Alpine décidera de son avenir en Endurance d'ici la fin d'année

Évoquant un intérêt pour le LMH comme pour le LMDh, Alpine n'a toutefois pas tranché et décidera dans les mois à venir de la suite à donner à sa présence aux 24 Heures du Mans et en WEC.

Alpine décidera de son avenir en Endurance d'ici la fin d'année

B.D., Le Mans - Aux quatre coins du circuit des 24 Heures du Mans cette semaine, difficile de passer à côté d'Alpine. Le nom du constructeur français est omniprésent, les modèles anciens ou récents sont exposés à plusieurs endroits, et le tout accompagne la présence de la marque dans la catégorie Hypercar, où elle lutte pour la victoire au classement général. Samedi, les pilotes de Formule 1 que sont Fernando Alonso et Esteban Ocon seront même là pour rouler en démonstration avant le départ de la 89e édition.

"Derrière le fait qu'ils soient là, nous voulons montrer qu'Alpine aime Le Mans, qu'Alpine aime l'Endurance", assure Laurent Rossi, PDG de la marque. Une preuve d'amour, mais pas encore de lune de miel. Si à court terme les chances d'Alpine au Mans reposent sur le programme confié à Signatech avec l'engagement d'un ex-prototype LMP1 reclassé, la prise de décision pour le futur se fait attendre. "Nous examinons toujours cela", promet Laurent Rossi, évoquant les "différentes manières permettant de continuer en Endurance".

 

"Ce pourrait être du LMH, ce pourrait être du LMDh", précise-t-il. "C'est une très bonne manière de s'exprimer et d'être complémentaire à la F1. C'est quelque chose que je vois d'un œil très positif. Cependant il y a une équation économique. Nous voulons être en Endurance pour avoir une chance de gagner, pas seulement pour être présent. D'ici à la fin de l'année, nous nous forgerons une opinion quant à la catégorie et à la date d'arrivée."

Rien n'est donc gravé dans le marbre, même si Alpine pourrait par exemple s'appuyer à terme sur les compétences dont la marque dispose à Enstone et Viry-Châtillon, profitant par exemple des ressources laissées de côté par le plafonnement budgétaire de plus en plus strict en Formule 1. "L'idée est d'actionner des leviers d'expertise", admet Laurent Rossi. "Ce n'est pas absurde de penser que les meilleurs ingénieurs aéro, suspension, freins, ainsi que moteur ne travaillent pas uniquement sur une seule chose."

Le processus de décision est aussi étroitement lié à du plus court terme, car dans l'immédiat, la réglementation interdit l'utilisation de l'actuelle A480 pour 2022, et le LMDh n'arrivera qu'en 2023. Quant à l'Hypercar, cela demande un évident délai de conception. Parmi les questionnements, l'on trouve aussi celui autour du partenariat avec Signatech en cas de présence prolongée Endurance.

"Signatech porte le drapeau d'Alpine depuis longtemps", rappelle Laurent Rossi. "Nous leur devons une belle reconnaissance, ils ont gagné trois fois Le Mans en LMP2, trois fois le titre mondial en WEC. Si nous continuons, nous ne voudrions pas nous séparer d'un si bon partenaire. Mais à court terme, c'est difficile. Ça ne dépend pas de nous. C'est une conversation à avoir avec les instances dirigeantes quant à la transition à avoir et cela fait partie de la décision."

Patron de Signatech et team principal du team Alpine au Mans, Philippe Sinault confirme cette situation pour le moment incertaine. "Aujourd'hui, la réglementation ne permet pas [de continuer avec l'A480 en 2022]", souligne-t-il. "Après, ça dépend de tellement de choses... Ça pourrait faire partie de discussions, mais aujourd'hui ce n'est pas le sujet. Aujourd'hui, le sujet c'est cette course, montrer à Alpine que l'on est le bon partenaire et pouvoir être avec eux si jamais ils continuent en Endurance."

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