Plus que son abandon, Joan Mir regrette une course "de survie"
Déçu par son mauvais rythme en course après un très bon week-end, Joan Mir se focalise bien plus sur cela que sur sa chute provoquée par Jack Miller.
Auteur de la meilleure qualification de sa carrière avec une deuxième place à Portimão, Joan Mir espérait pouvoir enfin se battre pour la victoire, lui qui en avait jusque-là été privé en raison de ses mauvaises places en grille. En tête dans le premier virage, il a réalisé un départ parfait et avait toutes les cartes en main pour tenter de s'y maintenir jusqu'à l’arrivée, mais l'apparition de problèmes inattendus est venue lui compliquer la tâche, avant qu’il ne soit fauché par Jack Miller dans le 18e tour.
Au-delà même de l'erreur de l'Australien à qui il n'a pas tenu rigueur, le pilote Suzuki se montre principalement déçu de son manque de compétitivité après un Grand Prix parfaitement maîtrisé jusque-là. "C'est ça le principal aujourd'hui. Dans les deux premiers tours, j'ai commencé à sentir que quelque chose n'allait pas avec l'avant, j'ai commencé à avoir beaucoup de mouvements à l'avant et ça n'a fait qu'empirer. L'avant de la moto était vraiment à la limite sur la fin, pour ne pas dire plus", a-t-il commenté.
"C'est dommage, parce qu'après un week-end comme celui-ci j'ai pris un super départ et on avait tout pour afficher le rythme qu'on avait l'année dernière, par exemple, ou en tout cas un rythme correct. Mais encore une fois, quelque chose n'allait pas et voilà ce qui s'est passé."
La déception est d'autant plus grande que Mir était sur une pente ascendante depuis l'Argentine, où ses sensations étaient revenues pour la première fois de la saison après deux week-ends compliqués au Qatar et en Indonésie, et il s'était par la suite surpris à Austin en réalisant une course très solide sur un tracé qu'il n'affectionne pourtant pas. La GSX-RR 2022 semblait alors livrer de plus en plus de réponses au pilote et à son équipe après les soucis du début de saison, mais cette course au Portugal est venue poser de nouvelles questions.
Joan Mir mène le peloton au départ du GP du Portugal
"C'est difficile de faire des comparaisons [avec les autres courses], mais le truc en particulier c'est que l'avant bougeait beaucoup dans les premiers tours et ça créait des dégâts. Tour après tour, l'usure est de plus en plus forte si ça bouge, et ensuite à partir du dixième tour tout est fini. C'est comme ça", a-t-il expliqué.
Difficile également de pointer du doigt le manque de roulage sur piste sèche puisque la situation a été la même pour l'ensemble du plateau après des essais réalisés sur le mouillé : "Comme tout le monde, on n'a probablement pas eu le temps pour tout mettre au point et essayer de faire plus de choses, et pendant la course on a eu ce problème. C'était inattendu, franchement, parce qu'on a fait le warm-up avec le pneu soft et on s'attendait à ce qu'avec les mêmes pneus que l'année dernière, tout puisse plus ou moins bien se passer. Ça n'a pas été le cas".
"Dans aucun tour, je n'ai eu la possibilité de pousser, c'est ça le truc : j'étais là et je ne gagnais pas le moindre avantage, à aucun endroit, c'était juste de la survie. Si je n'étais pas tombé à ce moment-là, je serais tombé à un autre moment parce que l'avant était vraiment à la limite", a-t-il affirmé.
"Aujourd'hui, je n'ai rien appris. J'espère que l'équipe, oui, avec les informations [recueillies], et que ça n'arrivera plus. Je suis très déçu parce qu'aujourd'hui je m'attendais à quelque chose de mieux. On se réveille et on veut faire le job, mais c'est comme ça."
Le Champion du monde 2020 repart frustré du Portugal mais espère pouvoir tourner la page à Jerez, dès le week-end prochain. La piste andalouse lui a toutefois apporté des résultats mitigés en MotoGP jusqu'à présent avec deux tops 5 et deux abandons. Désormais sixième du championnat, Mir compte 23 points de retard sur son coéquipier Álex Rins et sur Fabio Quartararo, un écart possible à combler.
Avec Léna Buffa
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