Pour Lorenzo, la Yamaha n'est plus aussi complète qu'à son époque

Si les "anciens" du groupe Yamaha regrettent le modèle de 2016, ce n'est pas Jorge Lorenzo, parti au terme de cette saison-là, qui leur donnera tort.

Pour Lorenzo, la Yamaha n'est plus aussi complète qu'à son époque
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La courbe de performances en berne observée chez Yamaha en 2020 a conduit les pilotes à multiplier les critiques à l'encontre de la version la plus récente de leur machine, et plus globalement des évolutions connues ces dernières années par la M1. Si Fabio Quartararo n'a encore qu'une expérience réduite avec la machine d'Iwata, son nouveau coéquipier Maverick Viñales a, lui, dit à quel point il regrettait le modèle de 2016, le tout premier qu'il lui a été donné de piloter lorsqu'il a rejoint le groupe et dont il a gardé un souvenir fort. Du haut de son expérience, plus riche encore, Valentino Rossi lui a fait écho, déplorant l'orientation prise dans le développement depuis plusieurs saisons, alors que le manque de grip arrière et l'inconstance des performances semblent s'aggraver au lieu de se résoudre.

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Jorge Lorenzo peut aisément comprendre que la Yamaha de 2016 soit regrettée, lui qui a quitté le groupe cette année-là, fort d'un nouveau top 3 au championnat (le huitième consécutif pour lui avec la M1) et de quatre ultimes victoires sous ces couleurs. S'il n'a qu'une vision très limitée du caractère des modèles plus récents, n'ayant pu réaliser que quelques roulages avec la moto de 2019 l'an dernier, le triple Champion du monde MotoGP a toutefois une petite idée sur la question.

"Le fait est que je ne peux pas juger cela de l'extérieur, parce que je suis allé chez Ducati [en 2017] et ensuite j'ai arrêté [après une dernière saison sur Honda, ndlr], alors je ne peux pas juger si la moto actuelle est meilleure ou moins bonne que celle de 2016", explique-t-il à Sky Italie. "En théorie, elle est meilleure parce que quatre ou cinq ans ont passé et tout évolue, mais en comparaison avec les autres marques, Yamaha n'a pas en ce moment la moto la plus complète, comme elle l'a été pendant les nombreuses années où j'ai couru avec eux."

"J'ai toujours été un pilote très sensible", pointe le Majorquin. "Je comprends tout de suite si les nouveautés que j'essaye sont bonnes ou pas. J'ai toujours eu cette sensibilité, dès petit, parce que mon père me faisait piloter beaucoup de motos différentes et je savais donc m'adapter et comprendre tout de suite si quelque chose était bon ou mauvais. J'ai toujours eu cette capacité. Yamaha s'est fié à moi pendant les six ou sept dernières années que j'ai passées là-bas, jusqu'en 2016, et on a connu ensemble une très bonne évolution en cherchant toujours à faire une moto qui soit facile pour le pilote."

Pas d'avenir en tant que pilote d'essais

S'il espérait pouvoir à nouveau faire bénéficier Yamaha de son expertise en retrouvant la marque en tant que pilote d'essais l'an dernier, avec même des plans de retour en course en tant que wild-card, Jorge Lorenzo a vu ses projets se heurter au COVID-19. Wild-cards supprimées et programme de test réduit à néant, cette année noire l'a mis en situation de chômage technique avant de le mener à une rupture unilatérale de son accord avec Iwata.

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Aujourd'hui, celui qui a eu quelques difficultés pendant les premiers mois à tirer un trait sur sa carrière de course semble avoir tourné la page. Plus serein sans le stress de la compétition, il prend du bon temps et étudie une manière de transmettre son expérience différemment.

"J'ai terminé mon rôle de pilote d'essais chez Yamaha, et il y a eu des rumeurs avec Aprilia. Il y a eu des contacts, parce que je suis ami avec Massimo Rivola depuis l'époque où il était chez Ferrari et où j'étais allé sur quelques Grands Prix. On a parlé, mais les discussions n'ont pas abouti, ils semblent avoir choisi de maintenir leurs pilotes actuels. Pour le moment, la voie de pilote d'essais est donc close pour moi", assure-t-il.

"Si je ne le fais pas, ça ne va me priver d'aucun rêve. J'ai désormais beaucoup de projets en tête pour mon avenir, des projets beaucoup plus calmes et moins stressants qu'être pilote MotoGP, mais tout de même très riches en émotions et surtout nouveaux, des choses que je n'ai pas faites jusqu'à présent et que j'ai maintenant le temps de faire. Parmi les autres voies que j'ai ouvertes et qui pourraient se réaliser, il y a celle de devenir commentateur TV. C'est une option qui existe. Sinon, je n'écarte pas de partager mon expérience et de devenir à l'avenir le 'manager' d'un jeune pilote."

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