Bastianini sent qu'il a "un peu plus de mal" que Bagnaia
Enea Bastianini en a terminé d'une intersaison studieuse qui l'a vu prendre sa place dans l'équipe officielle Ducati. Les derniers essais ont toutefois montré que c'est Pecco Bagnaia qui est la référence pour le moment.
Il serait difficile d'être passé à côté de l'information : Ducati a une nouvelle fois marqué de son empreinte les derniers essais de pré-saison menés pendant le week-end au Portugal. En ayant placé ses sept machines aux huit premières places dimanche (le huitième pilote, Fabio Di Giannantonio, était convalescent), le constructeur italien a marqué les esprits pour ce qui avait tout d'une répétition générale à deux semaines du coup d'envoi du championnat, prévu sur le même circuit.
En ce qui concerne les individualités, c'est Pecco Bagnaia qui a émergé, auteur du meilleur temps chacun des deux jours. Voilà de quoi faire tiquer son nouveau coéquipier, Enea Bastianini, qui s'est pour sa part classé sixième de ce test, à quatre dixièmes du chrono de référence.
Dans l'ensemble, le pilote italien a eu du mal à tirer profit de ces derniers essais de la pré-saison MotoGP. La première journée, en particulier, l'a laissé sur sa faim, alors qu'il a été touché par des soucis techniques dont il n'a pas dévoilé la teneur − "Deux petits problèmes m'ont fait perdre un peu de temps et aussi mes sensations, parce que j'ai passé une heure et demie au stand" − avant une chute survenue au moment où il aurait dû passer de pneus très usés à des gommes neuves, et dont il a assumé la responsabilité. Résultat, il n'était que 17e sur la feuille des temps.
Le travail réalisé dimanche lui a permis de gommer son agacement et de se tourner vers le premier Grand Prix de la saison, qui se courra la semaine prochaine sur la même piste, avec un peu plus de sérénité. Il n'en demeure pas moins que Bastianini voit en Bagnaia la référence du moment.
"Ces deux journées ont été positives, même si on a vraiment manqué de chance [samedi]. [Dimanche] on est partis avec une mentalité différente, ce qui nous a permis de beaucoup progresser immédiatement et, en général, de très bien travailler", a-t-il commenté à l'issue du test. "On a fait des modifications sur la moto avec lesquelles mes sensations ont été bien meilleures. Ça m'a permis de pousser sur l'avant, alors que [samedi] j'avais très tôt atteint la limite."
"On n'a pas fait de tests particuliers, on s'est principalement concentrés sur le set-up de la moto et sur mon style de pilotage avant la première course", a-t-il souligné. "Je suis content de mon rythme de course, mais aussi de mon time attack : je n'en ai fait qu'un et c'était très bien ; pas au niveau de Pecco, mais pas mal."
"Pecco a fait la différence sur tout le monde, particulièrement sur le tour lancé, qui lui réussit généralement très bien", a poursuivi Bastianini. "Pecco est très bon pour bien couper l'accélération, tandis que moi, je suis un peu plus agressif. C'est sur cet aspect-là que je me fais encore avoir. J'arrive plus ou moins à être sur les mêmes temps, mais quand il faut donner quelque chose de plus, j'ai plus de mal."
"Sur le rythme, je pense avoir fait du bon travail, mais lui aussi. Évidemment, la course sprint est différente ; j'ai fait ma première simulation et il va falloir essayer de ne pas prêter attention aux pneus, parce qu'en douze tours l'usure n'est pas énorme. Pour la course plus longue, ce sera intéressant parce que le pneu à utiliser n'est pas encore clair. Je ne pense pas que le soft tiendra, mais on verra."
Enea Bastianini
Ces essais marquaient la fin d'une intersaison riche d'enseignements pour Enea Bastianini, devenu pilote officiel et passé d'une Ducati de 2021 au tout dernier modèle. Il lui a fallu prendre ses marques avec son nouveau rôle, lui dont la parole est aujourd'hui bien plus attendue par les ingénieurs de Borgo Panigale, tout en découvrant la nouvelle spec. "Même si les motos sont très similaires, il faut faire quelque chose de différent", soulignait-il pendant le week-end.
Pour ne rien arranger, la piste de Portimão a semblé lui poser quelques difficultés. "À Portimão, je n'ai jamais fait tellement de tours sur le sec avec la MotoGP alors j'ai besoin de prendre des références, de comprendre certaines choses", expliquait-il après la première journée, "et de comprendre comment mieux exploiter la nouvelle moto parce que pour le moment, j'ai peut-être un peu plus de mal que Pecco."
Si son voisin de stand fait figure de référence à ce stade, Enea Bastianini a bien conscience également de la force des autres pilotes Ducati, notamment de Luca Marini, qui conserve cette année la GP22 dont il disposait déjà la saison dernière et qui s'est montrée redoutable durant toute l'intersaison. Samedi, le #23 l'avait déjà tout particulièrement à l'œil : "Je pense que pour le moment, Pecco a mieux compris cette moto. Il est très rapide dans le time attack, mais aussi plutôt bon sur le rythme. Luca a été très rapide aujourd'hui avec la moto de 2022. Je pense que pour le moment, les deux motos sont très similaires. Maintenant, il me faut progresser pour arriver à ce niveau et il faut que je le fasse vite parce que dans deux semaines on sera ici pour la course."
"Je serai prêt", a promis Bastianini bien qu'il ait quelque peu tâtonné durant ce week-end. Et d'ajouter avant de partir : "Je pense qu'il nous manque encore quelque chose pour pouvoir nous battre pour la victoire, mais on n'est pas loin."
Avec Lorenzo D'Adderio
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