Pirelli testera son plan de "sauter" des gommes au GP de Belgique
Pirelli a annoncé les choix de pneus pour les Grands Prix se déroulant jusqu'à la pause estivale. Le fournisseur italien a également annoncé qu'il testera sa proposition de "sauter" des composés de gommes apportées afin de tenter d'augmenter les écarts de performances.
Photo de: Erik Junius
Pirelli a annoncé quels composés de pneus seront apportés lors des manches restantes avant la pause estivale, avec des changements significatifs pour les Grands Prix de Grande-Bretagne et de Belgique. Alors que les sélections pour les épreuves autrichienne et hongroise restent les mêmes que la saison dernière - avec les composés C3, C4 et C5 servant respectivement de durs, mediums et tendres - celles de Silverstone seront un cran plus tendres avec les C2, C3 et C4.
Compte tenu des événements du Grand Prix de Grande-Bretagne de 2013, marqué par plusieurs défaillances de pneus qui avaient contraint Pirelli à revenir à une structure précédente, et de 2020, lorsque Silverstone avait accueilli deux courses consécutives et utilisé des gommes plus tendres pour la seconde, entraînant des dégradations critiques en fin d'épreuve –, il s'agit d'un choix audacieux sur un circuit dont les virages à haute vitesse sont particulièrement exigeants. Mais le choix pour Spa-Francorchamps est encore plus intrigant.
Après un début de saison marqué par des courses majoritairement disputées avec un seul arrêt en conditions sèches, Pirelli a envisagé la possibilité de "sauter" certains composés, de sorte à ce que ceux qui seront sélectionnés ne se suivront pas nécessairement dans sa gamme. Ainsi, en Belgique, les mediums et tendres resteront les C3 et C4 comme l'an dernier, mais les durs seront les C1 au lieu des C2. L'objectif est d'agrandir l'écart de performance entre les composés dur et mediums, afin de rendre les choix stratégiques entre une course à un ou deux arrêts moins évidents.
"À Silverstone, le défi sera de gérer le composé mediums, qui a en réalité servi de tendre au cours des deux dernières années", a indiqué Pirelli dans un communiqué. "Tandis qu'à Spa, qui accueillera également une course sprint, ceux qui opteront pour le dur, dans l'idée de ne faire qu'un seul arrêt, devront prendre en compte la différence de performance qui sépare désormais le C1 du C2, qui était le dur l'an dernier."
Pierre Gasly, Alpine
Photo de: Sam Bagnall / Motorsport Images via Getty Images
Introduire un écart de composés lors d'un week-end sprint est un autre aspect que Pirelli juge intéressant, car cela complexifie davantage le choix des pneus. Mais l'accent reste mis sur le Grand Prix : il ne s'agit pas forcément d'inciter les équipes à s'arrêter deux fois, car cela aboutirait probablement à une convergence, mais plutôt de leur poser un véritable dilemme entre une stratégie à un ou deux arrêts.
"Ils [les équipes] trouvent toujours un moyen d'appliquer une stratégie à un seul arrêt", a déclaré Mario Isola, directeur de Pirelli Motorsport, lors du week-end du Grand Prix d'Émilie-Romagne. "Ce n'est pas que nous essayons de les forcer à adopter une stratégie à deux arrêts parce que c'est mieux, plus dynamique, plus imprévisible et donne de meilleures courses – mais avec trois composés très proches, ils essaient toujours d'utiliser le dur et le mediums pour une stratégie à un arrêt."
La logique derrière un composé dur plus résistant est qu'elle rend potentiellement une course à un arrêt plus lente. Le pneu dur est plus endurant, donc les pilotes peuvent potentiellement attaquer davantage avec, mais celui qui utilise des gommes dures devrait être plus lent que celui qui utilise une stratégie à deux arrêts avec tendre-mediums-mediums.
Cela nécessite toutefois davantage de simulations basées sur les données de performance des premières courses, car les différences entre les composés doivent entrer dans une "fenêtre" précise. Si l'écart est trop faible entre dur et mediums, alors la stratégie à un arrêt restera l'option par défaut. Si l'écart est trop grand, alors elle devient intenable. C'est pourquoi le week-end du Grand Prix de Belgique constitue, en quelque sorte, un test pratique pour le projet de Pirelli.
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