Ne pas courir à Valence pourrait être "pire" selon le président de la FIM
Le président de la FIM a souligné l'importance de maintenir le Grand Prix MotoGP de Valence afin de ne pas entraîner de conséquences économiques plus grave encore dans la région sinistrée par les inondations.
Photo de : Paco Alcobendas
Intempéries à Valence
Le point sur la situation à Valence après le passage d'une tempête dévastatrice, à quelques jours du Grand Prix MotoGP prévu sur place.
Alors que s'ouvre le 19e Grand Prix de la saison MotoGP en Malaisie, c'est vers l'Espagne que se tournent les pensées dans le paddock après les crues dévastatrices qui ont soudainement frappé la région de Valence cette semaine. Deux jours après les intempéries, les nouvelles qui parviennent de la zone sinistrée sont toujours plus dramatiques, avec désormais un bilan provisoire dépassant les 150 morts.
Choqués par la nouvelle, les acteurs du championnat ne peuvent éviter de penser à ce que ce drame aura comme répercutions sportives pour eux, bien que le sujet soit évidemment anecdotique en comparaison de la situation humaine et sanitaire sur place. Le fait est que le circuit Ricardo Tormo situé à Cheste, en périphérie de Valence, doit accueillir dans deux semaines le dernier Grand Prix de la saison, puis la cérémonie de remise des prix aux champions et, dans la foulée, le premier test de l'intersaison.
D'après les informations communiquées hier par le championnat de Formule E, qui doit tenir son test d'avant-saison sur place la semaine prochaine, le circuit est inaccessible en voiture, la route principale ayant été détruite, et des routes alternatives sont à l'étude. Le circuit en lui-même semblerait épargné, même si les contrôles se poursuivent pour s'en assurer.
Seulement, au-delà de l'état des infrastructures, ce qui interroge c'est surtout l'aspect moral d'un déplacement à Valence quelques jours à peine après une telle catastrophe. Les pilotes MotoGP de pointe l'ont rappelé ce jeudi lorsqu'ils ont été interrogés sur la situation. Marc Márquez a estimé que "d'un point de vue éthique", ce serait selon lui "une erreur" de maintenir le Grand Prix, soulignant la nécessité de garder les ressources disponibles pour venir en aide à la population au lieu de les monopoliser pour réparer la route d'accès au circuit. Jorge Martín et Pecco Bagnaia se sont eux aussi montrés solidaires, le champion en titre jugeant qu'il ne serait "pas correct" d'organiser un événement festif au cœur d'une zone sinistrée.
Pour le moment, la Dorna n'a pas communiqué officiellement sur les faits et continue à étudier les différentes options possibles. Jorge Viegas, président de la Fédération internationale de motocyclisme, a toutefois livré son sentiment jeudi soir en étant interrogé par Sky Italie. Et le Portugais met en avant le besoin de soutenir la région sinistrée en envisageant le Grand Prix comme un soutien économique à préserver.
"Si nous ne le faisons pas à Valence, c'est pire pour toute la communauté valencienne", a déclaré Jorge Viegas. "Nous sommes en train de travailler à une solution qui plaise à tout le monde et qui soit juste, qui fasse honneur à tout ce qui s'est passé. C'est inévitable, nous devons être solidaires avec les gens. Si nous ne le faisons pas à Valence, c'est pire, l'économie en souffrira."
La solution en question pourrait être de maintenir le Grand Prix mais à huis clos. Les autres options envisageables seraient de stopper la saison après le Grand Prix de cette semaine ou de trouver un autre circuit pour accueillir la dernière manche, avec cependant, dans le premier cas, des répercutions sportives importantes alors que deux pilotes sont en lutte serrée pour le titre MotoGP, et dans le second, d'immenses complications logistiques à prévoir.
Dans l'après-midi, Davide Tardozzi, team manager de l'équipe officielle Ducati, a dit s'attendre à une décision prise dans le courant du week-end : "Je suis certain qu'ils essayent de faire de leur mieux et ils ont besoin d'au moins quelques jours pour comprendre quelle sera la situation. Je suis sûr que samedi ou dimanche au plus tard, ils nous diront quelque chose. Mais il faut les laisser travailler et je suis sûr qu'ils organiseront la meilleure fin de saison possible."
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