Analyse
MotoGP GP du Qatar

Jorge Martín dixième : anatomie d’une descente aux enfers

Jorge Martín n'avait pas la moto lui permettant d'attaquer comme lors de la course sprint de samedi et s'est même fait dévorer par tous les rivaux qui se sont trouvés sur son chemin.

Jorge Martin, Pramac Racing

Cinquième sur la grille de départ aux côtés de son rival direct pour titre Pecco Bagnaia, Jorge Martín pensait certainement pouvoir placer une nouvelle fois le pilote italien sous pression au cours de cette course capitale pour l’attribution de la couronne mondiale, dimanche, au Qatar.

Et pour cause : le pilote Pramac venait, samedi, de faire fondre son retard de 14 points à seulement sept unités à l’issue d’une course sprint remportée avec autorité, qui l’avait vu dépasser successivement ses rivaux pendant les six premiers tours avant de ne plus lâcher les commandes de la course ; tandis que Bagnaia avait rencontré les plus grandes difficultés à se maintenir au cinquième rang.

Dimanche, le scénario du Grand Prix long de 22 tours fut tout autre : tandis que Bagnaia jouait une partition impeccable au départ, s’emparant immédiatement des commandes de la course en gagnant trois positions avant le premier virage, Martín empruntait le chemin inverse, perdant trois rangs sur une moto agitée et vacillante, pour ainsi pointer P8 au terme de la première boucle. L’écart virtuel au championnat était alors de 24 points…

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La vague illusion d’une possible remontée

Même s’il apparut très rapidement que Martín ne disposait pas du rythme permettant de suivre celui des Ducati de tête, le pilote Pramac semblait dans les premiers tours en mesure de limiter la casse : à la faveur d’un Johann Zarco virant large au troisième tour, voilà qu’il passait septième. Au cinquième tour, c’est de Marc Márquez qu’il se débarrassait, pour le gain de la sixième position, mais Binder, collé au premier groupe, était déjà loin, à 1"5, et cet écart semblait insurmontable. Mais à quel point la course allait-elle pouvoir se décanter avec l'usure pneumatique ? L'espoir demeurait permis.

Ce groupe, Martín ne le verra cependant jamais dans les tours suivants, et c’est même derrière lui que l’Espagnol dut commencer à regarder, notamment du fait de la pression exercée par l’Aprilia de Maverick Viñales, qui dépassera, comme Márquez, au dixième tour : huitième, Martín ne le savait pas encore, mais sa descente aux enfers était encore loin d’être finie...

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Une seconde moitié de course à l’arrêt

Le douzième tour de course marquera un grand symbole dans la course de Martín, auteur, dans les 1'55, du plus mauvais chrono de tous les pilotes en course ! Il n’y avait guère que de possibles chutes devant lui ou la soif de victoire des autres pilotes Ducati face à Bagnaia pour pouvoir apporter une once d'espoir au pilote Pramac.

Au quinzième passage, il devint évident, avec déjà plus de dix secondes de retard sur les commandes, que Martín gênait même son équipier Zarco, contraint de se montrer patient derrière et ralentir par tous les moyens. Le Français se trouvera vite en incapacité de contenir un Enea Bastianini trop heureux de faire la faveur à son équipier Bagnaia de dépasser l'Espagnol au 17e tour : dixième, Martín ne pouvait que secouer la tête et jeter des coups d’œil désabusés à son pneu arrière.

Le seul soulagement de Martín viendra finalement de l’endroit le plus inattendu : en s’autorisant, malgré un affichage de "Mapping 8" sur son écran au 18e tour, signifiant cette fois qu'il était moment d'attaquer, à dépasser Bagnaia pour prendre les commandes du Grand Prix, Fabio Di Giannantonio a fait un cadeau de cinq points à l’Espagnol en chipant ceux-ci à un Bagnaia qui manquera même, dans une tentative de résistance, de commettre l’irréparable avec un freinage manqué au 21e passage.

Contraint de ramener sa Ducati satellite à l’arrivée sous la pression incessante d’un Marc Márquez en voulant à sa dixième place, c’est casque fermé et en vitesse que Martín a rejoint le fond de son box pendant que les célébrations avaient lieu en piste et dans le Parc Fermé, pour digérer ce qui restera clairement le Grand Prix le plus éprouvant de sa saison 2023...

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