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Chez Williams, des infrastructures "obsolètes depuis 20 ans"

Williams a beaucoup de retard à rattraper sur la concurrence quant à la mise à jour de ses infrastructures. Que lui permettra de faire le plafond budgétaire ?

Motorhome Williams

Rachetée par Dorilton Capital en 2020, l'écurie Williams vit actuellement sa sixième saison consécutive en fond de grille ; la situation financière plus saine dont elle dispose depuis l'arrivée de l'investisseur américain peine à se faire ressentir sur le plan sportif.

L'écurie nonuple championne des constructeurs – le second meilleur palmarès de tous les temps – ne parvient pas à rattraper son retard, notamment au niveau des infrastructures. C'est ce que James Vowles, nouveau directeur d'équipe en provenance de Mercedes, a eu le déplaisir de constater lors de son arrivée à Grove.

Interrogé dans un entretien exclusif avec Motorsport.com sur la différence entre Williams et un top team comme Mercedes, Vowles a répondu : "C'est tout, je pense. Il n'y en a pas beaucoup, mais certains éléments de l'écurie sont à un niveau similaire à Mercedes. Il y a des éléments qui sont obsolètes depuis 20 ans, ce qui a du sens si l'on réfléchit à l'histoire de cette équipe. Elle n'a pas eu le moindre investissement pendant une vingtaine d'années, puis une firme d'investissement est arrivée."

"Au fond, nous sommes dans une situation où beaucoup d'infrastructures ont été quasiment préservées par rapport à il y a 20 ans. Le département des composites est en deçà de ce que j'ai connu quand j'ai rejoint la F1 avec une autre écurie il y a 20 ans…" L'Anglais a lancé sa carrière dans l'élite avec BAR (désormais Mercedes) fin 2001.

Manifestement, Vowles n'a pas l'intention de faire dans la langue de bois. "[Les conséquences de décisions] que l'on voit, le temps qu'elles arrivent jusqu'à vous, sont le résultat de mois de travail en coulisse. Pour vous donner un exemple, nous sommes ici dans une situation où Williams n'a pas eu le budget pendant les 15 dernières années (sic). La première étape est de rendre cela public, de s'assurer que les gens le comprennent, quitte à ce que Williams ait l'air pauvre. 'Voilà où nous en sommes, voilà pourquoi nous en sommes là'."

James Vowles, Team Principal, Williams Racing

James Vowles, team principal, Williams Racing

"Clairement, mon objectif est que les autres écuries s'alignent derrière moi pour dire : 'En fait, nous allons vous donner une opportunité de se battre contre les top teams, nous allons vous donner une opportunité d'investir'. Au sein de ce forum en particulier, on profite du fait que les gens aiment Williams et aient envie que nous revenions. C'est l'un des points forts qui permettent d'investir dans les domaines où il faut investir. C'est un exemple très simple mais très puissant de la manière dont on se débrouille pour que les autres soient d'accord, même s'ils sont nos concurrents, car cela ne devrait pas leur être bénéfique."

En effet, Williams va avoir besoin d'un petit coup de pouce des instances, notamment la FIA, pour redresser la barre. Le rachat par Dorilton Capital a plus ou moins coïncidé avec la mise en œuvre du plafond budgétaire début 2021, lequel a réduit la marge de manœuvre des écuries sur leurs coûts, même liés à des domaines plus vastes comme les infrastructures. Elles ont actuellement 36 M$ (33 M€) à dépenser sur une période glissante de quatre années, ce qui semble être insuffisant pour de grandes manœuvres, même si des dérogations peuvent être accordées – ça a été le cas pour Aston Martin, qui construit une nouvelle soufflerie.

Vowles a justement trouvé un allié en Otmar Szafnauer, le directeur d'Alpine F1 ayant exprimé sa crainte que l'avantage des top teams ne soit gravé dans le marbre par cette règle, et une solution devrait être entérinée dès le mois prochain.

"La Formule 1 et la FIA sont d'un grand soutien, car dès ma première semaine ici, je leur ai montré : 'Voici ce que j'avais chez Mercedes, voici ce que j'ai chez Williams. Il n'y a aucune chance que nous puissions rivaliser'", relate Vowles. "Je pense que là où nous en sommes actuellement, c'est que ce sera signé d'ici juillet, et les écuries comme la nôtre pourront investir afin de combler leur retard."

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Avec Filip Cleeren et Roberto Chinchero

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