ.

"Avec Kimi, j'ai vite remarqué qu'il était déjà un peu différent des autres enfants en karting", a déclaré Gwen Lagrue à Motorsport.com. "Mais à l'époque, je me disais : 'D'accord, c'est le meilleur que je puisse avoir en karting', sans même penser à la Formule 1. Puis, lorsque nous avons fait les premiers essais en monoplace, la façon dont il s'est adapté très rapidement à presque toutes les situations a montré que nous avions affaire à quelqu'un de très spécial."

Andrea Kimi Antonelli en championnat de karting italien en 2017.

Andrea Kimi Antonelli en championnat de karting italien en 2017.

"Bien sûr, cela ne veut pas dire qu'il a tout", a ajouté Lagrue. "Il faut encore beaucoup travailler pour l'aider à grandir, le guider, le laisser faire des erreurs. Cela fait partie du processus d'apprentissage. Et puis, à mon avis, la Formule Régionale s'est bien développée récemment en termes de préparation des pilotes et nous avons vu au fil des ans que tous les jeunes qui sont passés de la Formule Régionale - ou avant, quand elle s'appelait Formula Renault Eurocup - à la F3 ou à la F2 étaient performants et que c'étaient eux qui gagnaient la plupart du temps."

"Ainsi, lorsque Kimi a réalisé d'excellentes performances en FRECA, je n'étais pas convaincu à l'époque que le fait de passer d'abord par la F3 le ferait progresser davantage, et je voulais également le mettre dans une situation où il pourrait éventuellement relever d'autres défis. L'envoyer en F2, bien sûr, nécessitait un peu de préparation."

"Mais c'était aussi pour le mettre dans un environnement où il devait trouver des limites personnelles qu'il n'avait jamais rencontrées auparavant. Je ne dis pas qu'il gagnait toujours facilement, mais en quelque sorte. Il dominait toujours, et il était toujours celui à battre, plutôt que celui qui poursuivait quelqu'un, même si nous avions quelques bons concurrents, comme [Rafael] Camara, junior chez Ferrari, par exemple, ou quelques autres, il était au-dessus de tout."

"En faisant cela, nous nous assurions qu'il apprendrait d'abord la nouvelle F2, avec l'idée d'éventuellement faire une autre année de F2 si c'était difficile, ou selon la situation en F1, nous nous assurions qu'au moins nous accélérerions sa préparation à la Formule 1. Bien sûr, il confirmait ce que nous pensions catégorie après catégorie."

Kimi Antonelli en F2 avec l'écurie Prema.

Kimi Antonelli en F2 avec l'écurie Prema.

Photo de: Andrew Ferraro / Motorsport Images

Si l'objectif de Mercedes était de lancer de nouveaux défis à Antonelli, son unique année en championnat de F2 a certainement rempli cette condition. En plus de devoir s'adapter à une nouvelle monoplace, avec son équipe Prema ils ont également dû se battre avec les nouvelles réglementations entourant les F2. Pendant toute la saison, Antonelli et son coéquipier Oliver Bearman ont eu du mal à obtenir des résultats.

Ayant manqué plusieurs manches en raison de ses apparitions en F1 avec Ferrari et Haas, Bearman a finalement terminé le championnat à la 12e place, ayant toutefois montré le potentiel nécessaire pour obtenir un volant en F1 en 2025 avec l'écurie américaine. De son côté, Antonelli a terminé sixième, remportant une victoire en sprint et une victoire en course principale, tout en déclarant forfait pour la finale de la saison à Abu Dhabi car il était souffrant.

Selon Lagrue, la saison en dents de scie d'Antonelli en F2, qui n'a donné lieu qu'à un seul autre podium, a en réalité permis de développer une partie de ses compétences qu'il n'avait pas eu l'occasion de beaucoup travailler auparavant, et qui lui seront très utile en F1.

"Je dirais que normalement, il y a une certaine constance au niveau des équipes qui mènent la F2, donc nous savons que Prema, ART, Carlin, ou quelques autres sont les équipes avec lesquelles il faut travailler si l'on veut être performant en F2", a expliqué le responsable de l'académie junior. "Mais la nouvelle F2 a apporté de nouveaux défis, et nous avons vu que les grandes équipes ne s'adaptaient pas très bien."

"Prema était très performante et disposait des meilleurs ingénieurs. Nous avons mis Kimi là-dedans en pensant que nous allions le placer dans un environnement très fort et que nous allions normalement obtenir de bons résultats. Et il semble que nous ayons eu un peu de mal."

"Mais d'une certaine manière, c'était aussi très intéressant parce que le fait que Kimi soit confronté à de tels défis nous a fait découvrir une partie de lui que nous n'avions jamais vue auparavant. Nous avons dû l'aider à gérer des week-ends difficiles, ce qui n'était jamais arrivé par le passé. Il était habitué à gagner tout le temps, ou à se battre pour la victoire, et cette année, c'était la première fois qu'il devait gérer le fait de ne pas gagner et de ne pas être performant, et parfois même d'avoir des week-ends vraiment, vraiment difficiles."

"Et je dois dire que j'ai été très impressionné par sa maturité et son leadership dans une situation aussi difficile. Et au final, il a encore fait une très, très bonne saison en F2 compte tenu de tout ce que nous avons dû affronter cette année."

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