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Webber met Red Bull en garde contre un "syndrôme Márquez"

Mark Webber estime que Red Bull s'expose à de grandes difficultés en ayant une monoplace que seul Max Verstappen est jusqu'à présent en mesure d'exploiter.

Max Verstappen, Red Bull Racing

Photo de : Sam Bloxham / Motorsport Images

Ex-pensionnaire de l'écurie Red Bull, Mark Webber s'inquiète pour la structure de Milton Keynes à plus long terme. La manière dont la performance est devenue de plus en plus centrée sur Max Verstappen, quadruple champion du monde en titre, est selon lui ce qui a plongé l'équipe dans les pires difficultés avec son second baquet. Surtout, l'Australien estime que le jour où elle perdra son pilote vedette, elle pourrait aller au-devant de très graves problèmes et mettre beaucoup de temps à s'en remettre.

Invité du podcast Formula For Success, l'ancien pilote est même allé jusqu'à dresser une comparaison avec le MotoGP pour imager le risque encouru par Red Bull. L'immense dépendance à Max Verstappen lui rappelle ainsi ce qu'a vécu Honda avec Marc Márquez, parti faire les beaux jours de Ducati.

"C'est comme Marc Márquez lorsqu'il a quitté Honda", explique Mark Webber. "Il avait développé cette moto à son style de pilotage pendant des années. Et sur une moto, si l'on n'est pas à l'aise ou que quelque chose se passe, selon la chance ou la malchance, on peut se blesser. Si Liam Lawson vivait la même chose sur une Honda aujourd'hui, il se serait probablement blessé, en n'étant un capable de trouver la vitesse."

"Lorsque Márquez a quitté Honda, personne ne pouvait piloter la moto. C'est aussi ce qui est intéressant avec Max. Qui sait combien de temps il restera chez Red Bull ? Il pourrait y rester encore trois ou quatre ans. Mais l'équipe doit aussi faire en sorte que cette voiture soit utilisable par plus d'une personne sur Terre."

Un écart "inacceptable"

Liam Lawson n'a pas su apprivoiser la Red Bull.

Liam Lawson n'a pas su apprivoiser la Red Bull.

Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images

Au vu des deux premiers Grands Prix de la saison, Mark Webber estime que Red Bull a pris "la bonne décision" en échangeant les baquets de Liam Lawson et Yuki Tsunoda, tout en pointant le possible revers de la médaille.

"Liam n'a pas trouvé le lien avec la voiture", observe-t-il. "Mais si Yuki n'y parvient pas non plus, que se passe-t-il ensuite ? Ça va être une dynamique intéressante. Il est clair qu'il s'agit d'un véritable défi. Max est le seul à pouvoir extraire le temps au tour de cette voiture. Pour certains Grands Prix de l'an dernier, Sergio [Pérez] passe maintenant pour un magicien."

Pour l'ancien pilote, les écarts observés entre Max Verstappen et son coéquipier ont de quoi rendre perplexe. "On parle de deux à trois dixièmes par secteur, et c'est complètement inacceptable", juge Mark Webber. "Il devrait y avoir des virages où le deuxième pilote montre à Max quelle est la voie à suivre, mais il n'y a aucune contribution. Max porte littéralement cette voiture à bout de bras."

Soudainement, les gens réalisent à quel point la voiture est difficile à piloter.

L'allusion de Mark Webber à Sergio Pérez n'est pas innocente, alors que le Mexicain a passé quatre ans chez Red Bull et décroché cinq victoires sous ses couleurs, avant de peu à peu perdre pied. Aujourd'hui sur la touche, il ne peut que témoigner des difficultés posées par sa monoplace.

"L'année dernière, je n'ai pas eu l'occasion de montrer ce dont j'étais capable", confie-t-il au site officiel de la Formule 1. "Maintenant, soudainement, les gens réalisent à quel point la voiture est difficile à piloter. Lorsque j'ai rejoint Red Bull, il y avait eu de grands pilotes en difficulté avant moi. Alex [Albon] et Pierre [Gasly] sont des pilotes fantastiques, et ils ont eu des difficultés."

"Pour moi, c'est très simple, la voiture est tout simplement difficile à exploiter à 100%, à mettre en confiance. Et ces choses-là avec lesquelles, j'ai eu du mal, même Adrian [Newey] en a parlé. Mais je leur souhaite le meilleur. Yuki a le talent et la vitesse. Et plus encore, il faut la mentalité pour y faire face, et je pense qu'il a la bonne attitude."

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