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Formule 1 Grand Prix de Grande-Bretagne

Silverstone 1999 : l'onde de choc Schumacher avant la légende

Le 11 juillet 1999, il y a 25 ans, Michael Schumacher est de nouveau en lutte avec Mika Häkkinen dans l'espoir d'un premier titre mondial avec Ferrari. Ce jour-là, sa marche vers la légende est brutalement interrompue...

Accident de Michael Schumacher, Ferrari F399
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Fans
Michael Schumacher, Ferrari, Mika Hakkinen, McLaren
Aperçu de Silverstone
Démarrage
Michael Schumacher, Ferrari
Mika Hakkinen, McLaren
Jacques Villeneuve, BAR
Michael Schumacher, accident de la Ferrari F399
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Voiture de sécurité
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Michael Schumacher, Ferrari, accident
Action de course
Voiture de sécurité
Redémarrage
David Coulthard, McLaren, Eddie Irvine, Ferrari, Heinz-Harald Frentzen, Jordan
Ralf Schumacher, Williams
Mika Hakkinen, McLaren
Ralf Schumacher, Williams
Damon Hill, Jordan
Pedro Diniz, Sauber
Rubens Barrichello, Grand Prix de Stewart
Heinz-Harald Frentzen, Jordan
David Coulthard, McLaren
Mika Hakkinen, McLaren
Rubens Barrichello, Grand Prix de Stewart
Eddie Irvine, Ferrari
La roue de Michael Schumacher, Ferrari, accident
Johnny Herbert, Grand Prix de Stewart, Pedro Diniz, Sauber
Eddie Irvine, Ferrari
Heinz-Harald Frentzen, Jordan
David Coulthard, McLaren
Eddie Irvine, Ferrari
Eddie Irvine, Ferrari
Eddie Irvine, Ferrari
Vainqueur David Coulthard, McLaren
Vainqueur David Coulthard, McLaren, deuxième Eddie Irvine, Ferrari
Vainqueur David Coulthard, McLaren
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Lorsque débute la saison 1999, voici vingt ans que Ferrari court après un titre mondial chez les pilotes. Reconstruite sous l'impulsion de Jean Todt depuis plusieurs années, la Scuderia a attiré le double Champion du monde Michael Schumacher pour articuler autour de lui tout son projet. Sauf que l'Allemand a échoué dans ses face à face successifs avec Jacques Villeneuve (1997) et Mika Häkkinen (1998).

Avec ce dernier, le championnat prend d'ailleurs des airs de revanche. Lorsque les deux hommes arrivent à Silverstone, mi-juillet pour le Grand Prix de Grande-Bretagne, ils sont séparés de huit points à l'avantage du Finlandais, qui a remporté trois victoires à ce stade contre deux pour son rival. Les qualifications anglaises vont d'ailleurs confirmer le petit avantage pris par le pilote McLaren, installé en pole position avec... Schumacher à ses côtés en première ligne. 

À l'époque, le mythique tracé britannique n'a pas l'allure moderne qu'on lui connaît depuis 2010. La grille de départ est historiquement située avant Copse, qui commande en début de tour le sélectif enchaînement Maggotts-Becketts-Chapel. Battu de quatre dixièmes la veille, Schumacher s'élance du côté sale de la piste et perd du terrain à l'extinction des feux en se faisant déborder par David Coulthard et Eddie Irvine, partis en deuxième ligne.

La saison 1999 est celle du second duel entre Schumacher et Häkkinen.

La saison 1999 est celle du second duel entre Schumacher et Häkkinen.

Photo de: Motorsport Images

Ce que le pilote Ferrari ne sait pas, c'est que la direction de course va rapidement brandir le drapeau rouge car la BAR de Jacques Villeneuve et la Williams d'Alex Zanardi sont restées scotchées sur la grille. Schumacher, lui, entend reprendre son bien pour ne pas laisser filer les McLaren. Il attaque son coéquipier Irvine dans Hangar Straigt mais en abordant le virage de Stowe, sa F399 est toutes roues bloquées et tire tout droit.

J'ai senti mon rythme cardiaque s'affaiblir.

