Ezpeleta prévient : l'Italie ne gardera deux GP que s'ils attirent du public

Les collines désertées du Mugello ont marqué les esprits lors du Grand Prix d'Italie, le premier sans ses hordes de tifosi habitués à encourager Valentino Rossi. Carmelo Ezpeleta, promoteur du MotoGP, n'y est pas insensible et envoie un avertissement aux organisateurs du Grand Prix d'Italie.

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Carmelo Ezpeleta a fait savoir que la présence de l'Italie au calendrier serait évaluée après la manche de Misano, en septembre, sachant que celle du Mugello le mois dernier n'a pas eu le succès populaire habituel. L'Italie est l'un des deux seuls pays à accueillir plus d'un Grand Prix dans un calendrier devenu particulièrement riche, or le promoteur souhaite que cet apanage soit justifié par une fréquentation haute, sans quoi le championnat s'ouvrira à de nouvelles nations.

"Cette année, nous n'avons eu aucun autre échec que le Mugello, ça a été le seul. Les autres ne sont pas des échecs. Enfin, le Mugello et Portimão. Les autres ont été parfaits", a affirmé à Motociclismo.es le patron de la Dorna, promoteur du MotoGP depuis trente ans. "Si l'on analyse, au Qatar il y a eu le même [public] que d'habitude ; en Indonésie c'était plein, il y avait tous ceux qui voulaient venir ; en Argentine c'était plein ; aux États-Unis, il y a eu plus de monde que la fois précédente."

"À Portimão, ça s'est mal passé", a-t-il poursuivi. "C'était un problème de promotion. Ils ont dit aussi que [le Grand Prix] était trop proche de celui de Jerez, et c'était peut-être le cas. S'il y a des erreurs, il faut les reconnaitre et les résoudre pour l'année suivante. Jerez s'est bien passé. […] Étant donné que les pass ont été rabaissés à 70%, cela fait environ 7000 personnes en moins, et c'est précisément la différence entre Jerez 2019 et Jerez 2022. […] Ensuite, nous sommes allées en France, et ça a été un succès total. Lorsqu'il n'y avait ni Quartararo ni Zarco, [ce Grand Prix] avait déjà du succès ; pas autant que maintenant mais il en avait. Il faisait une bonne promotion."

Après le record battu par le Grand Prix de France, avec 225 000 entrées sur l'ensemble du week-end et 110 003 le dimanche, le déplacement en Italie a été une douche froide. Seuls 43 661 spectateurs ont assisté à la journée des courses, sur un total de 74 078 sur les trois jours. Selon le promoteur, la concordance de date avec le Grand Prix de Monaco de F1, étape très attendue et notamment par les tifosi désireux d'encourager une Ferrari en lutte pour le titre, peut en partie expliquer la désaffection du public pour le rendez-vous de la moto en Toscane.

"Le Mugello a été mauvais", a-t-il admis. "Pour diverses raisons, certaines qui leur sont imputables et d'autres qui le sont à nous. Le calendrier de la Formule 1 a changé et [le Grand Prix d'Italie] a coïncidé avec Monaco, or en Italie tout ce qui touche à Ferrari est important. Ça, c'est une erreur. Et deuxièmement, je pense qu'il y a eu peu de travail de promotion. Nous en avons déjà parlé."

"Je pense qu'il y a une solution, et nous devons travailler de notre côté pour trouver une date qui ne coïncide pas avec la Formule 1. Mais il n'y a aucune raison pour que le championnat arrive en Italie avec Aprilia et Ducati en tête et des Italiens qui gagnent, et qu'il y ait moins de monde. Ça n'a pas de sens."

Le public sur les collines du Mugello

"Nous recevons énormément de demandes pour accueillir des Grands Prix", a prévenu le responsable espagnol. "Même si nous parlons de faire deux Grands Prix en Italie [à l'avenir], s'ils n'ont pas de succès, nous n'en ferons pas deux. On en fait deux en Italie parce qu'ils ont tous deux eu du succès, ils influencent la présence de nombreuses équipes italiennes dans le paddock… Mais il faut qu'il y ait du public. Je ne vais pas mettre de rotation entre un Grand Prix espagnol qui fait toujours le plein ou presque, pour un Grand Prix en Italie qui ne se remplit pas." Et d'ajouter en guise d'avertissement : "Si je pouvais faire 26 Grands Prix, j'aurais les pays pour les y organiser."

Un héros impossible à remplacer ?

L'autre raison à laquelle tout le monde pense, bien entendu, c'est l'absence de Valentino Rossi. Ce premier Grand Prix organisé sur le sol italien depuis la retraite du #46 a indéniablement pâti de ce changement, vécu comme un profond bouleversement par les tifosi après deux décennies à suivre la star de Tavullia. D'autres Italiens gagnent, chez les pilotes comme chez les équipes, mais sera-t-il possible de retrouver un profil aussi enclin à susciter la passion ?

"Nous le verrons à Misano", a répondu Carmelo Ezpeleta lorsqu'il lui a été demandé si l'absence de Valentino Rossi avait pesé, "parce qu'au Mugello il y a vraiment eu très peu de promotion. Nous avons retiré le #46 le samedi, et les gens qui sont venus sont venus. Honnêtement, je pense que les gens ont tourné la page."

"Valentino n'était pas [populaire] qu'en Italie. L'autre jour, j'ai regardé, parce que c'est mon devoir, et j'ai vu comment étaient les tribunes : il y a encore beaucoup de monde qui porte ses tenues, qui continue à acheter son merchandising. Valentino a une équipe, il est toujours là, même si ça n'est pas pareil que s'il était sur une moto et qu'il gagnait", a concédé le promoteur.

"Je pense qu'il faut faire un gros travail de promotion en Italie, parce qu'il n'est pas très explicable qu'un pays qui a Aprilia et Ducati, et un groupe de gars qui peuvent gagner et qui ont d'ailleurs gagné cette année en MotoGP, n'ait pas plus [de public]. Nous devons étudier cela et voir comment nous pouvons les aider."

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