Le "soulagement" chez Ducati après le test de Márquez sur la GP25
La première réaction de Marc Márquez lorsqu'il a piloté la nouvelle Ducati a fait l'effet d'un soulagement dans le stand de l'équipe d'usine.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Marc Márquez a endossé son nouveau rôle de pilote factory Ducati la semaine dernière à l'occasion d'un premier test aux côtés de son nouveau coéquipier, Pecco Bagnaia. Une journée passée en rouge intégral comme pour mieux acter sa nouvelle place dans l'échiquier de Borgo Panigale.
Certes, l'Espagnol est désormais habitué à la Desmosedici GP, ayant eu un an pour en découvrir l'ADN et se défaire de ses habitudes les plus profondes liées à la Honda, mais son arrivée dans le garage de l'équipe officielle était malgré tout attendue avec une pointe de nervosité.
"Cela fait maintenant un an que nous travaillons avec Marc, on se connaît et je ne m'attends pas à avoir de gros problèmes dans le test de demain, mais on ne sait jamais", déclarait Gigi Dall'Igna la veille, n'excluant pas que l'octuple champion du monde, qui pilotait jusqu'ici une moto de l'an dernier, puisse émettre un commentaire négatif sur la nouvelle. "Ça peut arriver et nous devrons travailler pour améliorer la moto si ce sont les résultats du test."
Les ingénieurs ont finalement vite été rassurés par les premiers commentaires de leur nouvelle recrue. "Il a dit qu'elle était beaucoup plus facile à faire tourner et que le moteur était, entre guillemets, un peu plus électrique. Ce sont des choses auxquelles nous nous attendions. [...] Le gros step a été fait entre 2023 et 2024", avait dévoilé sur le moment Davide Tardozzi au site officiel du MotoGP.
Le pilote espagnol a en effet pu expérimenter un éventail de développement plus large que Bagnaia puisqu'il n'a jamais couru avec la Ducati de 2024. Il a découvert le prototype destiné à 2025 sans avoir suivi de manière aussi progressive que l'Italien l'évolution de la moto vers le niveau de performance désormais visé pour la prochaine saison.
"L'objectif de la journée était de recueillir son premier feeling, et quand il est revenu au stand, la première chose qu'il a dite a été : 'La moto me plaît'. Pour moi, ça a été un soulagement", explique Massimo Grassilli, directeur sportif chez Ducati Corse, au journal Marca.
Marc Márquez a très vite trouvé ses marques dans sa nouvelle équipe.
Photo de: MotoGP
Cette journée d'entrée dans l'intersaison était l'aboutissement d'un long travail ayant permis de mettre en place ce qui est l'un des transferts les plus retentissants de ces dernières années. Il régnait donc une pression évidente dans le garage avant de voir l'union se matérialiser.
"Depuis le début, nous avons travaillé pour le voir dans l'équipe et négocié avec son manager Jimmy [Martínez] pour pouvoir se mettre d'accord sur beaucoup de choses, comme les sponsors. Voir le résultat d'un travail commencé il y a plusieurs mois a été une émotion unique. Le voir en piste et dans le stand avec nous a été une belle émotion", souligne Massimo Grassilli.
L'autre élément qui a soulagé tout le monde a été de voir que les deux pilotes ont livré des commentaires similaires, même superposables aux dires de Pecco Bagnaia. Voilà qui semble tordre le cou aux oiseaux de mauvais augure et poser des bases saines alors que la réunion des deux champions interroge sur le leadership qui s'imposera dans l'équipe.
"Je les ai vus se parler, partager leurs sensations au sujet de la moto, qui étaient les mêmes. Ce sont deux professionnels", pointe le directeur sportif. "C'est ce que nous voulons. Nous voulons que les deux pilotes contribuent ensemble au développement de la moto et au bien-être de l'équipe. Ce n'était pas gagné d'avance, mais les voir parler dès le premier jour, comparer des choses, ensemble et de façon très lucide, avoir les mêmes idées au sujet de la moto, cela a été la première reconnaissance du travail que nous commençons à mener."
Márquez retrouve une place dans le développement
Marc Márquez lui-même avait bien conscience de l'enjeu de cette journée. Une semaine plus tard, alors qu'il donnait ce mardi une conférence de presse à Madrid, il retient lui aussi que les premières cases ont été cochées sans heurts dans ce qui était une étape fondatrice de la saison à suivre.
"Lors d'une journée de test, la première dans une nouvelle équipe, le premier objectif est de faire connaissance avec les gens", explique l'Espagnol, qui change notamment d'ingénieur pour la troisième fois en trois ans.
"J'ai passé 90% du temps sur la GP25. Pecco et moi, on a vu les mêmes avantages et les mêmes problèmes", se félicite-t-il, alors qu'il retrouve un rôle de pilote officiel qui le place à nouveau au cœur du développement. "C'est l'un des changements de ce premier test, qui m'a fait revenir à l'époque Honda, une journée où j'ai testé beaucoup de choses."
"C'est un test qui est plus pour l'équipe technique que pour le pilote. À chaque sortie, la moto est différente et on a un plan très structuré de ce que l'on va essayer. C'est ce que j'ai trouvé à Barcelone, ça m'avait manqué. Je me sens prêt à donner des commentaires précis à l'usine, et c'est une chance qu'ils coïncident avec ceux de mon coéquipier."
Avec Rubén Carballo Rosa
PHOTOS - Marc Márquez en rouge au test de Barcelone
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