Le choc est violent. La monoplace rouge est allée, telle une fusée inarrêtable, s'arrêter de plein fouet dans une rangée de pneus après avoir traversé les graviers à une vitesse folle. Les données indiqueront 107 km/h au moment de l'impact. Une fois la poussière retombée, le soulagement fait suite à l'effroi. Schumacher est conscient et on le voit retirer lui-même son volant. En revanche, sa tentative de s'extraire seul est vaine. Il est touché aux jambes, après avoir cru un instant que sa vie s'arrêterait là.

"La roue avant avait défoncé le cockpit, et elle était encore coincée quelque part là-dedans", expliquera-t-il dans une interview diffusée dans le documentaire Netflix qui lui est consacré. "Je ne pouvais pas sortir et j'essayais de sortir ma jambe, qui était coincée. J'ai remarqué que je commençais à me calmer un peu. Soudain, j'ai senti mon rythme cardiaque s'affaiblir, devenir de plus en plus lent, jusqu'à ce qu'il s'arrête complètement. Je me dis que c'est probablement ce que l'on ressent quand on s'en va."

Alors que la course est arrêtée, les équipes médicales dirigées par le Docteur Sid Watkins interviennent. Schumacher est évacué avec précaution mais trouve la force et la lucidité de faire un geste de la main, visant à rassurer ses proches et le public. Un deuxième départ va être donné mais Jean Todt délègue les commandes de la Scuderia sur le muret des stands pour accompagner son pilote. Quelques heures plus tard, le diagnostic tombe et confirme une double fracture tibia-péroné de la jambe droite.

Le deuxième départ du Grand Prix sans Schumacher.

Le deuxième départ du Grand Prix sans Schumacher.

Photo de: Motorsport Images

En piste, Coulthard s'impose devant Irvine tandis que Häkkinen a été contraint à l'abandon par un problème de fixation de roue arrière gauche. Plusieurs priorités à régler se présentent alors chez Ferrari : la convalescence de son champion, la compréhension de l'accident, et la manière de gérer la deuxième partie de saison.

Une force de la nature

Pour le premier point, les médecins de Schumacher sont clairs en précisant qu'il aura besoin de plusieurs mois de repos avant de reprendre le volant. Concernant le second, Ferrari découvrira qu'une soupape de purge des freins était mal fixée à un disque. Factuellement, les chances de titres du pilote allemand sont désormais nulles et il faut tout miser sur Irvine. À ses côtés, c'est Mika Salo qui est choisi pour remplacer Schumacher.

L'intérim du Finlandais va durer six Grands Prix, avec deux podiums, en Allemagne et en Italie, secondant autant que possible un Irvine loin d'afficher le même niveau que celui qui était auparavant son chef de file. Faisant preuve d'une impressionnante résilience, Schumacher déjoue les pronostics les plus pessimistes et se présente au départ du Grand Prix de Malaisie en octobre.

"Durant sa convalescence, Michael ne s'est jamais plaint", racontera Jean Todt quelques mois plus tard dans les colonnes du Parisien. "Il a fait front, n'a pas formulé la moindre critique. Exemplaire. Moi, j'ai tenté de l'aider autant que je le pouvais. Nous sommes sortis de cette épreuve plus forts." Il ne se fera retirer les dernières pièces de métal dans sa jambe qu'en novembre 2000.

À Sepang comme à Suzuka, il claque la pole position et, s'il est un exemplaire coéquipier de luxe pour tenter d'aider Irvine à décrocher le Graal en Malaisie, il joue sa carte personnelle au Japon "pour offrir le titre mondial des constructeurs à Ferrari". Mission accomplie et en devançant Irvine, qui ne pouvait plus rien espérer si Häkkinen gagnait. C'est ainsi le Finlandais qui conserve son titre à l'issue de la saison.

Ce comeback est toutefois le point de départ de l'insolente domination qui va suivre. En 2000, la légende est en marche : c'est enfin la bonne pour la dream team imaginée par Jean Todt, et Ferrari va tout écraser sur son passage avec les cinq titres consécutifs de Schumacher, jusqu'en 2004.

Michael Schumacher réussit son retour fin 1999.

Michael Schumacher réussit son retour fin 1999.

Photo de: Sutton Images

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