Maintenant qu'il a retrouvé le podium, Morbidelli compte y rester
Après quatre ans d'attente, un nouveau trophée est venu rejoindre les étagères de Franco Morbidelli. Un cap que le pilote italien veut voir comme la fin d'une période sombre et douloureuse dans sa carrière.
Photo de: Media VR46
Franco Morbidelli a mis fin à quatre ans d'attente en montant sur le podium du GP d'Argentine, le week-end dernier. Une troisième place qu'il a acquise en grande partie en début de course où, chaussé d'un pneu arrière tendre, il s'est montré opportuniste et a pu en l'espace de quatre tours effacer son départ de la troisième ligne et se débarrasser de tous ceux qui tentaient de prendre en chasse les frères Márquez. Il a ensuite tenu bon et n'a pas permis à quiconque de le menacer, pas même Pecco Bagnaia qui s'est pourtant rapproché lorsque le pneu medium a pris l'avantage.
Vice-champion du monde en 2020, Morbidelli a mangé son pain noir depuis, n'obtenant après cette saison très réussie qu'un podium début 2021. Une blessure au genou l'a longuement écarté, puis ses difficultés avec une Yamaha en nette perte de compétitivité a obscurci la suite de son parcours avant qu'il puisse rejoindre la famille Ducati. Là, c'est une violente chute dès les tests hivernaux qui a profondément chamboulé sa première année.
En se lançant dans cette nouvelle campagne, désormais sous les couleurs de VR46, Morbidelli n'aspirait donc qu'à retrouver de bonnes conditions pour exprimer son potentiel, et l'intersaison comme les premiers Grands Prix l'ont vu y parvenir. S'il lui a manqué ici ou là les outils pour transformer l'essai en Thaïlande, puis au début du week-end argentin alors qu'il était malade, cette course de dimanche a finalement vu tout s'assembler. Après 75 Grands Prix, soit 1414 jours d'attente, il est enfin remonté sur le podium.
De toute évidence libéré par ce cap enfin passé, Franco Morbidelli a promis qu'il ne faudrait pas attendre aussi longtemps pour le revoir parmi les hommes de tête. "Ces années ont été compliquées, certaines plus que d'autres. Parfois, on a été très proches du podium, mais sans réussir à l'obtenir, alors qu'à d'autres moments on était très loin. Maintenant qu'on est remonté dessus, ça fait plaisir, et ça serait bien d'y rester", a-t-il souri au micro de Sky Sport MotoGP, en Italie.
Franco Morbidelli a savouré ce retour sur le podium.
Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images
"Si je pense que quatre années ont passé, plus de 1000 jours... En somme, c'est le temps qu'il va falloir pour que les enfants de mes amis qui viennent de naître apprennent à parler !", a souri le pilote italien, qui avouait être un peu "étourdi" par les émotions ressenties dimanche après-midi, tant ce tournant compte pour lui.
"Rien que d'y penser, je suis ému", a salué Gigi Dall'Igna au sujet de ce retour du pilote VR46 sur le podium, "car je connais son flair et les événements négatifs dont il est en train d'émerger avec détermination. C'est la récompense de son excellent début de saison, dont le mérite revient aussi à la confiance et à la sérénité dont il a bénéficié de la part de l'équipe."
Le début d'une renaissance
"C'est l'année dernière qui aurait dû être celle de ma renaissance, quand j'ai changé de moto et changé d'air", a réfléchi le pilote italien. "Malheureusement, précisément au moment où le cauchemar semblait être terminé, je suis tombé encore plus bas, entre ma blessure et d'autres problèmes. Mais, lentement, une renaissance a commencé dès 2024 et cela s'est fini avec d'excellentes sensations."
"Désormais, je semble avoir réussi à tout assembler, en partant bien, en étant en forme, et ce même si l'on est encore loin sur certains points", a poursuivi le pilote VR46. S'il se juge encore distancé, c'est essentiellement dans l'exercice des qualifications, qu'il a donc la ferme intention de booster sans tarder. "On part trop loin et ça n'est pas génial si l'on veut terminer parmi les trois premiers. Il reste encore des choses sur lesquelles travailler, on va essayer de continuer à arranger cela à Austin."
"Pour cette course, je partais très loin, alors on a forcé le destin en prenant le pneu tendre pour voir ce que ça pouvait donner. Au final, c'était le bon choix : j'étais énergique au départ et j'ai réussi à effectuer les dépassements que je devais faire, et ensuite il n'a pas trop baissé en performance."
Franco Morbidelli (VR46 Racing Team)
Photo di: Media VR46
Après avoir passé la saison dernière chez Pramac avec la même spec moto que Jorge Martín et Pecco Bagnaia, Franco Morbidelli l'a conservée cette année. Le désavantage de disposer d'une machine moins évoluée que la version d'usine est donc compensé, pour le moment en tout cas, par la connaissance qu'il en a et qu'il peut exploiter. Et il n'a pas oublié que, dans un contexte différent, certes, c'est avec une Yamaha non-officielle qu'il s'était battu pour le titre en 2020.
"Je suis assurément plus en symbiose avec la moto étant donné que je la connais mieux. On a fait quelques petites modifications, ce qui m'a permis de progresser un peu, mais pas encore dans le tour qualifs. C'est là que l'on doit travailler", a-t-il insisté.
"La différence avec 2020, c'est que les autres aussi ont la même moto que moi. Les Ducati officielles sont actuellement très similaires et on le voit dans les performances. Mais c'est vrai, quand je me suis retrouvé avec un package identique à celui de l'année précédente, j'ai été très compétitif, alors j'espère pouvoir obtenir des résultats similaires cette année aussi." L'appétit vient en mangeant...
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