24 Heures du Mans 24 Heures du Mans

Peugeot a créé la sensation en tête des 24 Heures du Mans

En deçà de Ferrari, Toyota, Porsche ou encore Cadillac, Peugeot faisait figure de véritable outsider pour ces 24 Heures du Mans. Pourtant, après quatre heures de course, c'est la #94 du trio Duval-Menezes-Müller qui menait la danse. Nous nous sommes entretenus avec le pilote suisse à cette occasion.

#94 Peugeot Totalenergies Peugeot 9X8 of Loic Duval, Gustavo Menezes, Nico Muller

Ce début de course, pour le centenaire des 24 Heures du Mans, a été complètement fou. Les accrochages et sorties de piste se sont multipliés face à des averses perturbatrices, mais pendant ce temps, les Hypercars continuent de se tenir dans un mouchoir de poche. Lors de la deuxième neutralisation par la voiture de sécurité à la faveur du Safety Car, c'est la Peugeot #94 qui menait la danse à la surprise générale, grâce à une performance inspirée de Gustavo Menezes, en slicks sur une piste humide. Telle était la situation lorsque nous avons rencontré son coéquipier Nico Müller (au volant au départ de la course) avec d'autres médias il y a quelques instants.

Le classement est particulièrement instable, au point qu'à l'heure où nous publions ces lignes, ce sont les Ferrari #51 et #50 qui mènent. Cependant, neuf prototypes sont à moins d'une minute et demie de la tête de l'épreuve – font exception la Porsche #38 (accident de Yifei Ye alors qu'il menait l'épreuve) la Cadillac #3 (accrochage de Sébastien Bourdais avec des GT), la Porsche #6 (crevaison), la Glickenhaus #708 (fuite d'huile), la Peugeot #93 (tête-à-queue de Jean-Éric Vergne sous la pluie), la Vanwall #4 (problème technique) et la Cadillac #311 (accident de Jack Aitken au départ).

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Nico, votre seule chance était qu'il y ait des choses complètement folles et il y en a eu beaucoup. Vous avez su être là au moment où il fallait. Peut-on résumer ça comme ça ?

Exactement, c'est parfaitement résumé. La course est encore très, très longue. C'est cool de voir notre voiture là en haut, mais il faut être réaliste, ça va être une course très longue et ça va être très dur de rester à ce niveau de performance pure. Je crois qu'on a fait exactement ce qu'il fallait faire jusqu'à présent. On est restés calmes au début, je crois que la voiture a été assez performante même sur le sec au début. On est resté avec le train [d'Hypercars] même avec toutes les choses qui se sont passées. Gus [Menezes] a fait un super boulot quand la pluie est arrivée. On a fait les bonnes choses au niveau stratégie et timing pour passer des slicks aux pneus pluie. Tout a marché parfaitement pour le moment, mais ça peut changer très rapidement. Il faut rester calme et concentré, et puis on verra bien.

Nico Muller, Peugeot Totalenergies

Nico Müller, Peugeot TotalEnergies

Avez-vous un peu roulé sur des secteurs mouillés au départ ?

Oui, il y avait la première chicane qui était complètement mouillée. C'était compliqué, mais je ne vais pas me plaindre, compte tenu de ce que j'ai vu après mon relais : c'était plus difficile après !

Pensez-vous que c'est la pluie qui va sceller le résultat de cette course ?

C'est bien possible. On l'a vu maintenant aussi avec la voiture sœur [Jean-Éric Vergne parti en tête-à-queue dans les graviers, ndlr], ça va tellement rapidement… Il faut aussi avoir un petit peu la chance de notre côté pour survivre à ces conditions-là, surtout pendant la nuit, parce qu'il est possible qu'il y ait de petits orages pendant la nuit. Quand tu ne vois pas où c'est sec, où c'est mouillé, c'est compliqué.

Comment expliquez-vous ces quelques kilomètres de folie de Gustavo face à quatre ou cinq voitures, tout le monde en slicks sous la pluie : est-ce une prise de risque, est-il particulièrement fort sous la pluie ?

Je crois qu'il est fort sous la pluie !

Il y a une part de risque assez grande, pour faire ce genre de choses.

Il faut être honnête : nous, on a moins à perdre que les autres. Après, Gus est un pilote qui met beaucoup de confiance dans son instinct. Il faut être honnête : il a pris plus de risques que le reste, ça se voyait très clairement. Mais ça a marché, alors on ne va pas se plaindre.

Si vous prenez le volant et qu'il pleut, est-ce que vous vous sentez plutôt à l'aise ?

Normalement, oui. Je crois que dans des conditions constantes sous la pluie, la voiture est aussi assez performante, de ce qu'on a vu, avec le peu de roulage qu'on a fait. Les conditions mixtes, c'est vraiment une question de risque. On est encore très tôt dans la course, c'était bien d'avoir un petit moment de shine, mais il faut rester calme, surtout pendant la nuit s'il y a des conditions comme ça.

#94 Peugeot Totalenergies Peugeot 9X8 of Loic Duval, Gustavo Menezes, Nico Muller

#94 Peugeot Totalenergies Peugeot 9X8 - Loïc Duval, Gustavo Menezes, Nico Müller

Vous vous attendiez à être un peu plus compétitifs sur les longs relais qu'en qualifications, mais est-ce une surprise pour vous de tenir le rythme à ce point sur le sec ?

Honnêtement, un petit peu, oui ! C'était une surprise positive au début. Je crois que sur notre voiture on avait un petit peu de malchance avec Sébastien [Bourdais] qui m'avait doublé et après avait un problème, alors un écart s'était ouvert, mais nous avons même réussi à réduire l'écart sur la voiture sœur. J'étais un peu surpris que ça aille tellement bien. Nous avions l'espoir, avec l'aspiration, de pouvoir suivre, mais même sans, j'arrivais à réduire l'écart. Je crois qu'il manque toujours [de la performance], mais on est plus proches que ce qu'on pensait après les qualifs, pour le moment. La piste va évoluer, l'équilibre va changer. Cette course-là, tu ne sais jamais exactement si ça va dans ta direction ou pas. Pour le moment, on est assez contents des sensations qu'on a eues dans la voiture.

Même si vous aviez dans la tête cette idée de profiter des opportunités, être en tête, vous ne l'aviez pas imaginé, si ?

On n'a pas imaginé d'être là, non, c'est clair. S'il y a des opportunités, il faut au moins tenter de faire quelque chose. Je crois qu'on a vu que les autres étaient vraiment, vraiment conservateurs. Parce que c'étaient des Ferrari, des Toyota, ils savent qu'ils jouent la victoire. Nous, on sait qu'il faut profiter des opportunités pour avoir une chance de terminer là devant et de les battre. [Menezes] a fait, je crois, le bon truc. Moi, je ne sais pas si je prendrais le même risque ! Ça a marché, alors tout va bien.

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