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KTM se recentre, avec moins de figures venues de l'extérieur

Pit Beirer exprime une volonté de confier le fonctionnement de KTM à des ingénieurs familiers de la marque au lieu de piocher chez Ducati et Aprilia. Sans aller jusqu'à évoquer la fin d'une "ère italienne", des personnalités ont été promues en interne après les départs de Francesco Guidotti et Fabiano Sterlacchini.

Pit Beirer, Aki Ajo, Red Bull KTM Factory Racing

Pit Beirer et Aki Ako

Photo de : KTM

Pendant que Yamaha et Honda tentent de faire évoluer leur développement en adoptant des méthodes européennes incarnées par leurs directeurs techniques italiens – un ancien de Ducati pour le premier, Max Bartolini, et d'Aprilia pour le second, Romano Albesiano –, KTM suit presque le chemin inverse. Le constructeur aura justement moins de figures italiennes parmi ses dirigeants cette année, sans pourtant chercher à se refermer sur l'Autriche.

Deux figures en provenance de Ducati ont quitté Mattighofen. Francesco Guidotti, patron de l'équipe d'usine pendant trois saisons, a cédé sa place à Aki Ajo, propriétaire de la structure en charge de représenter officiellement KTM dans les plus petites catégories. Fabiano Sterlacchini, qui chapeautait le département technique jusqu'à l'été dernier, est parti chez Aprilia et ses responsabilités sont elles aussi revenues à des hommes du sérail : Sebastian Risse sur les circuits, tandis qu'à l'usine, Wolfgang Felber s'occupe du châssis et Kurt Trieb du moteur.

KTM se recentre ainsi sur des personnalités intimes de la marque, estimant que chercher des profils en externe commençait à poser certaines limites. "[Il y a] eu des moments où nous avons vu que nous avions besoin de plus de connaissances de l'extérieur pour progresser, mais à un moment donné il n'y avait plus personne qui pouvait arriver et nous donner des informations pour nous faire progresser si facilement", a expliqué Pit Beirer, patron de KTM Motorsports, lors de la présentation de la saison 2025 du constructeur, fin janvier.

Se reposer sur des profils germaniques, venus d'Autriche ou d'Allemagne, n'est cependant pas la priorité de KTM, pas plus que cibler des ingénieurs italiens n'a été une volonté par le passé. Beirer a simplement souhaité piocher dans le vivier de talents existants en MotoGP avant de juger préférable de se recentrer sur des responsables techniques pouvant vivre à proximité de l'usine de Mattighofen.

"Avant tout, nous n'avons jamais choisi les gens par rapport à leur nationalité. Nous cherchons juste la bonne personne au bon moment, prête à faire ce qu'il faut. Évidemment, la base de l'industrie – Ducati et Aprilia – est en Italie donc si vous voulez recruter un expert européen, vous finissez beaucoup en Italie ! Avec le temps, j'espère que cela mènera aussi en l'Autriche."

La moto d'Enea Bastianini, Red Bull KTM Tech3

La moto d'Enea Bastianini

Photo de: KTM Images

"Il y a encore beaucoup d'excellents Italiens avec nous dans l'entreprise. Ils sont venus avec leur famille ici. Ce n'était pas le début d'une ère italienne mais ce n'est pas non plus la fin d'une ère italienne. Pour les nommer, en n'ayant eu que Fabiano et Francesco en première ligne, des Italiens, et en ayant un changement maintenant, on pourrait croire que l'on a mis fin au système italien. C'est juste que ça ne collait pas trop aux attentes."

"Je sens que nous avons fait tout ce que nous pouvions avec les personnes prêtes à vivre ici", a ajouté Beirer. "Le MotoGP est exigeant, on rentre très tard des déplacements après un vol ou une course, et le lendemain il faut encore réunir les gens. Il y a eu un changement [mais] ce n'est pas [totalement] nouveau : Wolfgang Felberg s'occupait du châssis, Kurt Trieb du moteur. Nous savons ce que nos gars peuvent faire et nous leur avons apporté notre confiance."

"Nous commençons aussi à nous concentrer pour faire venir des gens d'ici, ou prêts à vivre ici, parce qu'on est plus forts. Si les meilleurs sont tout le temps dans une voiture ou un avion, on perd en vitesse de développement. D'après ce que je peux voir, cela reste un avantage chez Ducati, avec leur longue histoire et leurs progrès en MotoGP. Il y a pas mal de gens qui vivent autour de l'usine et évoluent ensemble, progressent ensemble. Il faut la même force en ayant des gens ici aux alentours. Mais il n'y a pas eu de décision stratégique italienne ou autrichienne."

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