Crutchlow a voulu abandonner : "Ça devenait dangereux"

Cal Crutchlow a peiné à contrôler sa Honda pendant la deuxième course de Jerez, qu'il disputait cinq jours après avoir été opéré d'une fracture du poignet. Il en a pourtant rallié l'arrivée.

Crutchlow a voulu abandonner : "Ça devenait dangereux"

À l'instar d'Álex Rins, lui aussi blessé le week-end précédent, Cal Crutchlow a vu l'arrivée du Grand Prix d'Andalousie malgré une condition physique loin d'être optimale. Opéré mardi d'un scaphoïde cassé, le pilote anglais était tellement en délicatesse sur sa machine, qu'il a décidé de rentrer au stand dans l'idée de renoncer. Découvrant qu'il était en position de marquer des points compte tenu du grand nombre d'abandons, il y est retourné vaille que vaille.

"Évidemment, je suis content d'avoir fini la course", commente-t-il, soulagé. "J'ai pris un bon départ, mais au premier virage je me suis fait prendre avec la chute d'Oliveira devant moi et j'ai donc perdu des places", explique Crutchlow, 17e à la fin du premier tour.

"Pour être honnête, j'ai toujours dit que si je n'avais pas été en position de marquer des points, je n'aurais pas fini la course", souligne-t-il. "Or, quand j'ai commencé à rouler je ne me sentais pas super bien avec mon bras droit − pas celui où se trouve mon poignet cassé, l'autre. J'ai donc eu un arm pump à partir du cinquième tour et jusqu'à ce que je finisse la course. Ça devenait dangereux et c'est la raison pour laquelle je suis rentré."

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"Pendant le week-end je n'ai pas du tout utilisé le bras gauche", explique le pilote LCR, qui semble avoir bien géré la douleur dans son poignet meurtri, mais avoir trop sollicité son autre bras. "J'avais une bonne force dans la poignée, pas de problème dans les zones de freinage, pas de problème pour bouger le bras, et puis les muscles fonctionnent. Il n'est pas fatigué, je n'ai même pas mal, par contre mon bras droit compense. J'ai probablement piloté à 95% avec mon bras droit. Et j'ai donc eu un arm pump au bout de quelques tours."

"Ça m'était déjà arrivé un peu pendant le week-end, mais je pensais que ce serait différent en course. Je pensais pouvoir maintenir un bon rythme, mais au bout de 12 tours environ je me suis retrouvé bloqué sur la moto, j'ai failli sortir de la piste parce que je n'arrivais pas à tourner. Ça devenait dangereux, c'est la raison pour laquelle j'ai décidé de rentrer", poursuit Crutchlow.

Cal Crutchlow, Team LCR Honda

L'avant-bras droit tétanisé, il peinait à contrôler sa moto au point que la situation lui a paru dangereuse. "La Honda n'est pas facile à piloter. Et sur ce circuit, avec 45°C et la moto qui vous secoue partout, ça ne peut pas se contrôler avec un bras", résume-t-il. Quelques chaleurs l'ont alerté à l'approche de la mi-course, notamment dans le 13e tour : "J'ai essayé de changer de direction dans les virages 6 et 7, qui sont des virages rapides, et je n'ai pas réussi à faire tourner la moto, au point d'aller vers le mur. Puis dans un autre tour, j'ai fait la même chose entre les virages 12 et 13. C'est pour ça qu'au tour suivant je suis rentré."

"Ça ne m'était jamais arrivé dans ma carrière [de rentrer au stand] mais de toute évidence c'est parce que je n'utilisais pas mon bras gauche [que c'est arrivé]. Je pensais pourtant le faire. Comme je l'ai dit, je n'ai pas de douleur, mes doigts agrippent la poignée mais je ne tirais pas et ne poussais pas avec ce bras et j'ai compensé avec le bras droit", poursuit-il. "J'ai déjà été opéré pour un arm pump, et ces dernières années je n'en ai jamais vraiment souffert. Peut-être que sur ces quatre dernières années j'ai ressenti ça sur une course, mais rien de comparable à ce que j'ai ressenti aujourd'hui. Et cette fois je l'ai eu au bout de cinq tours."

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Après sa grosse chaleur, qui a permis à Tito Rabat et Bradley Smith de le passer, Crutchlow était dernier quand il est arrivé à son stand, cependant il a découvert que sa place lui aurait malgré tout rapporté des points s'il l'avait conservée jusqu'au drapeau à damier. Son arrêt n'aura donc duré qu'une minute et demie, et il a repris la piste pour terminer la course.

"Je n'avais pas regardé mon panneau de toute la course, je ne savais donc pas dans quelle position j'étais, je pensais que j'étais autour de la 20e place et je me suis dit que ma journée était finie. Et puis quand je suis rentré, on m'a dit que j'étais en position de marquer des points, alors j'y suis retourné, à un rythme lent, juste pour marquer quelques points."

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