Jack Miller plus serein et en confiance que jamais

Désormais parmi les plus expérimentés en MotoGP, Jack Miller se pose moins de questions que par le passé et sent qu'il est devenu un pilote plus complet.

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Jack Miller n'a que 28 ans, ce qui fait de lui le neuvième pilote le plus âgé du plateau en MotoGP, mais il est le cinquième plus expérimenté de la catégorie. Après avoir piloté des Honda puis Ducati engagées par des teams satellites, il a porté les couleurs de l'équipe Ducati officielle pendant deux saisons et a rejoint l'usine KTM cette année. Le quadruple vainqueur de Grands Prix, qui pourrait devenir le premier en MotoGP à gagner avec trois marques différentes, se sent plus complet que jamais.

"Je sens vraiment que je m'améliore", a confié Miller au podcast officiel du MotoGP. "Je sais à quoi m'attendre, je ne suis plus autant agité ou stressé. Évidemment, je prends toujours ce travail autant au sérieux, mais avec l'expérience, le temps que l'on passe à faire, on est à l'aise dans les situations inconfortables."

"Même après une pause de cinq semaines [comme cet été], je sais dans quoi je reviens alors que plus jeune, j'aurais été plus stressé, à me demander ce qui allait se passer, quelles seraient les sensations sur ma moto et même à tout simplement faire confiance à ma capacité à piloter la moto, où j'en suis sur la moto et comment je me sens sur la moto."

Plus jeune, Jack Miller a justement connu des moments difficiles qui ont forgé son caractère et lui ont permis de progresser. Une leçon qu'il retient particulièrement est l'accrochage qu'il a provoqué avec son coéquipier Cal Crutchlow au GP de Grande-Bretagne 2015, au cours de sa première saison en MotoGP et alors qu'il arrivait directement du Moto3. Cette erreur l'a aidé à mieux doser sa prise de risques en course.

"Je sais ce que Cal aurait pu réussir [à domicile] ce jour-là et je me sens très mal de l'avoir privé de ça. Avec un Grand Prix de Grande-Bretagne sur piste humide, on sait à quel point Cal était et est bon sous la pluie. Je me sentais bon mais j'étais jeune, j'ai tenté ma chance."

Jack Miller et Cal Crutchlow, Team LCR Honda, Dani Pedrosa, Repsol Honda Team, Danilo Petrucci, Pramac Racing Ducati, et Bradley Smith, Tech 3 Yamaha

Jack Miller a percuté Cal Crutchlow à Silverstone en 2015

"Ça fait parti des choses sur lesquelles on ne peut pas revenir en arrière. Dès que j'ai freiné, je savais ce qui allait se passait. Je suis revenu beaucoup trop vite, Lorenzo était devant et je me suis dit que j'allais tenter à l'intérieur, mais malheureusement, Cal était là. J'ai fait de mon mieux pour m'arrêter mais c'est une chose que je n'oublierai jamais."

"Je l'ai probablement déjà dit, mais j'ai essayé de repartir et la moto ne redémarrait pas, donc j'ai dû marcher le long du grillage et les gens lançaient des bouteilles sur la grille, ça n'arrêtait vraiment pas. Je me demandais comment j'allais partir !"

"Ça m'a beaucoup appris en termes de gestion de course, etc. Ce n'était pas une année facile sur la Honda Open, dans la ligne droite opposée [de Silverstone] j'étais doublé par trois motos. C'était frustrant, je voulais repasser devant immédiatement, avec le plein de confiance, et ça m'a un peu dépassé mais c'était une grosse, grosse leçon pour moi, le genre de choses où l'on prend du recul pour bien comprendre."

Un franc-parler qui séduit

L'expérience prise au fil des années a également permis à Jack Miller d'affirmer son caractère. Il exprime désormais son opinion sans la moindre concession, tout en restant ouvert à la critique : "C'est lié au fait de connaître son rôle et de savoir où on se situe. Je suis à un stade où je m'en soucie peu."

"J'ai mon opinion, si on me la demande, je donne ma réponse. Si ça vous plait, tant mieux ; sinon, c'est votre problème, pas le mien. Je n'ai plus de carapace. Vous m'interrogez et je vous dis ce que je vois et si c'est mauvais, dites-moi ce qui ne va pas et je le prendrai en compte. Mais c'est aussi lié à l'expérience. [...] Je me sens très complet concernant où j'en suis dans ma carrière."

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Jack Miller

Le franc-parler et le second degré de Jack Miller ont fait de lui l'un des chouchous des supporters. L'Australien est touché de voir sa popularité lorsqu'il va à leur rencontre : "Depuis quelques années, je sens que je suis apprécié par les supporters. J'ai appris que l'on pouvait être soi-même et les gens apprécie un caractère, et au final c'est également qui je suis. Je suis un idiot, un peu un clown, mais je suis vrai et je donne de mon temps. Je pense que les gens l'ont vu."

"C'est génial de sentir ça parce que je me rappelle avoir été l'un de ces supporters qui suivaient des gens comme Rossi, qui se faisait harceler !" a ajouté Miller. "Je pense que c'est la chose la plus cool, pouvoir inspirer des jeunes et, disons, inspirer la prochaine génération et leur montrer que l'on a pas à être un robot pour réussir, on peut aussi être quelqu'un de sympa."

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