Racing Bulls lourdement sanctionnée pour une défaillance "grave"
Racing Bulls a écopé d'une lourde amende de la part des commissaires du Grand Prix du Canada 2026 après la révélation, suite au problème de Liam Lawson en EL1, d'un défaut fondamental du système de sécurité de sa F1.
Photo de : Andy Hone/ LAT Images via Getty Images
L'équipe Racing Bulls a été assez durement sanctionnée financièrement par le collège des commissaires du Grand Prix du Canada 2026 de F1, suite à la découverte d'une défaillance d'un système de sécurité de sa monoplace après le problème rencontré en Essais Libres 1 par Liam Lawson.
Peu après le début de la séance, le Néo-Zélandais avait dû immobiliser sa voiture sur la piste, au niveau de la sortie du virage 4. Il s'est avéré qu'il souffrait d'un problème hydraulique.
Mais surtout, initialement, la direction de course avait uniquement déployé le Virtual Safety Car, en s'attendant à une évacuation rapide de la monoplace. Or, celle-ci a pris bien plus de temps qu'escompté, ce qui a fini par entraîner le premier drapeau rouge du jour et une interruption de séance de l'ordre de cinq minutes.
Dès la fin de la séance, l'équipe était sous enquête pour une infraction potentielle à l'article C9.3 du règlement F1 qui concerne le fonctionnement du dispositif appelé "Clutch Disengagement System" (CDS) en anglais, que l'on peut traduire par système de désembrayage ou de désengagement de l'embrayage.
Il s'agit en réalité d'un bouton situé sur le châssis et sur lequel les commissaires de piste peuvent appuyer pour entraîner un relâchement de l'embrayage et débloquer le train arrière d'une voiture afin de l'évacuer plus facilement. Or, malgré l'appui sur le CDS, la Racing Bulls a refusé de bouger, ce qui a contraint à faire intervenir un véhicule d'évacuation.
Durant l'audience d'un technicien de l'équipe, les commissaires ont découvert que le dispositif tel qu'implémenté par Racing Bulls servait deux fonctions distinctes et ne fonctionnait pas comme il aurait dû. Un problème dont les commissaires, dans leur décision, n'ont pas manqué de souligner la gravité, déjà marquée par la sanction assez lourde de 30 000 euros d'amende (dont 20 000 avec sursis).
"L'ingénieur de l'équipe a expliqué le fonctionnement du système CDS", peut-on lire dans le document publié par la FIA. "Il a été noté que ce système remplit deux fonctions sur cette voiture : la première, pour laquelle il a été principalement conçu, consiste à débrayer lorsque la voiture est à l'arrêt et que le moteur ne tourne pas ; la seconde concerne le système anti-calage."
"Dans le cas présent, la rupture d'un joint a provoqué une fuite hydraulique, ce qui a entraîné l'arrêt de la voiture. Le CDS, une fois activé par le commissaire de piste, n'a alors pas réussi à relâcher l'embrayage, ce qui a empêché la voiture d'être déplacée."
"Il s'agit d'un incident grave", assènent les commissaires. "Il a entraîné l'interruption de la séance par un drapeau rouge. Si le système avait fonctionné conformément au règlement, l'incident aurait pu être géré rapidement grâce au déploiement de la voiture de sécurité virtuelle."
Une situation d'autant plus problématique que Racing Bulls a visiblement déjà été avertie, dès l'an passé, du problème posé par cette conception particulière.
"Les commissaires prennent note de la préoccupation du délégué technique de la FIA concernant la double fonction du système CDS sur cette voiture", poursuit la décision. "Le délégué technique a indiqué que l'équipe avait, en 2025, été mise en garde au sujet de la conception du système CDS sur ses voitures."
Une formation des commissaires à revoir
Liam Lawson incrédule face à l'intervention des commissaires sur sa Racing Bulls.
Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images
La décision a beau ne concerner, en termes de sanction, que Racing Bulls, l'écurie n'est pas la seule à subir les remarques des commissaires sportifs, notamment assistés au poste de "commissaire pilote" de Pedro Lamy. Les commissaires de piste eux-mêmes, pointés du doigt par Lawson, souffrent visiblement d'une formation incomplète sur les procédures d'intervention.
"Le pilote a fait remarquer qu'il souhaitait porter à l'attention des commissaires [sportifs] deux points préoccupants, à savoir que, contrairement à ses instructions et à la pratique courante, les commissaires de piste ont tenté de pousser la voiture alors qu'elle était à l'arrêt, et que le commissaire qui a tenté d'activer le CDS essayait d'appuyer sur un bouton de la caméra embarquée plutôt que sur le bouton du CDS", ajoutent les commissaires.
"Cela indique aux commissaires qu'une formation supplémentaire dans ce domaine est nécessaire, bien que la FIA diffuse un document très clair traitant de cette procédure (cf. 'Spécifications FIA pour le dépannage des monoplaces'). Nous notons qu'il est évident que la diffusion d'un tel document, bien que très détaillé, doit probablement être complétée par une forme de formation pratique dispensée par les organisateurs."
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