Au Brésil, Michelin s'attend au circuit le plus dur pour les pneus
Goiânia confronte le MotoGP à un défi de taille cette semaine, et les pneus seront notamment au cœur de l'attention sur une piste attendue comme particulièrement exigeante pour eux.
Photo de: Michelin Sport
Avec le retour du Grand Prix du Brésil au calendrier MotoGP, le championnat se rend cette semaine sur le circuit de Goiânia, que les Grands Prix moto n'ont arpenté qu'à la fin des années 1980.
Sa réapparition sur l'agenda n'a été possible qu'avec l'investissement de plusieurs millions de dollars dans des travaux de modernisation et de mise en conformité avec les exigences actuelles de la FIM. Le paddock tout entier, les stands et le centre médical ont été modernisés, tandis que les voies de dégagement ont été sécurisées et la piste bien entendu resurfacée intégralement.
Ce circuit que les pilotes commenceront à arpenter vendredi en essais ne couvre pas plus de 3,8 km. Il tourne à droite et compte 14 virages : neuf à droite et cinq à gauche. Le tracé a la singularité d'enchaîner une très longue portion sur laquelle les motos resteront inclinées à droite. Attendu comme un circuit anti-Márquez, Goiânia peut aussi, par cette caractéristique, poser des difficultés aux pneus.
Et la problématique n'est pas anodine, car Michelin n'a pas pu réaliser de test sur place. Parmi les pilotes MotoGP, seuls Diogo Moreira, Franco Morbidelli et Luca Marini ont roulé à Goiânia il y a un an, mais au guidon de motos sportives dans le cadre d'un événement populaire. Alors il a fallu faire avec les moyens du bord pour le manufacturier clermontois.
"Nous allons découvrir au Brésil un nouveau circuit et un nouvel asphalte. Toutes nos données sont donc basées sur les simulations que nous avons réalisées avec un programme développé par nos ingénieurs", explique Piero Taramasso, responsable deux roues chez Michelin Motorsport, dans une interview pour l'édition italienne de Motorsport.com.
"Quand on aborde un circuit inédit, les équipes aussi nous aident en mettant à notre disposition leurs propres données de simulation, afin de les recouper et de comprendre s'il existe une cohérence dans les vitesses et l'énergie transmises aux pneus."
Vue aérienne du circuit de Goiânia
Sur la base de ces simulations, Michelin est arrivé à la conclusion que Goiânia sera "une piste exigeante et très rapide". Piero Taramasso explique : "Déjà, la vitesse moyenne est élevée, mais le tracé est également très asymétrique, avec plus de sollicitations sur le flanc droit du pneu. Donc, comme à Valence et Phillip Island, nous apportons des solutions asymétriques à l'avant et à l'arrière."
"C'est un circuit très court, qui n'atteint même pas 4 km, plus ou moins comme le Sachsenring, mais il est très rapide et asymétrique, si bien qu'il génère beaucoup d'appui à l'arrière. D'ailleurs, il y a une portion de 50 secondes sur laquelle on ne s'appuie pratiquement que sur le côté droit, celle qui va du virage 11 au virage 4. La difficulté est donc de concevoir un pneu qui soit très résistant à droite mais 'gentil' quand ensuite on revient sur le côté gauche. Ce sera certainement un week-end intéressant."
Michelin se présente donc au Brésil avec une allocation de pneus présentant un côté droit renforcé, à l'avant comme à l'arrière. La piste étant nouvelle, sans qu'aucun test n'ait pu être mené au préalable avec les pneus MotoGP, le manufacturier est aussi autorisé à proposer une option de gomme supplémentaire à l'avant (trois au lieu de deux). Le nombre total de pneus est également supérieur et les séances d'essais de vendredi rallongées pour que les pilotes prennent leurs marques.
La même carcasse de pneu qu'en Thaïlande
Encore faudra-t-il que la météo soit conciliante, car la région se trouve actuellement en pleine période d'orages et les prévisions ne sont pas franchement optimistes. On annonce pour chaque jour un risque élevé d'averses orageuses avec des températures allant de 21°C en matinée à 31°C dimanche après-midi.
"La question des températures n'est pas moins importante", poursuit Piero Taramasso en référence à la manière dont les gommes seront sollicitées. "D'après les simulations, la température générée au centre du pneu est supérieure à celle de Buriram, tandis que sur le côté droit, elle dépasse celle qu'il nous arrive d'atteindre sur le flanc gauche à Phillip Island. Nous pouvons donc dire que Goiânia est probablement la piste avec les sollicitations les plus fortes et la plus dure de tout le calendrier MotoGP."
Ce que certains peuvent craindre, c'est que pour répondre à ces contraintes, Michelin a fait le choix d'opter à nouveau pour son pneu arrière à carcasse renforcée, celui qui est habituel pour les circuits jugés les plus exigeants. Il s'agit du pneu déjà utilisé en Thaïlande il y a deux semaines (pour les gommes tendre et medium) et également d'usage en Autriche (gomme dure).
Propos recueillis par Matteo Nugnes
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