27 fractures plus tard : "Martínator est de retour"
Jorge Martín voit enfin les pépins physiques s'éloigner après une année 2025 cauchemardesque. Après cette séquence encore plus douloureuse que celle de 2021, le Madrilène a l'impression que sa carrière de pilote MotoGP "redémarre".
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Lorsqu'il est devenu champion du MotoGP au GP de Catalogne 2024, Jorge Martín a mis en scène son titre sur le thème du film Terminator, qui lui a inspiré son surnom, Martínator. Il n'imaginait pas qu'il devrait prendre au pied de la lettre la réplique rendue célèbre par Arnold Schwarzenegger : "I'll be back".
L'an dernier, Martín a connu quatre grosses chutes à chaque fois synonymes de blessures et de périodes d'absence. Main droite, pied gauche, poignet gauche, talon gauche, côtes et finalement clavicule droite : il a cumulé un nombre spectaculaire de 27 fractures l'an passé, auxquelles il a fallu ajouter un hémopneumothorax. Les opérations ont été nombreuses, jusqu'à une greffe osseuse cet hiver.
C'est donc avec une émotion particulière que Jorge Martín vit son très bon début de saison. Cinquième du sprint à Buriram, quatrième de la course principale le lendemain, troisième du sprint de Goiânia et finalement deuxième de l'épreuve longue dimanche, le pilote Aprilia est clairement sur une trajectoire ascendante, qui l'a mené à la deuxième place du championnat.
Si Martín en est là, c'est parce qu'il a surmonté un nombre immense de fractures l'an passé, bien plus que lors de sa chute à Portimão en 2021, dont il était sorti avec huit os cassés et qui avait failli le pousser à mettre fin à sa carrière de pilote. Il a vécu la douloureuse séquence de 2025 différemment, sans la faim de ses débuts mais avec une volonté intacte de retrouver le sommet malgré l'accumulation des coups durs.
"C'est difficile à comparer", a estimé Martín à Goiânia. "En 2021, j'étais plus jeune et j'avais juste faim de victoire, de victoire, de victoire. Maintenant que je suis déjà champion, l'approche est totalement différente. Je veux retrouver la victoire, je suis là pour ça, mais c'est assez différent."
"Et une blessure, une autre, encore une autre... C'était vraiment dur. Je pense que c'était encore plus dur après 27 os [fracturés], cinq opérations. C'est beaucoup plus qu'à Portimão mais, vous savez, Martínator est de retour et j'espère gagner de plus en plus de confiance maintenant."
Rivaux en piste, Marc Márquez et Jorge Martín se soutiennent en dehors.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
Un pilote de retour au sommet après avoir traversé de graves blessures, cela rappelle naturellement le parcours de Marc Márquez depuis 2020. L'an passé, le pilote Ducati a joué un rôle important auprès de Martín, en lui conseillant les chirurgiens qui avaient traité son bras, ce qui a mené à sa greffe osseuse cet hiver.
Pour le Madrilène, demander conseil à un rival n'avait rien d'évident et il a été touché par l'aide de Márquez. "C'est une bête, je sais qu'il veut tout gagner, mais personnellement, quand j'ai décidé de l'appeler, ce n'était pas facile pour moi", a reconnu Martín auprès du site officiel du MotoGP. "Entre pilotes, ce n'est pas évident. C'était le plus mauvais moment de ma vie."
"Il a été très ouvert avec moi, je lui en suis très reconnaissant parce que grâce aux médecins, maintenant je me bats à nouveau. J'ai vu ma carrière proche de la fin, et maintenant j'ai l'impression qu'elle redémarre. Il faut continuer dans cette voie."
Jorge Martín veut même s'offrir le luxe de ne plus penser à ses blessures. Après les opérations qui ont perturbé son hiver, il n'est pas encore dans une condition optimale mais espère que le GP des Amériques de cette semaine sera le dernier qu'il disputera avec des limites physiques. Il veut surtout se concentrer sur ce qui lui manque pour tirer le meilleur de l'Aprilia.
"Je ne veux pas penser à la saison dernière. J'en ai tiré de grandes leçons mais, de l'autre côté, je dois encore travailler. Je ne suis pas à 100%. Je me sens beaucoup mieux qu'en Thaïlande, par exemple. C'est sûr qu'Austin sera dur pour moi mais j'espère que je serai à mon meilleur niveau quand on retrouvera l'Europe."
"Il me manque aussi quelque chose dans mes sensations sur la moto donc c'est une question de temps. Je suis très content qu'on soit montés sur le podium mais on doit continuer à travailler énormément."
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