Top 10 inattendu pour Bastianini : "Je n'ai pas perdu mon point fort !"
Jusque-là en difficulté sur la KTM, Enea Bastianini a exprimé sa capacité à préserver les pneus pour s'offrir un top 10 supérieur à ses attentes au GP de Thaïlande. L'Italien gagne en confiance au freinage et semble avoir eu un déclic lors du warm-up.
Photo de : Rob Gray / Polarity Photo
Les pilotes KTM ont tous été confrontés à des difficultés pendant le week-end de Buriram. Pedro Acosta, sur qui reposaient les meilleures chances de la marque après avoir été le seul à accéder à la Q2, a chuté en raison de mauvaises sensations avec l'arrière de sa moto.
Sur la seconde machine officielle, Brad Binder n'avait "pas vraiment de rythme sur un tour" et a dû se contenter de la 14e place. Huitième de la course sprint après un excellent départ, il a fait le choix d'être "extrêmement doux" avec ses pneus le dimanche, ce qui lui a permis une lente remontée vers une nouvelle huitième place.
"Je pense que j'ai peut-être fait un mauvais choix de pneu", reconnaissait néanmoins Binder sur le site officiel du MotoGP, après avoir opté pour une gomme dure à l'avant. "Je pense que le tendre offrait beaucoup plus d'adhérence, peut-être que j'aurais moins glissé."
Parmi les quatre pilotes KTM au départ, seul Enea Bastianini a choisi le tendre à l'avant, avec une certaine réussite puisque le pilote Tech3 a vu l'arrivée dans la roue de Binder. L'Italien retrouvait pourtant la Thaïlande sans grand espoir après une découverte de sa nouvelle moto plus que délicate.
"Je ne sais pas à quoi m'attendre parce que les tests ne se sont pas très bien passés", confirmait-il le jeudi, avant de détailler ses problèmes : "C'est plus difficile que ce à quoi je m'attendais. Ça n'est pas mauvais, la moto est bonne, mais je dois modifier mon style parce que le frein arrière est difficile à utiliser avec cette moto, or habituellement je l'utilise beaucoup mais je bloque la roue arrière."
Enea Bastianini
Photo de: Rob Gray / Polarity Photo
"C'est plus facile quand je n'attaque pas beaucoup, mais dès que j'attaque j'essaie de contrôler la moto avec le frein arrière et je fais des erreurs. Pour l'avenir, on va voir si j'arrive à m'améliorer sur ce point. Et puis, la moto est aussi très étrange en entrée, parce que parfois je bloque l'avant et parfois j'arrive à entrer fort en étant sur les freins, donc c'est une situation que je ne comprends pas très bien."
Le vendredi, il admettait n'avoir "pas fait de gros pas en avant" et évaluait sa confiance à "1/10" sur la KTM : "Je n'arrive pas à freiner et tant que je n'aurai pas trouvé la confiance sur ce point, je perdrai juste beaucoup de temps."
Le samedi n'a guère été plus réjouissant, avec la 20e place sur la grille et la 18e à l'arrivée du sprint. "C'était ma première course avec cette moto et ça a été un désastre, surtout le milieu de la course", a résumé Bastianini. "J'ai fait beaucoup d'erreurs."
L'ancien représentant de Ducati n'était toujours "pas à l'aise" sur la moto, en particulier "en entrée de courbe", avec des difficultés persistantes dans la phase de freinage : "À chaque fois, c'est difficile de relâcher les freins avec la KTM parce que l'arrière pousse. Après avoir été poussé, c'est difficile de tourner. Je perds du temps à chaque tour et je pense qu'il faut qu'on progresse, mais je ne sais pas si je dois faire plus de changements en étant sur la moto."
Enea Bastianini
Photo de: Rob Gray / Polarity Photo
"Le freinage en ligne est très bon, on peut freiner très, très fort sur cette moto, et quand on est derrière d'autres pilotes, on peut doubler très, très facilement, comme je l'ai vu l'an dernier avec Brad et Pedro. Mais pour le reste, c'est très dur de tourner, et dans la deuxième partie du freinage. Il faut que je comprenne cette situation."
La KTM a néanmoins des forces dans la phase de freinage par rapport aux Ducati qu'il a pilotées depuis le début de sa carrière en MotoGP : "On peut être très, très agressif au freinage parce que cette moto a moins de blocages à l'avant que mon ancienne."
Bastianini voyait ainsi une plus grande marge de progrès dans son pilotage que dans les réglages de la KTM : "Je pense que l'on peut essayer quelque chose pour adapter la moto à moi. Mais c'est beaucoup plus simple d'adapter mon style à la moto."
Un déclic le dimanche ?
Le warm-up a permis à Enea Bastianini de trouver de meilleures sensations en vue de la course, où il a occupé le 16e rang jusqu'à mi-parcours, avant de gagner progressivement des positions pour voir l'arrivée à la neuvième place. On a ainsi retrouvé le Bastianini capable de faire la différence en fin d'épreuve grâce à une meilleure gestion de ses pneus... et avec, comme il l'annonçait en début de week-end, des facilités sur la KTM quand il n'attaque pas à outrance.
"[Dimanche] matin, je pense qu'on a fait des progrès. J'étais optimiste pour la course mais pas au point d'entrer dans le top 10. Je pense que le pneu tendre à l'avant m'a aidé à trouver plus de confiance."
Enea Bastianini
Photo de: Rob Gray / Polarity Photo
"Au départ, j'ai essayé d'être beaucoup plus rapide mais j'ai été très agressif et j'ai fait quelques erreurs", a-t-il précisé. "En milieu de course, j'ai essayé d'être plus doux, sans beaucoup de frein moteur. J'ai changé la cartographie moteur et la moto a mieux fonctionné que dans la première partie. Je suis content parce qu'avec cette moto, je n'ai pas perdu mon point fort, la dernière partie de la course. Je suis content de ça."
Ça peut probablement être mieux mais ma confiance a grandi pendant le week-end.
Le week-end à Buriram aura finalement permis à Bastianini de parfaire sa connaissance de la KTM et surtout de trouver plus de confiance à son guidon : "Ce qui était important, c'était d'apprendre et me comparer encore aux autres pilotes, pour voir mes points forts et mes points faibles. J'ai confirmé mes sensations. On perd du temps en milieu de courbe, surtout dans les lents. On perd ces 5 ou 6 km/h et pour la sortie, ce n'est pas bon, surtout en pneu neuf."
"Maintenant, je connais mieux ma relation avec la moto sur cette piste", a-t-il souligné. "Je veux voir si c'est différent sur d'autres pistes. Ça peut probablement être mieux mais ma confiance a grandi pendant le week-end. Avec mon ancienne moto, c'était super facile sur toutes les pistes. Il faut que je comprenne mieux celle-là parce que ce n'est que la première course mais le potentiel peut être élevé."
Avec Léna Buffa
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