Bagnaia et Miller impressionnés par la progression de Ducati en 2021

Les pilotes Ducati voient de nombreux facteurs pour expliquer les progrès de la marque cette année.

Bagnaia et Miller impressionnés par la progression de Ducati en 2021

Le championnat des pilotes a échappé à Ducati mais la firme de Borgo Panigale est en meure de faire main basse sur tous les autres honneurs. Le titre des constructeurs a été assuré à Portimão et la victoire de Pecco Bagnaia, combinée à la troisième place de Jack Miller, a permis à la marque de passer en tête chez les équipes, devant Yamaha. Dans les autres classements, Johann Zarco et Pramac sont assurés de finir meilleurs indépendants, tandis que le meilleur rookie sera forcément le pilote d'une Desmosedici, Enea Bastianini ou Jorge Martín.

En comptant le succès conquis par ce dernier au Red Bull Ring pour le compte du team Pramac, Ducati a remporté sept courses cette année, un total qui n'a été égalé qu'en 2018 sur les dix dernières années, alors qu'il y avait 19 courses au programme et que la finale de Valence sera la 18e manche de la saison 2021. Selon Bagnaia, cette progression est due à la façon dont les Rouges ont exploité la stabilité réglementaire imposée sur fond de pandémie cette année. Les constructeurs ont dû conserver des machines similaires et Ducati en a profité pour se concentrer sur ses faiblesses.

"On a eu une année de plus pour se concentrer sur une moto plus ou moins identique, et pour moi c'était mieux parce que j'ai mieux compris comment la piloter, sans aucun changement", a précisé celui qui est désormais assuré de terminer deuxième du championnat après avoir survolé le GP de l'Algarve. "C'est sûr qu'il y a eu quelques changements par rapport à la moto de l'an dernier, mais dès le début de la saison, je me suis senti bien et j'ai commencé à travailler sur cette base. Je pense que c'est la même chose pour Jack."

"On a beaucoup travaillé et on fait des choses différentes sur une moto qui est plus ou moins la même. On est plus forts au freinage, dans le turning. Je pense qu'on a fait un très bon travail cette année. C'est également bien pour les ingénieurs qui doivent développer la nouvelle moto. Je pense qu'on a fait un travail énorme cette année."

Jack Miller, Ducati Team, Francesco Bagnaia, Ducati Team

Alors que les deux machines engagées marquent des points dans le championnat des équipes, seul le résultat du meilleur pilote est pris en compte pour le classement des constructeurs après chaque course. Ducati a l'avantage d'engager six machines, avant de passer à huit l'an prochain, et peut ainsi s'appuyer sur un nombre important de pilotes. Cinq représentants de la marque sont montés sur le podium depuis le début de la saison et Jack Miller y voit une force à plusieurs égards.

"On a remporté le championnat des constructeurs l'an dernier et je pense que ça montrait que ce n'était pas que Dovi et Danilo [Petrucci, qui étaient dans l'équipe officielle], mais nous tous : moi, Pecco, Dovi, Danilo, Johann [Zarco], on poussait tous", a souligné l'Australien, lui-même trois fois meilleur représentant de Ducati  en course cette année. "Et c'est beau : ce qui est bien chez Ducati, c'est qu'on est nombreux sur la grille et qu'il y a toujours quelqu'un dans le top 4 ou le top 5, tous les week-ends."

"On a un bon package, on récolte des données sur comment [les autres pilotes de la marque] gèrent ces situations. C'est une chose fantastique chez Ducati et je pense que ça nous aide. Ça se renforce année après année. La saison passée, on a remporté le titre des constructeurs. Cette année, on l'a encore gagné et dans une semaine, on gagnera le titre des équipes, donc ça fera deux sur trois. Et en 2022 on fera le triplé !"

"Le jour et la nuit" entre 2017 et aujourd'hui

Miller salue également le travail effectué en amont des Grands Prix, avec l'arrivée d'innovations ensuite copiées par la concurrence et un gros travail de déverminage accompli par Michele Pirro, le pilote d'essais de Ducati. Autant d'éléments qui ont permis de profondément modifier la machine ces dernières saisons : "On a un très bon pilote d'essais, Michele, qui fait beaucoup de choses incroyables en coulisse, parce que toutes les nouveautés que l'on a passent par lui, par ce que je qualifierais de 'filtre'. On a quelqu'un de bien à ce poste. Après, c'est aux pilotes faire le boulot."

"On a des talents incroyables comme Jorge, Enea [Bastianini], même Luca [Marini], et je suis sur une Ducati depuis 2017, donc j'ai vu le développement de la moto. [...] C'est le jour et la nuit. Je pense que ça montre les processus mis en place par Ducati dans ce projet. On est toujours les premiers. Les premiers avec les ailerons, les premiers avec le ride height device, les premiers avec le launch device. Ils repoussent toujours les limites et les autres suivent, donc c'est fantastique d'être membre d'une telle équipe et de leur apporter un nouveau titre des constructeurs. Comme je l'ai dit, la semaine prochaine on veut leur apporter le titre des équipes."

J'ai mis du temps pour être aussi performant, mais peut-être que je suis comme ça. Je pense qu'on a fait le meilleur travail pour être performants. La base est là pour l'an prochain.

Pecco Bagnaia

La marche en avant de Ducati a également été favorisée par un duo arrivé à maturité. Coéquipiers depuis 2019, Miller et Bagnaia ont été promus depuis le team Pramac cette année, et tandis que le premier a retrouvé la victoire, le second a décroché ses trois premiers succès en MotoGP. Bagnaia reconnaît avoir eu un véritable déclic pour sa troisième saison dans l'élite, avantagé par un contexte favorable.

"Sincèrement, c'était très dur [en 2019 et 2020], parce que parfois je sentais que j'étais bon une ou deux fois par an, et le reste du temps j'avais du mal", a reconnu l'Italien. "J'avais du mal à tous les niveaux. Quand j'étais bon, ça allait, mais le reste du temps, j'étais très lent, je tombais sans comprendre pourquoi. Je ne sais toujours pas ce qu'il s'est passé les deux dernières années, sincèrement, mais en arrivant dans l'équipe d'usine, j'ai senti des choses différentes sur la moto."

"L'atmosphère est très bonne dans l'équipe et c'est une chose que j'apprécie vraiment. Cet hiver, j'ai  énormément travaillé avec mon entraîneur, à la salle et en piste à Misano, et on a fait de gros progrès. Je suis très content des progrès qu'on a faits. J'ai mis du temps pour être aussi performant, mais peut-être que je suis comme ça. Je pense qu'on a fait le meilleur travail pour être performants. La base est là pour l'an prochain."

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