Bezzecchi refuse de s'emballer après l'excellent début d'Aprilia
Aprilia est sorti du lot lors du premier Grand Prix, avec quatre pilotes performants et une moto visiblement au-dessus du lot. Pour le leader du constructeur, il est toutefois trop tôt pour considérer ce niveau durable.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Lorsque débuteront les essais du Grand Prix du Brésil, vendredi, les équipes auront une question - parmi d'autres - en tête : les Aprilia vont-elles réapparaître telles qu'on les a laissées en Thaïlande ? Elles ont véritablement marqué de leur empreinte la première manche de la saison, avec notamment un Marco Bezzecchi en référence évidente mais aussi trois autres pilotes parfaitement dans le coup.
La prestation des RS-GP à Buriram s'inscrivait elle-même dans la continuité de celle de la fin du championnat précédent. Alors, aujourd'hui, peut-on parier sur une suite du même acabit ?
Face à ces attentes, Marco Bezzecchi est le premier à appeler à la prudence. Bien que vainqueur du premier Grand Prix, ainsi que poleman et auteur du record de la piste, et privé d'un carton plein par sa seule chute dans le sprint alors qu'il se trouvait en tête, l'Italien n'a pas l'intention de s'emballer. Craignant toujours Ducati et particulièrement Marc Márquez, il pressent aussi que certaines pistes conviendront bien moins au duo qu'il forme avec sa machine.
Bezzecchi sait pourtant qu'il peut compter sur une moto plus performante encore qu'elle ne l'était l'an dernier. "Aprilia a fait du bon travail cet hiver. Ils ont travaillé très dur pendant toute la pause pour nous apporter des pièces importantes à essayer. C'était important."
"Néanmoins, je pense qu'il est encore très, très tôt. Il n'y a eu qu'une course, le championnat est très, très long", faisait-il remarquer en Thaïlande, face à la presse internationale. Et d'insister après du site officiel du MotoGP : "C'est sûr que les gars ont fait un travail exceptionnel cet hiver, mais ce n'est que la première course et on doit rester calmes, concentrés, garder la tête froide et toujours travailler du mieux possible."
Aprilia avait deux pilotes sur le podium au GP de Thaïlande.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
"On sait qu'on aura du mal à certains moments. C'est normal, ça arrive à tout le monde. Il faut qu'on aborde les courses les unes après les autres, en essayant de garder cet état d'esprit super positif."
Une moto en progrès et une usine toujours plus solide
S'il y a un élément qui force toutefois la confiance chez Aprilia, c'est la progression homogène des quatre pilotes. Chacun à leur niveau, ils ont haussé leur jeu en Thaïlande, profitant d'après le patron du programme des évolutions techniques réalisées ces derniers mois.
Massimo Rivola a insisté en effet sur le fait qu'il y a bien "quatre motos d'usine" chez Aprilia et qu'elles sont "parfaitement identiques". Les différences, a-t-il précisé, viennent uniquement des goûts de chaque pilote, qui poussent à adopter une pièce ou au contraire à la mettre de côté.
Tous ont en tout cas profité du gros travail réalisé sur l'aérodynamique, dont se félicite particulièrement le PDG d'Aprilia Racing. "De petits détails font la différence. On peut voir que la forme de la moto est assez différente par rapport à l'année dernière."
"Et ce que j'apprécie le plus, compte tenu de la difficulté pour les pilotes de s'adapter à un nouveau package aérodynamique, c'est que chaque fois que nous introduisons quelque chose de ce côté-là, ça fonctionne. Cela signifie que nos modèles fonctionnent bien et que notre façon de travailler s'améliore de plus en plus."
"Je ne cesse de le répéter, mais chaque année, nous devenons une meilleure usine, et si vous êtes une meilleure usine, vous produisez de meilleures performances", soulignait encore Massimo Rivola en Thaïlande, avant de rappeler l'importance de Fabiano Sterlacchini dans l'accélération de cette progression, le directeur technique ayant pleinement pris ses fonctions la saison dernière.
"Il ne faut pas oublier que Fabiano a passé 20 ans chez Ducati et chez KTM. Quand on a vécu d'autres expériences de ce genre, on sait où l'on réussit et où l'on échoue. Nous essayons donc de ne retenir que ce qui a fonctionné pour lui, en tenant compte de son expérience", a ajouté le responsable italien.
"Il est certain que cela accélère le processus, mais je dirais que, plus que cela, l'approche de Fabiano est quelque chose que j'apprécie beaucoup, car il est très transparent avec les gens. Il essaie d'impliquer les gens, de maintenir un groupe ouvert où chacun se parle, et c'est fondamental."
Avec Vincent Lalanne-Sicaud
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