La VCARB "parmi les F1 ressemblant le moins" à la Red Bull 2023
Dans le contexte des débats autour du rapprochement entre Red Bull et Visa Cash App RB, Laurent Mekies estime que la VCARB 01 est parmi les F1 2024 "ressemblant le moins" à la RB19.
Depuis plusieurs mois, le débat sur les partenariat techniques poussés entre écuries a été relancé en Formule 1. L'origine de cette résurgence, pour une problématique qui n'est pas nouvelle et a pu connaître divers épisodes houleux notamment liés à Haas, a été l'annonce du rapprochement entre les structures détenues par Red Bull, suivie par une amélioration notable des performances d'AlphaTauri en fin de saison 2023.
L'écurie italienne est depuis devenue Visa Cash App RB (VCARB), mais ce changement d'identité n'a pas suffi à calmer les ardeurs des détracteurs du nouveau modèle Red Bull. Zak Brown, le PDG de McLaren Racing, a été l'un des responsables les plus véhéments sur le sujet, craignant que cette collaboration renforcée ne porte ses fruits au-delà des questions de partage de personnel et de propriété intellectuelle, mais également en matière de stratégies de course ou d'influence politique.
S'exprimant sur le sujet en exclusivité pour l'édition italienne de Motorsport.com, Laurent Mekies, à la tête de VCARB, s'en est tenu à l'aspect technique, estimant que la monoplace présentée par l'écurie en ce début de campagne est la preuve qu'elle continue de suivre sa propre voie sans copier Red Bull Racing : "Notre voiture n'est pas la Red Bull de l'année dernière, tout simplement, et si quelqu'un a envie de l'analyser techniquement, il le verra. Tous nos rivaux, sans exception, ont essayé de s'inspirer de la RB19, nous aussi, mais l'histoire de la Formule 1 montre que la copie n'est pas quelque chose d'inhabituel."
"Nous le voyons encore aujourd'hui dans le paddock, il n'y a pas deux voitures identiques ou même proches de l'être, et j'ajouterais qu'après avoir vu toutes les voitures dans la pitlane, je peux dire que visuellement la nôtre est parmi celles qui ressemblent le moins à la RB19. Personne chez Red Bull ne souhaite jouer avec les zones grises du règlement, et par chance pour nous, le règlement est très clair. Nous partageons certaines pièces conformément au règlement, tout comme la moitié de la grille."
Laurent Mekies en discussion avec Liam Lawson, réserviste de VCARB.
Photo de: Mark Sutton / Motorsport Images
Le technicien français a également expliqué que le fait de pouvoir acheter certaines pièces comme les boîtes de vitesses ou les suspensions, qu'il considère comme des éléments ne jouant pas un rôle fondamental dans les différences de performance, permettait aux équipes qui naviguent sous le plafond budgétaire de pouvoir dépenser des sommes plus conséquentes dans des domaines plus pertinents.
"Nous n'avons pas vu de Williams en pole position ou de Haas sur le podium, et cela parce que les éléments partageables n'incluaient pas de pièces particulièrement significatives en termes de performance, se concentrant plutôt sur des pièces ayant un rapport développement/coût élevé. Ces règles visaient également à favoriser un nouveau business model, à offrir la possibilité à une équipe de Formule 1 de participer à la compétition sans être obligée de faire des investissements très importants dans certains composants, comme les transmissions."
"Je voudrais souligner que même à une période aussi favorable pour la F1 sur le plan financier, nos propriétaires continuent d'allouer du budget chaque année, et je pense que c'est le cas pour une grande partie de la grille. Je ne crois pas qu'il y ait de raison de décider de changer ce volet du règlement, en fin de compte, juste pour faire plaisir à une équipe. Le risque est de faire un mauvais choix pour l'ensemble de notre discipline."
Daniel Ricciardo, VCARB 01
Photo de: Shameem Fahath
Mekies a également tenu à minorer le rôle joué par le passage à la suspension arrière Red Bull dans les performances de la fin de saison 2023, préférant mettre en lumière le programme poussé de développement aéro mené par l'écurie basée à Faenza. "Ce n'était assurément pas une simple question de suspension. Nous avons vu que rien de miraculeux ne se produisait en termes de performances."
"L'équipe a longtemps été dixième du championnat, et pour essayer de changer les choses, la décision a été prise de procéder à une modification beaucoup plus importante avec un programme de développement qui s'est poursuivi jusqu'à la dernière course à Abu Dhabi."
"Pratiquement la moitié de la voiture a été modifiée et les résultats ont été évidents parce que c'était la seule équipe qui avait encore un programme de développement à ce stade. C'est un pari qui s'est avéré payant : l'équipe a gagné deux places au championnat constructeurs et, en plus de la récompense sportive, il y a eu une récompense financière."
Avec Roberto Chinchero et Filip Cleeren
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