Pourquoi Haas n'utilisera pas la soufflerie Toyota malgré leur alliance
Malgré la collaboration naissante avec Toyota, Haas n'utilisera pas dans un futur proche la soufflerie du constructeur japonais et maintiendra son travail à Maranello, dans l'installation de Ferrari. Ayao Komatsu explique pourquoi.
Photo de : Ferrari
La saison 2025 sera sans doute à marquer d'une pierre blanche pour l'écurie Haas, qui va pour la première fois fonctionner au niveau du plafond budgétaire (sachant que le sien, du fait de son fonctionnement particulier, est un peu plus bas que celui de la concurrence) mais également connaître sa première campagne avec le soutien de Toyota.
L'accord de coopération technique avec le géant mondial de l'automobile comprend notamment la participation de Toyota dans l'installation d'un nouveau simulateur qui s'intégrera à la nouvelle usine que cherche à construire Haas pour parvenir à travailler plus rationnellement et efficacement entre ses différents départements basés aux États-Unis, en Angleterre et en Italie.
Toutefois, en dépit du fait que Toyota possède une soufflerie de Cologne qui fut longtemps considérée comme l'une des meilleures au monde et qui a été utilisée par de nombreuses écuries par le passé, Haas va maintenir dans ce domaine sa relation avec Ferrari, en tout cas dans un avenir plus ou moins éloigné.
"'Jamais' est un bien grand mot, toutefois, dans un avenir prévisible, nous n'avons pas l'intention de renoncer à la soufflerie de Maranello", a ainsi expliqué Ayao Komatsu, le directeur de Haas, à Motorsport.com lors d'une table ronde avec une sélection de médias.
Après le retrait de Toyota de la F1 en 2009, sa soufflerie fut notamment utilisée par McLaren, Williams, Force India (l'ancêtre d'Aston Martin) et même temporairement par Ferrari le temps de la réfection de sa propre installation. L'avantage principal dont jouissait l'infrastructure de Cologne était qu'elle était une des rares à disposer de la vélocimétrie par image de particules (PIV).
Cette technique s'appuie sur de minuscules particules illuminées par une nappe laser et qui sont utilisées à la place de la fumée pour donner une représentation visuelle du flux autour d'une voiture. La PIV est considérée comme plus précise parce que les particules traceuses exercent moins d'influence sur l'écoulement de l'air que les particules de fumée.
Le modèle Andretti dans la soufflerie de Toyota à Cologne.
Photo de: Andretti Autosport
Mais aujourd'hui, la plupart des écuries disposant d'une soufflerie ont intégré la PIV à leur outils. Dans le cadre de la réglementation F1 actuelle, qui tire parti de l'effet de sol et donc de la proximité de la voiture avec le circuit, c'est sur le plateau de roulage sur lesquels les modèles sont installés que l'attention de focalise pour tenter de mieux retranscrire la structure de la surface d'une piste.
Ferrari a d'ailleurs, à l'été dernier, fermé sa soufflerie pour procéder à des travaux afin d'installer une bande roulante caoutchoutée qui, bien que moins résistante que la classique bande en métal, est bien plus précise dans la relation entre la voiture et le sol. En plus de la question du coût de l'installation d'une équipe aérodynamique dédiée à Cologne qui constituerait un premier obstacle, Haas tire profit de l'investissement de la Scuderia dans ses propres installations.
"Pour moi, encore une fois, c'est une situation gagnant-gagnant parce que Ferrari et nous disputons bien sûr le même championnat, donc quel que soit le problème spécifique qui peut être rencontré sur le matériel de soufflerie, qui est lié aux spécificités des règlements, comme l'effet de sol dans cette génération, Ferrari fait les recherches, ils s'en occupent, donc nous profitons de cet avantage sans avoir à faire les recherches", a ajouté Komatsu.
"Je ne vois pas l'intérêt de quitter le simulateur de Maranello pour utiliser la soufflerie de Toyota qui, pour l'instant, n'a pas [de bande roulante caoutchoutée]. D'accord, Andretti l'utilise, mais ils ne sont pas encore des concurrents en F1. Donc, dans un avenir prévisible, je ne vois pas l'intérêt de quitter la soufflerie de Maranello."
Avec Stuart Codling, Alex Kalinauckas et Ben Hunt
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