Entre mental et résistance physique, la quête d'équilibre d'Aleix Espargaró
Si son corps est on ne peut plus affûté, Aleix Espargaró n'en délaisse pas pour autant son esprit et cherche à prendre soin de sa santé mentale en faisant appel à un psychologue lorsqu'il en ressent le besoin.
La parole s'est indéniablement libérée ces dernières années sur les questions de santé mentale et le recours de certains pilotes à des psychologues, notamment aidé par le fait que Fabio Quartararo se soit ouvert sur le sujet. Maverick Viñales s'est également trouvé au centre de l'attention, faisant preuve d'une certaine instabilité tout en évoquant facilement en public ses efforts pour trouver la sérénité, au point de constituer l'un des principaux points d'intérêt du nouveau docu-série MotoGP Unlimited qui suit longuement le pilote espagnol dans une saison 2021 mouvementée.
Son coéquipier, Aleix Espargaró, a lui-même évoqué le sujet récemment, indiquant avoir recours à un psychologue depuis bien longtemps. "Depuis ma première année en mondial, je travaille avec un... Je n'aime pas vraiment l'appeler un 'coach'. Je travaille avec un psychologue, du sport évidemment, depuis mes 15 ans", a expliqué le pilote espagnol, aujourd'hui âgé de 32 ans.
"En 2018 et 2019, en particulier, j'ai eu beaucoup de rendez-vous avec lui via Zoom et je suis aussi allé le voir à Barcelone", a-t-il indiqué. "Ça m'aide beaucoup. Maintenant je ne le vois plus régulièrement, mais chaque fois que je doute… Vous n'avez pas besoin d'aller mal [pour ça], parfois vous avez juste besoin de comprendre comment changer quelque chose ou comment structurer différemment un élément de votre vie. Je parle avec lui et ça m'aide beaucoup parce que ça m'apporte un point de vue extérieur. C'est très, très important."
"À l'heure actuelle, on fait toujours plus attention à la nutrition, à la condition physique, mais la tête est la partie la plus importante du corps et la plus puissante, et j'en prends vraiment soin", a assuré Espargaró. Certainement le pilote le plus affûté physiquement, l'Espagnol, grand adepte du cyclisme qu'il pratique avec intensité, puise dans sa préparation la résistance dont il a besoin pour les week-ends de course. "Il faut essayer d'arriver le plus en forme possible le dimanche, mais ça signifie que le corps doit être préparé, tout comme la moto et les réglages. Il faut faire son boulot", a-t-il résumé.
De ce point de vue, le Grand Prix d'Indonésie l'a confronté à la meilleure épreuve de résistance physique qui soit. Si la course de Mandalika a finalement eu lieu sous la pluie, évitant aux pilotes trois quarts d'heure d'efforts dans la fournaise, le week-end aura malgré tout été une expérience exigeante, avec des températures dépassant les 30°C, au point de faire paraître l'épreuve précédente, au Qatar, comme ayant été "très facile" selon Aleix Espargaró.
"Si je m'entraîne très dur plusieurs heures chez moi, c'est pour des jours comme ceux-là", indiquait-il en ouverture du week-end de Mandalika. "Le Qatar a été très facile physiquement, on aurait pu faire 100 tours de suite si on avait eu assez de carburant pour ça ! Ici, c'est bien plus dur, mais c'est sympa aussi. Ça me plait beaucoup parce que c'est aussi un challenge pour nous. En tant qu'athlète, j'aime essayer de pousser mon corps à la limite."
Estimant que les conditions n'étaient "pas très loin de la limite", le pilote Aprilia s'est souvenu de quelques rares épisodes tout aussi éprouvants : "On n'a jamais vraiment fait face à de telles températures. Je me souviens de Jerez, après le confinement il y a deux ans ; on avait eu plus de 50°C en piste, il faisait très, très chaud. Je crois que c'était Lecuona qui n'avait pas pu finir la course et avait dû arrêter physiquement. En Thaïlande aussi, c'était très exigeant."
"Mais c'est notre boulot, c'est pour ça qu'on s'entraîne. Tout le monde ne peut pas piloter une MotoGP. Je pense que si tous les pilotes veulent être appelés des athlètes, ils doivent le prouver. Sur certains circuits, ça va être très, très exigeant et ici c'est le cas", a-t-il ajouté.
Avec Charlotte Guerdoux
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